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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 21:56

 

Les entreprises en difficulté et qui présentent jour après jour des plans sociaux avec leurs cortèges de licenciements et de mise à la retraite sont de plus en plus nombreuses...

Ce Lundi de Pâques, petite promenade avec mon Père âgé qui fut l'un des protagonistes de l'installation des industries sur le bassin de Lacq dans les années 50/60 : il souhaitait revoir les lieux ...Nous passons devant « Celanese » ; il s'agit d'un complexe chimique de première importance né autrefois sous le nom d' «Aquitaine Chimie » et malgré les changements dans ce qu'il est convenu d'appeler le « tour de table » a globalement plutôt très bien fonctionné...

Aujourd'hui on ferme : les causes industrielles ou financières m'echappent totalement et je ne m'aventurerais pas sur ce terrain...

 

Mais enfin, voilà des hommes et des femmes, des ouvriers ou des cadres face à un évenement qui remet en cause leur vie de tous les jours, leurs projets, l'éducation et l'orientation de leurs enfants et peut être même la permanence de leur habitation dans la région … Ce n'est tout de même pas rien..!

On oublie souvent que peut-être dans des proportions moindres, ces questions et préoccupations touchent aussi ceux qu'on appelle sur place les « patrons » et qui finalement ne sont que des courroies de transmission de la volonté des « Actionaires »...

 

Que se passe-til ? Les « patrons » locaux qui risquent maintenant de plus en plus la « séquestration », les cadres, les ouvriers, employés et les représentants syndicaux, chacun dans son rôle s'expriment et chacun avec ses moyens...

Ils s'expriment mais ils arrivent aussi à se rencontrer, à échanger dans des discussions bien tendues mais qui ont le mérite d'exister et finalement d'avancer...

On voit bien que la décision de fermer l'unité chimique est irrévocable : là c'est le pot de terre contre le pot de fer (et puis peut être y a t il de bonnes raisons de le faire !) ; en revanche la lutte est sévère pour les choses ne se passent pas n'importe comment et que les personnes et les familles soient protégées le plus possible dans leurs aspirations légitimes...

 

Au moment de Pâques particulièrement, tout cela peut il paraître indifférent du point de vue de la Foi et de l'Evangile ?

Non, certainement pas !

Le Christ n'a pas retenu le rang qui l'égalait à Dieu, il s'est abaissé à partager la condition humaine et on a reconnu ses comportements d'homme ; comment penser une seconde qu'il n'est pas là avec les uns et avec les autres partageant la douleur, les peurs et craintes, les sacrifices à consentir mais aussi comme ferment de vie « nouvelle » à travers ce à quoi les uns et les autres accepteront de mourir , certaines aspirations ou certains droits, pour que tous puissent « revivre » ?

Dans tous ces groupes, il y a certainement des militants chrétiens porteurs de cette dimension et peut être tel ou tel Prêtre s'est il aventurer à accompagner, partager et peut être révéler ?

Pour tous, un tel événement est le lieu possible d'une rencontre même inchoative avec le Christ …

 

L'Eglise ne peut passer à côté quand elle dit : « Gaudium et spes ».....

 

De retour à la maison, j'ai repris mes lectures et je suis tombé sur le message pascal de l'Evêque du lieu …

Oui il parle de « Celanese » :

« Il va sans dire que ma pensée se tourne en ces jours vers les familles touchées par la fermeture annoncée de certains sites industriels de notre département, à commencer par la Celanese, dans le bassin de Lacq : qu’elles trouvent auprès de nous soutien et réconfort, et auprès des politiques et autres décideurs de la société civile écoute attentive et solutions de reconversion. »...

Le soutien et le réconfort, c'est bien le minimum... « l'écoute attentive » c'est pour les politiques et décideurs à qui il revient de trouver des solutions...

Mais où est « l'écoute attentive » par l'Eglise d'une Parole délivrée dans ces évenements et porteuse d'un sens ? Où est la reconnaissance d'une vraie Charité qui se construit dans les contraintes la douleur et le sacrifice mais qui émerge comme « Parole » pour qui sait regarder, écouter voire « contempler » attentivement ?

 

Suffit il de proclamer en termes peu amènes, que les médias sont quasiement pourris, que le monde ne l'est pas moins ?

Nous sommes en plein dualisme !

 

Le Christ qui partage la vie des hommes est il encore le Sacrement de la rencontre avec Dieu ?

 

Voir le texte intégral du message : Message Pascal Mgr Aillet



Par MICHEL - Publié dans : Parole de Pauvres - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 21:00


L'article de ce blog que l'on peut atteindre par le lien Escouades "tradis" au travail !  fait l'objet ces jours ci de nombreux commentaires :

1.- Quelques commentaires "postés" sur ce blog (mes réponses en bleu)

un commentaire vient d'être posté par Claude
"Je ne suis pas vraiment d'accord avec vous au sujet du partage des responsabilités entre laïcs et prêtres. Au Québec (et ailleurs sans doute), il fut un temps oû l'Église occupait presque tout le terrain des oeuvres d'éducation, d'assistance sociale et des soins de santé. C'est au point oû le clergé estimait que cela faisait partie intégrante de sa mission, qu'il défendait contre l'État ou même l'implication des simples fidèles en dehors du cadre institutionnel et "officiel". Cela a bien changé pour toutes les raisons que vous savez. Il y a 25 ans de cela, un prêtre de l'Opus Dei, certes réputé conservateur, me disait que le rôle de l'Église dans ces oeuvres sociales avait été historiquement justifié mais uniquement à titre de suppléance, et qu'il n'y avait pas lieu de déplorer en principe que les choses ne soient plus comme autrefois à cet égard. Eh bien, je crois que le même raisonnement vaut à l'envers en ce qui concerne l'implication des laïcs dans la vie liturgique (entre autres), de nos jours. Il était anormal que les diocèses québécois immobilisent 20 à 30 prêtres comme enseignants dans des pensionnats privés dans les années 50. Ce n'était pas leur rôle.  Aujourd'hui, si des laïcs désirent assumer un rôle dirigeant dans l'animation des communautés chrétiennes, presqu'à l'exclusion des prêtres, c'est qu'ils prennent pour leur vocation propre ce qui n'a lieu d'être en fait qu'une fonction de suppléance. Les laïcs ne sont pas appelés à se "cléricaliser" mais à oeuvrer dans leur milieu pour l'évangélisation et la justice. Les tourner vers la vie interne de l'Église, c'est gaspiller des talents, comme dans les cas des profs-curés d'antan. Ne pas confondre le cinrconstanciel avec l'essentiel. "

 

Merci de votre analyse ; je me permets de vous dire ma pensée : vous dites des choses qui sont certainement justes mais je ne crois pas qu'"il s'agisse que des laïcs prennent la place des Prêtres...et réciproquement..

Selon les endroits, les necessités de la Mission, une complémentarité entre Sacerdoce et laïcat est possible et féconde...mais toujours à construire.

Cette complémentarité est aussi souhaitable dans la vie interne de l'Eglise que dans l'action d'Evangélisation dans les milieux de vie..

En France, un équilibre remarquable entre sacerdoce ministériel et sacerdoce baptismal c'est à dire entre Prêtres et ministres ordonnés et laïcs a été trouvé dans la plupart des mouvements d'Action catholique.

Des théologiens de renom on travaillé sur cette question (par ex Y Congar : "Sacerdoce et laïcat")et le Concile a mis en avant cette complémentarité dans de nombreux textes..


 

un commentaire vient d'être posté par Gerald 


"Lumen Gentium n'a jamais dit que les laïcs devaient empiéter sur la missions des prêtres, sauf par suppléance, en l'absence de prêtre ou en cas de persécution ("Certains d'entre eux, à défaut de ministres sacrés ou lorsque ceux-ci en sont empêchés par la persécution, emplissent une suppléance, selon leurs pouvoirs, en certains offices sacrés.")Les laïcs doivent s'occuper du domaine temporel, (voir le paragraphe 31) ; ça leur fait assez de travail comme ça. Et quand lumen gentium ajoute que "les laïcs peuvent également être appelés, de diverses manières, à collaborer plus immédiatement à l'apostolat de la hiérarchie", il renvoie à l'encyclique Mystici Corporis de Pie XII, donc rien à voir avec le laïcat omniprésent et arrogant que nous subissons dns certaines paroisses par la mauvaise application, voire le détournement, du concile Vatican II.31 Le temporel est un domaine propre aux laïcs et qui les caractérise. (...) De par leur vocation propre, il revient aux laïcs de chercher le royaume de Dieu en administrant les choses temporelles et en les ordonnant selon Dieu. Ceux-ci vivent dans le siècle, engagés dans toutes et chacune des allures du monde, plongés dans l'ambiance où se meuvent la vie de famille et la vie sociale dont leur existence est comme tissée. C'est là qu'ils sont appelés par Dieu, jouant ainsi le rôle qui leur est propre et guidés par l'esprit évangélique, à travailler comme de l'intérieur, à la manière d'un ferment, à la sanctification du monde et à manifester ainsi le Christ aux autres, principalement par le témoignage de leur propre vie, par le rayonnement de leur foi, de leur espérance et de leur charité. C'est à eux qu'il revient particulièrement d'illuminer et d'ordonner toutes les choses temporelles auxquelles ils sont étroitement liés, en sorte qu'elles soient toujours accomplies selon le Christ, qu'elles croissent et soient à la louange du Créateur et Rédempteur. "

 

Je vous renvoie à la réponse précédente : oui, c'est clair la première mission du laïc chrétien est bien au coeur du monde...

....mais de même qu'au coeur du monde les laïcs ont besoin du soutien, du ministère et parfois de la présence des "consacrés" Prêtres ou religieux, de même comme vous le citez vous même les laïcs peuvent également être appelés de diverses manières à collaborer à l'apostolat de la hiérarchie...

C'est aux Eglises locales à organiser cette collaboration entre les différents ministères selon les possibilités et les circonstances mais surtout dans le but que l'action Missionnaire soit menée avec la plus grande efficcacité possible

 

Autre commentaire :


"Mon père sommes nous encore libre de choisir un prêtre plutôt qu'un laïc?
Sinon le racket comme vous dites ne semble pas organisé par ceux que l'on désigne à la vindicte publique.Pourquoi réduire tout cela à une histoire de fric, de casuel de nombre de messes, s'ils ont tant de messes à célébrer, si les gens leur en donnent, il serait bon de vous poser des questions?
Car il me semble que personne n'est obligé de les choisir, vous le dites trés bien vous même, certains ont la possibilité d'aller ailleurs? "

 

L'article que j'ai écrit relate des faits réels..et bien tristes
Personne n'est obligé de choisir ces Prêtres, mais eux savent fort bien s'imposer et sans scrupule...

Mais laissons là la polémique et si vous devez choisir, choisissez donc votre Eglise locale et les efforts qui y sont déployés tant par des Prêtres que par des laïcs qui ont besoin de soutien plus que de critiques

 

un commentaire vient d'être posté par Tradi78 


"Lamentable article d'un soixantehuitard aigri devant le retour inexorable de la Tradition dans l'Eglise et la fin de la chienlit postconciliaire. "

 

Dommage pour vous que vous vous laissiez aller à ces propos  qui vraiment n'apportent rien !

 

 

 

2.- Les Commentaires du "Forum Catholique"

 

 

Par la magie des interconnexions entre blogs et autres publications sur la toile, mon pauvre article objet de tous ces commentaires a été lu et publié sur le forum catholique.
Ici je ne ferai à personne l'honneur de quelque commentaire que ce soit.
Je laisse mes lecteurs aller juger sur pièces : voir le Forum catholique

Que des personnes qui me sont proches par les liens de famille ou la culture se soient laissées aller dans cette idéologie est pour moi une grande souffrance : je les respecte pourtant voulant bien croire que leur chemin s'éclaircira un jour.

S'il convient de respecter les "intégristes" il est necessaire de dénoncer avec force leur idéologie, leurs méthodes et leur superbe ...

voir : L'Intégrisme, un cancer ? et les liens à partir de cet article..




Par MICHEL - Publié dans : Tradition ? Trahison ? - Communauté : Etre pour les autres.
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 08:54

 

Après quelques jours de vacances...

je trouve matière "amusante" dans "le Figaro" !

 

 

Nicolas Sarkozy recadre ses ministres «ambitieux»

Le chef de l'État déplore les états d'âme des ministres
qui ont ouvertement affiché leurs ambitions dans la presse.
Des positionnements «ridicules et décalés aux yeux des Français», selon lui.

 

Heureusement que certains sont là pour lui rafraîchir la mémoire :

 


L'infatigable secrétaire d'État à la Famille
Nadine Morano
pose ainsi sa candidature pour trois postes :
«Ce qui me plairait,
c'est l'Intérieur,
la Défense
ou prendre la tête d'un ministère de l'Éducation élargi à la Famille.»

Elle a transmis à Nicolas Sarkozy une note
pour défendre ce superministère de l'Éducation et de la Famille
et va lui «demander une audience».



Si Morano assume pleinement sa démarche,
c'est parce qu'elle la juge comparable
à celle qui a permis à Sarkozy
de se hisser au plus haut niveau.

«Être sincère en politique, explique-t-elle,
c'est ma marque de fabrique.
Je suis comme le président.
Il a toujours dit ce qu'il voulait.»

 

Voir : Ces ministres qui veulent une promotion

 

Par MICHEL - Publié dans : Humour - Communauté : Etre pour les autres.
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 06:33

Je reçois d'un lecteur, la lettre envoyée par un curé du diocèse d'Angers à l'archevêque de Recife
que je publie volontiers...

Il faudrait la joindre à toutes les autres réactions qui appellent à la miséricorde :

Recife : Evêques et chrétiens montent au créneau avec l'Evangile !


On peut la rapprocher des commentaires parus sur ce blog à ce sujet dont un encore aujourd'hui :

Recife : un mois après...                  Recife : un mois après...(2)

_______________________________________________________________________________

            

Abbé Jo GOHIER                                                                             Mardi 10 mars 2009


           à Mgr l'évêque de RECIFE 
           au Brésil

En ce jour  (mardi 10 mars 2009), Jésus nous dit dans l'Evangile: /vous n'avez qu'un seul enseignant et vous êtes tous frères; ne donnez à personne sur terre le nom de Père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux... » Matthieu 23/ 1-12    /Alors, j'ose vous appeler, frère évêque...

Je vous écris cette lettre pour partager avec vous l'immense peine et désarroi qui sont les miens et ceux de beaucoup de gens que je rencontre, devant l'excommunication que vous avez prononcée à la suite de l'avortement pratiqué sur cet enfant de 9 ans, violée...

D'abord soyons clair:  avec l'Eglise, je suis pour le respect de la vie...

Mais comment comprendre l'attitude que vous avez vis à vis de la mère de cette petite fille...

Il s'agissait dans cette situation de grande, de très grande souffrance, de l'accompagner,  de l'aider à se relever et non pas d'être de ceux qui lui jettent la première pierre...

  • Quand Jésus au lieu de lui jeter la pierre ou de « l'excommunier », a relevé la femme adultère, il n'a pas légitimé l'adultère, mais  il a permis à cette femme, jugée, méprisée, de se remettre en route... Jésus a été le témoin de la miséricorde de son Père../Jean 8/
  • Quand Jésus a osé rencontrer la samaritaine au bord du puit, il ne l'a pas rejetée, elle qui a eu plusieurs maris, mais il lui a permis de faire la lumière sur sa vie et de devenir une messagère de l'Evangile auprès de gens de son village..  là encore, en faisant cela, il n'a pas légitimé ce que cette femme faisait de mal, mais il lui a permis de se renouveler en se désaltérant à la source d'eau vive...  et tant pis, si ses disciples ont été étonnés, voire choqués, par son attitude !  /Jean 4/
  • Quand Jésus a pardonné au bandit sur la croix, il n'a pas légitimé ce que ce monsieur avait fait de mal (peut-être des crimes), mais il lui a ouvert les portes de la miséricorde et du paradis.../Luc 23/ 40-43 /
  • En accompagnant cette famille, au lieu de l'excommunier, vous n'auriez pas légitimé l'avortement, mais vous auriez donné un message d'Espérance à toutes les personnes meurtries par des situations semblables...
  • Et Jésus est l'image de ce bon pasteur, qui va à la recherche de la brebis perdue et qui au, lieu de l'excommunier ( et lui pourtant, il sait ce qu'il y a dans le coeur de l'homme et ne se fait pas d'illusion) la met sur ses épaules, la soigne,  lui montre toute sa tendresse..   /Luc 15   (Ezechiel 34)/
  • etc...


Dans l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus nous dit: v/ous n'avez qu'un seul Enseignant, qu'un seul maître, le Christ ...et vous êtes tous frères.../ et c'est pour cela, qu'avec vous, je regarde l'Evangile /de Celui qui n'est pas venu pour juger ou condamner, mais pour sauver (Jean 3/ 17).../

Je crois que cette petite fille violée était d'une famille très pauvre et défavorisée...  il s'agit  de prendre cette famille sur ses épaules, dans son coeur, comme le Christ bon berger,... lui manifester la miséricorde de Dieu...essayer de réparer ses blessures; c'est le coeur même de l'Evangile, et ce faisant, ça ne serait pas justifier l'avortement, qui reste un malheur et une blessure profonde, mais accompagner la brebis blessée...

C'est pour manifester cela au monde que nous sommes l'Eglise du Christ, que nous avons été ordonnés diacres,  prêtres et  pour vous, évêque...

Ne pas être de ceux qui jettent la première pierre, soit-disant au nom de Dieu; mais, en méditant le message du Christ, faire partie de ceux qui,  dans l'Evangile de la femme adultère,  « se retirèrent, un par un, en commençant par les plus vieux »...

Cette excommunication, relayée abondamment par la presse, la radio, la télé, chez nous en France et sans doute dans le monde entier, est une catastrophe pour l'annonce de l'Evangile...

Si le Christ a été mis sur la croix, ça n'est  pas  parce qu'il a condamné les pécheurs, mais parce qu'Il les a rejoints, qu'il a mangé avec eux, leur a manifesté la tendresse de Dieu et leur a permis de se relever...et ceux qui ont comploté sa mort et l'ont fait mourir, étaient ceux qui condamnaient les autres, les jugeaient et qui étaient plus proches du « droit canon » de l'époque, que de la véritable Parole de Dieu... c'était, nous dit l'Evangile, les scribes et  les pharisiens et les grands prêtres.../Luc 15/

Si je vous écris (et je ne sais pas si cette lettre vous parviendra et si vous comprenez le français ou si quelqu'un vous la traduira), ça n'est pas pour vous faire la morale, (qui suis-je pour faire cela ?) c'est pour vous exprimer mon immense peine et celle de nombreux chrétiens... Je suis prêtre dans une cité où beaucoup de familles vivent dans la misère et la pauvreté; c'est sûrement pire encore dans les « favellas » de Recife...

La seule préoccupation de l'Eglise devrait être celle-ci: comment annoncer l'Evangile aux plus pauvres ? ( au lieu de les excommunier, c'est-à-dire, les trainer dans « la boue », et les exclure...)

... et en plus, au moment où le pape enlève l'excommunication de gens qui nient l'existence des chambres à gaz...

Je tenais à partager avec vous cette immense souffrance...

/Que le Seigneur nous aide à vivre l'Evangile !  Et beaucoup de chrétiens, laics, religieux ou religieuses, prêtres, diacres, évêques, avec la grâce de Dieu, en sont témoins chaque jour... en toute discrétion.../


Jo Gohier    prêtre

___________________________________________________________________________________


Les expressions de ce Prêtre sont fortes
J'invite à laisser de côté les polémiques inévitables sur "l'excommunication prononcée ou pas prononcée"
et à jeter sur cette lettre la lumière du texte de Saint Paul reproposé ci dessous...


                                          Le christ ne vient pas pour condamner
                 encore moins pour écraser
                 il s'abaisse à partager la misère et la pauvreté
                 il le fera jusqu'à la mort
                 mais c'est pour que le chemin de la Vie soit retracé
                 là où on l'avait perdu
                 et qu'à son terme avec Jésus
                 les pécheurs que nous sommes soyons "relevés" et "exaltés"



Si on le souhaite on pourra écouter le texte de Saint Paul
chanté par un choeur de moniales bénédictines
dirigées par le maître de choeur de Solesmes : Dom Josph Gajard

L'un des textes les plus "puissants" de l'Ecriture est ici porté par l'une des mélodies
grégoriennes les plus achevées qui propulse vraiement dans le texte.



pour écouter, cliquer sur la flèche verte



Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,6-11.

Le Christ Jésus,
lui qui était dans la condition de Dieu,
n’a pas jugé bon de revendiquer son droit
d’être traité à l’égal de Dieu ;

mais au contraire,
il se dépouilla lui-même
en prenant la condition de serviteur.

Devenu semblable aux hommes
et reconnu comme un homme
à son comportement,

il s'est abaissé lui-même
en devenant obéissant
jusqu'à mourir,
et à mourir sur une croix.

C'est pourquoi Dieu l'a élevé
au-dessus de tout ;
il lui a conféré le Nom
qui surpasse tous les noms,
afin qu'au Nom de Jésus,
aux cieux, sur terre et dans l'abîme,
tout être vivant
tombe à genoux,
et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est le Seigneur »,
pour la gloire de Dieu le Père.
Par MICHEL - Publié dans : Parole de Pauvres - Communauté : Etre pour les autres.
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 09:03






Cet article fait suite à : Recife : un mois après...


Philippe le 6/04/09


"maintenant devant un tel malheur on devrait se taire et... prier" ?

Que Monique décide ce qu'elle doit faire pour elle-même, mais qu'elle n'empêche point de réfléchir ceux qui en sont capables !
Or, c'est exactement ce à quoi nous invite Mgr Rouet dans une lettre qui a soulevé les coeurs et les intelligences : il faut repenser une doctrine morale dans l'Eglise.

Et c'était bien là le vice de la déclaration de l'évêque de Nevers :
il disait oui à la compassion mais non à la réflexion car on ne pouvait - selon lui - remettre en question la sacralité d'une existence humaine qui va "de la conception à la mort naturelle" (sic).
Autrement dit, en vertu de cette sacralité même, la femme enceinte est bien d'abord "un ventre" au service de la vie (CQFC). Cette anthropologie soi-disant chrétienne n'est pas acceptable et c'est depuis la légalisation généralisée de l'avortement que nombre de chrétiens en mesurent l'ignominie*.

Quant aux faits, je n'ai point besoin de les restituer dans leur matérialité et chronologie rigoureuses puisque Eric l'a très bien fait.
Là encore, Monique (qui se félicitait charitablement de mes adieux à ce blog) montre qu'elle n'a rien compris : l'excomnunication n'a pas été "prononcée rétrospectivement", elle n'a même jamais été déclarée. L'évêque de Recife a simplement rappelé publiquement le droit canon pour dissuader les médecins qui accepteraient de pratiquer cet avortement. Donc, AVANT l'intervention et pour l'empêcher ! Une tentative d'intimidation, en quelque sorte.

* en ce sens, l'affaire de Recife fera date dans l'histoire de l'Eglise catholique qui est dans le monde et pas seulement de celle qui est au Brésil.

-------

Merci à Michel pour cette rétrospective : de nombreux médias devraient demander pardon pour leur manque de professionnalisme dans cette affaire. Car un même un journal partisan doit s'enquérir des faits exacts avant de polémiquer.

Et merci pour la qualité des articles récents (diversité des sources, invitation à la prière, à la pensée surtout, et aux commentaires...).



Réponse de Michel

Merci de ton commentaire...

Devant les événements de Recife dont pas mal d'aspects restent tout de même assez opaques après les "mises au point" a posteriori et quelquefois contradictoires des uns et des autres je me permets quelques réflexions :

- la tempête médiatique soulevée par l'événement et dont il n'est pas faux de dire que certains s'y sont engouffrés est de la responsabilité de l'Eglise jusqu'au sommet ; oui, il y avait autre chose à dire, et certainement à parler autrement.

- le "droit canon" est un texte précis, mais finalement avec l'affaire des évêques intégristes relevés de leur excommunication puis cette de Recife, un véritable "flou artistique" a embrumé totalement les textes...
Sauf si j'ai perdu mon latin, ce qui est possible, l'excommunication "latae sententiae" n'a pas besoin de déclaration, elle est liée au fait lui-même et tout au plus on peut en "prendre acte" ou le cas échéant si les raisons de l'excommunication ont disparu, en relever les personnes...
A partir de là dire que l'on a manié la menace d'excommunication comme une démarche de "prévention" me parait difficile à soutenir...

- Devant les faits eux-mêmes dont ils faut bien reconnaître que dans l'horreur il est difficile de faire mieux il est bien naturel et sain que s'exprime de la "compassion" qui en l'occurrence pourrait être une expression de la "Charité" ...
Comme toi, j'ai beaucoup apprécié le texte de Mgr Rouet qui ressitue les événements dans un ensemble et nous appelle tous à une réflexion de fond mais j'ai beaucoup apprécié aussi que des évêques disent aussi leur "compassion" et éclairent pour leurs fidèles tous ces événements d'un peu de Charité ; je pense que ceux là ont eu plus de courage et de sens pastoral que ceux qui se sont contentés de répéter de façon abrupte la loi de l'Eglise en matière d'avortement...

- Quant à la réaction de Monique, elle est celle de beaucoup de catholiques croyants et engagés autour de nous : c'est un fait que devant des événements de cette nature un débat s'instaure dans les médias entre soi-disant "initiés" de part leur science ou de par leurs responsabilités : mais le peuple chrétien reste condamné au silence et il est bon qu'il s'en indigne..
Si la démarche proposée par Mgr Rouet avait le bonheur d'être mise en pratique, alors que les laïcs chrétiens, hommes femmes et couples puissent participer à un travail de réflexion sur toutes ces questions qui tournent autour du don de la vie : la contraception, l'avortement, le sida etc...; on voit mal que l'Eglise puisse bénir avortement et préservatif, mais elle pourrait en parler autrement et appeler à des démarches positives y compris devant des errements plutôt que de manier la "sentence"...

- enfin je dirais aussi que dans un épisode comme celui que nous venons de traverser, comme dans un beau texte biblique, tous les discours ne sont pas à mettre sur le même plan et forcément à opposer les uns aux autres : nous savons parfaitement discerner des "genres littéraires" différents qui répondent à des préoccupations différentes..
C'est là un moyen d'éviter de nous jeter mutuellement l'anathème et de respecter nos réactions en leur accordant un "a priori" positif...

C'est cordialement que je te souhaite une très bonne semaine Sainte comme à Monique et Eric qui se sont exprimés sur ce sujet
Michel



De Monique le 6/04/09

Re- bonjour à Philippe et bienvenue! Mais oui, mais oui. IL N'EST PAS INTERDIT de prier....et réfléchir  ou vice et versa! Je suis tout à fait d'accord aves Philippe (ça arrive ) quant à la lettre de Mgr Rouet on voudrait entendre ça tous les jours mais il me semble qu'il n'est pas toujours apprécié par certains.....et hélas il va bientôt être atteint par la limite d'âge!  Qui le remplacera?



Par MICHEL - Publié dans : Vie du Blog - Communauté : Etre pour les autres.
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