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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 11:24

Le Dimanche des Rameaux reste avec le 15 Aout, la Toussaint et la Messe de minuit à Noël, l'un des temps forts de la vie de nos paroisses rurales.
Ce matin, ils étaient encore nombreux brandissant lauriers et palmes pour les faire bénir à l'Eglise puis
les rapporter pour les suspendre à la maison dans les chambres, la cuisine, les étables...
un "porte-bonheur" assuré pour l'année ?
l'expression d'une foi qui n'est pas facile à comprendre !
C'est ainsi....

Si l'on range les rameaux sous les bancs ou les chaises pour écouter la lecture de la passion, je ne suis pas sûr que le contraste saisissant entre la liesse de la foule qui acclame Jésus à son entrée à Jérusalem et la "hargne" de la même foule qui crie à mort le Vndredi Saint soit vraiment bien saisi...

Le Dimanche le Christ est acceuilli comme un "Roi", celui qui va restaurer et sauver Israël ; le peuple crie
"Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur"..." Hosanna au Fils de David"...

Non, Jésus n'est pas et ne veux pas être ce Roi là...
son Royaume "n'est pas de ce monde"...
toutes tes tentatives que feront ses disciples au long de l'histoire de restaurer une Royauté temporelle
au nom du Christ sont vouées à l'échec...




L'Hymne de l'Epître aux Philippiens proposé par la liturgie aujourd'hui, et qui traditionnelement est le leit-motiv de toute la liturgie de la semaine Sainte nous introduit dans le mystère de la vraie Royauté du Christ...

Il ne revendique pas le rang qui l'égale à Dieu
Il s'abaisse et s'humilie lui-même dans un acte libre
Il partage la vie des hommes dans toute son épaisseur
celle des pécheurs
celle des morts de faim
celle de ceux qui sont englués dans leur fric et leurs égos
Il partage toutes les formes de pauvreté y compris celle de ceux qui se croient riches
Rien n'est exclu de ce qui fait la vie des hommes dans ce partage
pas même la mort....

Et c'est précisément dans l'acte suprême du don de lui-même à ses frères les hommes
qu'il est "consacré" Roi par son Père...
Il retrouve le rang qui l'égalait à Dieu, non plus seulement pour lui-même mais pour l'humanité entière
qu'il "ramène" vers le Père comme un Peuple de "Rois"

Après cette consécration suprême à la Royauté, il n'y aura aucune manifestation triomphale
pas de chevauchée à travers Jérusalem..
Le Dimanche de Pâques, ce seront des rencontres sobres avec ses proches pour les installer dans
la joie de la Resurrection et surtout dans l'ordre de Mission Universelle...
Plus question de parader de quelque manière en Judée
Il s'agit d'aller jusqu'aux confins de la terre et plus loin encore : "je vous précèderai en Galilée"....

Des Palmes et des rameaux, oui, il y en aura encore ... mais quand il aura tout rassemblé en son Nom
L'Apocalypse de Saint Jean met en scène le rassemblement Royal au tour de l'Agneau
Tous vêtus de blanc et les palmes à la main chanteront :
"A lui Gloire et Puissance dans les Siècles des Siècles"



A tous mes lecteurs je propose la méditation de ce texte extraordinaire de Saint Paul
peut être l'un des plus "puissants" de l'Ecriture...

S'ils le souhaitent ils pourront l'écouter chanté par un choeur de moniales bénédictines
dirigées par le maître de choeur de Solesmes : Dom Josph Gajard

L'un des textes les plus "puissants" de l'Ecriture est ici porté par l'une des mélodies
grégoriennes les plus achevées qui propulse vraiement dans le texte.



pour écouter, cliquer sur la flèche verte



Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,6-11.

Le Christ Jésus,
lui qui était dans la condition de Dieu,
n’a pas jugé bon de revendiquer son droit
d’être traité à l’égal de Dieu ;

mais au contraire,
il se dépouilla lui-même
en prenant la condition de serviteur.

Devenu semblable aux hommes
et reconnu comme un homme
à son comportement,

il s'est abaissé lui-même
en devenant obéissant
jusqu'à mourir,
et à mourir sur une croix.

C'est pourquoi Dieu l'a élevé
au-dessus de tout ;
il lui a conféré le Nom
qui surpasse tous les noms,
afin qu'au Nom de Jésus,
aux cieux, sur terre et dans l'abîme,
tout être vivant
tombe à genoux,
et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est le Seigneur »,
pour la gloire de Dieu le Père.



Par MICHEL - Publié dans : Liturgie Musique - Communauté : Etre pour les autres.
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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 00:24
Après l'émotion suscitée par les évenements survenus à Recife : l'avortement opéré par une équipe médicale sur une fillette de 9 ans enceinte de deux jumeaux après avoir été violée par son beau-père...
Après que de nombreux évêques se soient exprimés plutôt dans le désordre mais le plus souvent pour dire leur indignation devant l'attitude de l'archevêque de Recife, soutenu par le Vatican...

....des  commentaires continuent d'être proposés sur ce blog...

Il m'a paru interessant de les regrouper  ci-dessous

voir : Recife : Evêques et chrétiens montent au créneau avec l'Evangile !

         Carmen, nous sommes avec toi !


Monique le 13/03/2009 à 17h25

Merci et bravo à ces évêques plein de compassion et qui ne pratiquent pas la langue de bois. On aimerait aussi entendre la CEF.....


Réponse de MICHEL le 14/03/2009 à 08h45

Oui, on aimerait entendre la CEF, mais peut elle parler d'une seule voix ?
Il ya les Evêques que nous voyons réagir, il y a aussi ceux qui font l'amalgame entre l'holocoste et les avortements comme le fait Marc Aillet évêque de Bayonne sans que ces propos ne soient atténués par la moindre nuance !
Ce sera dur la "collégialité" !




Anonyme le 14/03/2009 à 01h35

et oui dire que ce "Dom dede" a succede à Dom Helder Camara, un idole de la jeunesse catho en france des années 70 ! mais apres l'eglise s'est "ressaisie", fi de la theologie de la liberation, des pretres ouvriers... "s'il faut chercher dieu ce n'est pas dans les églises mais dans la vie de tous les jours" disait aussi à l'epoque, en substance, michel de certeau dans le "christianisme éclaté"... vive les marginaux de l'eglise ! Benoit XXX est en train de saborder le christianisme !


Réponse de MICHEL le 14/03/2009 à 08h45

Oui, il n'est pas impossible que les marginaux d'hier redeviennent des éléments moteurs !




Philippe le 16/03/2009 à 12h37


Et si on sortait de l'évènementiel et du compassionnel pour aller chercher la vérité qui est au cœur du problème ?
La réaction de l'évêque de Nevers est d'une contradiction parfaite : une loi (même morale) n'a aucune raison d'être si sa transgression ne connait point de sanction.
Sa déclaration est tout autant inadmissible ! :
Dire que la vie humaine doit être respectée "de la conception à la mort naturelle" c'est maintenir une faute morale pour vendre de la compassion au fautif. Qu'il écrive donc à la maman, à Recife, pour lui expliquer qu'elle a manqué de respect à 2 vies humaines mais qu'il lui pardonne et l'accompagne dans sa douleur de mère blessée !!!
Là est le scandale, celui d'une anthropologie chrétienne qu'il faut démonter au plus vite.
Et il faut être idiot pour applaudir cet Evêque en mal de notoriété.


Réponse de MICHEL le 16/03/2009 à 13h08

Quand un "fait de vie" est dépouillé de tout l'évenementiel et du compassionnel qui le constitue, ce n'est plus de la vie....
Quand on a dévitalisé une dent..., c'est pour l'arracher ou la remplacer par de l'artificiel...

Si l'Eglise ne sait plus rendre présente l'attitude "compassionnelle" du Christ...
...A quoi sert elle ?
Le scandale pour moi, sauf le respect et l'amitié que je te dois, c'est que tu puisses porter le jugement que tu te permets de porter sur l'Evêque en question, imité d'ailleurs dans les heures qui ont suivi par d'autres évêques de plus en plus nombreux et dont la plupart n'avait besoin de cette histoire pour leur notoriété...
Je n'oublie pas que je te dois encore une réponse à laquelle je travaille..
Je te remercie de tes commentaires : tu me fais réfléchir, travailler et peut être approfondir mes convictions..amsi sur le commentaire d'aujourd'hui, je ne peux absolument pas te suivre
Cordialement
Michel


Monique le 17/03/2009 à 10h57

Fière d'être "idiote"

Réponse de MICHEL le 20/03/2009 à 17h31

Il y a des circonstances où il vaut mieux être..du côté des "idiots"..


_______________________



Eric hier à 08h49


Où en sommes nous un mois après l'IVG du 04 mars 2009. La nature et l'enchaînement des faits sont mieux connus :

La mère n'a pas été excommuniée, le Padre Edson Rodrigues (source ci-dessous) explique qu'il n'en a jamais été question.
La fillette non plus (qui a pu croire une telle absurdité) ?
Mgr Sobrinho a pris la parole publiquement le 03 mars 2009 et non après l'IVG du 04 mars 2009. Le 03 mars 2009, il a rappelé que le droit canon prévoit l'excommunication de facto des professionnels de l'avortement.
L'Evêque de Recife, n'a pas été désavoué par la Conférence Nationale des Evêques du Brésil, laquelle a juste constaté que le mère n'avait pas été excommuniée.

Les parents ont, l'un après l'autre accepté l'IVG, persuadés par une assistante sociale pro-avortement que leur fille était en danger de mort. La mère, illettrée, à apposé ses empreintes sur un document qu'elle n'a pas su lire le 28 février 2009 et le père s'est laissé convaincre au cours d'un entretien le 02 mars 2009.

Après décision judiciaire, la fillette est confiée à l'institut médico légal de Caruara, puis est trimbalée de l'institut médical de l'enfance de Recife à l'hôpital privé du CISAM sur intervention d'une ONG (Curumim) soutenue par l'IWHC (International Women's Health Coalition) promotrice de la légalisation de l'avortement et du droit des femmes..

La presse française s'est totalement abstenu d'utiliser les sources brésiliennes cités ci-dessous. Telle qu'elle s'est passé l'affaire est beaucoup moins croustillante qu'il n'y paraissait à première vue à deux détails près : la grossesse à 9 ans et l'aveuglement extravagant de la presse française.

Que celui qui ne s'est pas fourré le doigt dans l'oeil sur cette affaire me jette la première pierre.

Sources brésiliennes : le blog du Padre Edson Rodrigues (
http://padreeedson.blogspot.com/) et la déclaration du diocèse d'Olinda et Recife (http://www.arquidioceseolindarecife.org.br/notaoficial.htm)

http://video.globo.com/Videos/Player/Noticias/0,,GIM978069-7823-ARCEBISPO+DE+OLINDA+E+RECIFE+NAO+EXCOMUNGA+ESTUPRADOR+DE+MENINA,00.html

http://www.cnbb.org.br/ns/modules/articles/article.php?id=580

http://www.cnbb.org.br/ns/modules/news/article.php?storyid=1149&keywords=cardoso



Réponse de MICHEL hier à 09h43


Merci pour ces précisions que je répercute volontiers..

Mais...
Il reste que des déclarations ont été faites rapidement par l'archevêque de Recife et le Cardinal Re que l'on ne peut oublier car c'est elles qui ont produit le premier impact médiatique..
D'autre part, le flou artistique, peut-être entretenu, entre l'excommunication "latae sententiae" et la "déclaration" d'excommunication ne pouvait qu'ajouter à la confusion dont finalement l'Eglise est seule responsable...
Si elle cherchait moins à sauver les apprences et défendre son pouvoir .... peut être y verrait on plus clair
Cordialement
Michel




Monique hier à 10h28

Il n'y a rien de "croustillant " de vant un tel malheur,et les arguties du Padre Rodrigues ne montrent pas la moindre compassion! On voudrait seulement pleurer avec cette enfant...9 ANS



Eric hier à 22h34 :


Oui, Monique 10h28 le mot "croustillant" est déplacé et se référait plutôt aux Evêques qui se faisaient cartonner comme des guignols. Bien joué (je ne suis pas un professionnel).

Quand au blog du Padre Edson Rodrigues (68 pages), étant donnée votre appréciation, il est évident que vous ne l'avez pas lu (probablement parce qu'il est en portugais). Je vous suggère le lien en français : http://www.famillechretienne.fr/societe/bioethique/le-temoignage-du-cure-de-la-paroisse_t7_s29_d50057.html

Je vous rassure, je suis moi-même médecin et de comprends très bien la logique des professionnels. La seul point est qu'on ne peut juger de l'indication d'une intervention qu'avec le dossier médicale en main. Ce qui n'est pas mon cas.

 

Monique 5/04/09

Mais si, mais si, j'avais lu le témoignage du père Rodrigues ( en fait sur le site Fréjus T ) et si je fais allusion aux arguties du prêtre c'est en raison de " était-elle en péril de mort, était-elle dans un état critique " etc..

Je note aussi que pour s'occuper de ce drame il y avait :le curé ,2 évêques Mgr Sobrinho, le cardinal Ré !Tous trés au courant du dossier médical bien sûr et comme chacun sait ils ont eu des cours d'obstétrique approfondis au séminaire pour en juger! Après, quoi on réunit divers conseillers tous des hommes bien sûr La pauvre petite fille ne compte pas en tant que personne elle est -excusez-moi- un ventre!!!!!!!!!!

J'ai donc le plus profond respect pour ces évêques qui ont eu le courage d'exprimer leur compassion pour cette petite "Carmen" rt ceux qui l'ont accompagnée dans cet avortement que je qualifierais de thérapeutique. Pour moi la parole de l'évangile c'est l'amour , la compassion et la charité et non pas une excommunication latae sententiae (prononcée rétrospectivement dans ce cas il est vrai ) et je sais trés bien que celle-ci ne touchait pas cette petite fille! En tout cas il me semble que maintenant devant un tel malheur on devrait se taire .....et prier
Et que dire de l'infâme violeur
Silence!!!
 

(A suivre ?)


Par MICHEL - Publié dans : Vie du Blog - Communauté : Etre pour les autres.
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 08:23

Sourire  -   Oser

Trêve dans nos échanges "sérieux" et parfois tendus sur ce blog...

Mettons nous dans une démarche écologique de développement personnel.."durable"...
avec deux auteurs bien différents :

                 Raoul Follereau : La Charité se moque des frontières

                          René Char : Lénergie disloquante


et la complicité de deux blogs amis :  Tendre Espérance  et  La femme coquelicot


____________________________________


Sourire


Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit
sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant,
mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur
qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez
quelqu'un qui ne sait plus sourire,
soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.



                                  Raoul Follereau.









Oser


"Impose ta chance,

serre ton bonheur

et va vers ton risque"
                                René Char


Oser sortir de mes habitudes,
ne pas rester dans ce que je pense connaître
pour suivre ce qui m'attire.


Puis savoir profiter d'un bonheur quand je le tiens
plutôt que de craindre de devoir payer :
ce vers est plein d'une audace
qui m'encourage dans mes choix.

Quitte à me planter, ce n'est pas grave ...
"It's a blessing in disguise!"
J'ai appris que l'on ne regrette jamais d'avoir osé,
mais que l'on s'en veut toujours
de ne pas s'être fait confiance.

J'ai découvert ce poème il y a déjà quelques temps,
sans doute n'aurait-il pas trouvé autant d'écho en moi auparavant.
Parce qu'il faut déjà avoir avancé dans la vie
pour cerner ce qui fait son bonheur intime...
et non celui que les autres définissent pour nous.

Aujourd'hui plus que tout autre,
j'ai envie d'imposer ma chance,
de serrer mon bonheur
et d'aller vers mon risque.



Par MICHEL - Publié dans : Moments de Vie - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 00:11

Quitter l'Eglise ?

              se faire "débaptiser" ?

                        Appeler la démission du Pape ?



Ici et là on trouve de plus en plus de réactions déconcertées par ce que vit l'Eglise aujourd'hui..
Il y a longtemps que des chrétiens,
en "délicatesse" avec l'Eglise pour des raisons personnelles,
des incompréhensions, des ruptures ou des objections de fond plus radicales
se rassemblent et cheminent...

Laissant "en marge" les problèmes qui fâchent
et sur lesquels les crispations sont si faciles,
ces chrétiens tentent de se remettre dans la dynamique de la Foi de l'Eglise
telle qu'il la perçoivent aujourd'hui les appeler
à l'engagement, à une vie spirituelle et liturgique renouvelées ;
plus librement ils cherchent à comprendre l'Ecriture, la Tradition séculaire de l'Eglise
et à discerner les "signes des temps" dans la vie des hommes d'aujourd'hui.

Il y a bien sûr de très nombreuses "communautés" où se côtoient des personnes de grande qualité mais dont les structures et le mode de fonctionnement restent très marqués par l'"exemple" de l'Eglise Romaine...et quelquefois sa "tutelle"

Un peu à la façon d'Internet, il y a aussi des réseaux :
ce sont des groupes locaux qui créent avec d'autres groupes
comme un maillage d'échanges de Vie, d'énergie, d'expérience ;
ils sont dépourvus de structure hiérarchique,
restent très ouverts
et deviennent le lieu d'un renouveau incontestable
de l'expérience de "l'Eglise Christique"

Le réseau "NSAE" (Nous Sommes Aussi l'Eglise...mais Autrement) est l'une de ces toiles :
voir son site : L'Eglise autrement

Ce site vient de publier une lettre écrite par Jon Sobrino, théologien de la libération à l'adresse et en même temps en hommage à un frère "assassiné" dans laquelle il tente de retrouver les fondements de l'Eglise de Mgr Romero (lui aussi assassiné) : cette Eglise, secouée par un contexte politique difficile semble avoir perdu de sa détermination et se coulerait trop facilement dans une certaine facilité...
Cette lettre est un essai de "réveil"...

On trouvera ci dessous quelques extraits de cette lettre
pour le texte complet, voir : lettre à Ignacio Ellacuria




Lettre à Ignacio Ellacuria, par Jon Sobrino (Extraits)

Jon Sobrino, salvadorien d’origine espagnole, est un prêtre jésuite et l’un des théologiens de la libération les plus connus en Amérique latine.  Il a participé à la création de l’Université centraméricaine « José Simeón Cañas » (UCA) avec une équipe de jésuites dont fait partie le philosophe et théologien Ignacio Ellacuria. Ces derniers sont assassinés le 16 novembre 1989 par un groupe paramilitaire aux ordres du gouvernement. Jon Sobrino, alors en voyage à l’étranger, échappe au massacre. Cette lettre à Ignacio Ellacuria est une manière de prolonger un dialogue interrompu il y a vingt ans.

*

31 octobre 2008.

Cher Ellacu,

Je me suis souvent demandé quelle Église vous nous avez laissée et où nous en sommes aujourd’hui. Peut-être suis-je aveuglé par l’affection, mais je crois que cette Église, celle de Mgr Romero, était une Église salvadorienne, populaire, de pauvres et de martyrs. Et c’était une Église chrétienne, peuple de Dieu, souvenir vivant de Jésus et porteuse de son Esprit. Histoire et transcendance marchaient la main dans la main.

…...............

L’important c’est de « cheminer » comme Dieu le demande. Et pour cela, je veux rappeler maintenant quelques « principes » dont nous nous sommes souvent entretenus. Ils nous avaient paru alors fondamentaux pour élaborer une théologie de l’Église, et je pense qu’ils le sont encore. Je vais me concentrer sur trois [d'entre eux].

1. La centralité du royaume de Dieu

C’est le changement copernicien qu’il nous revient de vivre. Au centre se trouve le royaume de Dieu. J’avais écrit que « Jésus ne s’est pas prêché lui-même, ni même Dieu seulement, mais le royaume de Dieu ». Toi, tu y a beaucoup réfléchi et dans un congrès sur les trois religions d’Abraham tu en as fait une formulation catégorique : « Cela même que Jésus est venu annoncer et réaliser, c’est-à-dire le royaume de Dieu, c’est ce qui doit constituer l’objectif unificateur de toute la théologie chrétienne… La plus grande réalisation possible du royaume de Dieu dans l’histoire, c’est ce que doivent poursuivre les véritables disciples de Jésus. Pour Jésus, ce royaume de Dieu est « un monde dans lequel règne la paix avec la justice et la solidarité universelle »,

Partant du royaume, l’Église sait quel est le but final. C’est à dire « Dieu » et « les pauvres », dit d’une manière lapidaire. « Le royaume appartient seulement aux pauvres »

« Tout est relatif sauf Dieu et la faim ». La conséquence en est que l’Église doit être au service du royaume de Dieu et du Dieu du royaume, dépassant la tentation récurrente de se situer elle-même au centre.

Le royaume propulse l’Église dans l’histoire. Elle doit s’y incarner pour permettre à la grâce de naître : vérité, compassion, fermeté, libération, et pour éradiquer le péché : mensonge, injustice, oppression, surmontant la tentation des spiritualismes et de l’abandon de ce qui est historique. Elle doit le faire avec solidarité, en faisant siennes les joies et les espérances, les tristesses et les angoisses de tous, surtout des pauvres et de tous ceux qui souffrent. Et elle doit le faire avec sérieux. Si on ne prend pas au sérieux le royaume, le péché se banalise et le salut devient éthéré.

En second lieu, en relation et au service du royaume, on comprend mieux qui est Jésus de Nazareth et ce que doit faire l’Église à sa suite : faire toujours le bien, annoncer la bonne nouvelle aux pauvres et rendre leur dignité aux méprisés, réconforter les faibles et soigner les malades ; dire toujours la vérité, celle qui vient de Dieu, pour consoler les opprimés et apostropher les oppresseurs ; parler avec autorité sans dogmatisme, enseigner avec clarté sans endoctrinement, exiger avec radicalité sans soumission ; résister jusqu’au bout, avec des hauts et des bas faits de peur et d’espérance. Et chez Jésus de Nazareth, ce qui me frappe toujours plus c’est à quel point il respectait et valorisait la liberté et la raison des êtres humains.

Enfin avec Jésus l’Église peut mieux comprendre la réalité et le destin des peuples crucifiés. Fait prisonnier de nuit par traitrise, accusé faussement, insulté, torturé et abandonné, il est mort sur une croix ni par erreur ni par hasard - et il ne faut pas oublier l’immense délicatesse qu’il a eu en prenant congé de ses amis avec un dîner. Tout cela pour s’introduire, librement, dans le conflit fondamental de l’histoire : en faveur des opprimés et contre les oppresseurs.


2. Église « maternelle » plutôt que « chargée d’un magistère »

L'Eglise est avant tout mère, accoucheuse de vie. Son rôle, c’est de générer d’une manière visible et palpable la bonté, l’amour, la miséricorde, la fraternité, la justice, la réconciliation, la solidarité. C’est de favoriser des structures qui, par leur nature, donnent la vie au plus grand nombre et de s’affronter à celles qui l’entravent ou la suppriment. Aujourd’hui nous insistons sur le « je prends soin » qui est quelque chose de si maternel, et qui est aussi le propre de la nature. Et sur la tendresse.

Actuellement un avertissement est nécessaire : que pour être mère, l’Église n’infantilise pas ses enfants, ne pense pour eux, ne les surprotège pas et ne décide pas pour eux de sorte qu’ils n’arrivent jamais à être des adultes dans l’Église. Ces deux dangers existent clairement dans beaucoup de pastorales et de liturgies, mais on les tolère, car tout est bon pour ne pas retomber dans les communautés de base et les théologies de la libération.

L’Église doit aussi enseigner. Comment n’allais-tu pas valoriser cela, toi Ellacu, convaincu de l’importance du savoir et du savoir communiquer ? Mais encore un avertissement : que l’Église ne fasse pas de l’orthodoxie ce qui est central, ni ne l’utilise comme un moyen d’endoctrinement. Et ce qui est plus dangereux, qu’elle ne se considère pas propriétaire de la vérité. Quand cela arrive, l’Église est définie, une fois de plus, à partir du pouvoir. Si par contre elle est celle qui introduit aux mystères sans rien imposer et en enseignant par l’exemple et pas seulement en paroles, alors elle crée aussi la vie par son magistère.


3. L’Église des pauvres

La véritable Église « est » une Église des pauvres, pas seulement « pour » eux. 

Et tu as théorisé ce qu’est cette Église. C’est une Église « où les pauvres sont le principal sujet et son principe de structuration interne ». Avec cela, on n’opère pas une « réduction » mais, au contraire, une « concrétion » de tout ce qui est ecclésial à partir des pauvres. Tu as écrit que dans sa mission ad extra, l’Église se consacre à eux et surtout donne sa vie pour eux alors que cette dernière réflexion n’est pas du tout habituelle en d’autres lieux. Et ad intra tu as insisté sur le fait qu’elle est basée sur la réalité, c’est-à-dire sur les pauvres. Et de là provient une autre de tes formulations, lapidaire : « le plus important des communautés ecclésiales de base est qu’elles sont de base ». C’est à dire qu’elles sont des communautés de pauvres.

Et cette Église est la plus vraie, si on me permet de parler ainsi, pour une raison théologale à laquelle on ne donne pas toujours non plus l’importance qui lui est due. Tu as écrit : « l’union de Dieu avec les hommes telle qu’elle se réalise en Jésus-Christ est historiquement une union d’un Dieu qui dans sa version première se donne totalement au monde des pauvres ». Il faut bien l’expliquer, mais je crois que tu veux dire que l’Église sera une véritable présence de Dieu si elle est faite de ce que Dieu a choisi pour se rendre, Lui, présent parmi nous. Rien ne peut diluer la centralité de l’« Église des pauvres ».

« l’Église des pauvres se construit dans le nouveau ciel dont on a besoin pour dépasser la civilisation de la richesse et construire la civilisation de la pauvreté, nouvelle terre où habitera, comme dans un foyer accueillant et non dégradé, l’homme nouveau ». Église des pauvres et civilisation de la pauvreté ont été ton utopie, que tu as formulée à partir de la foi et de l’histoire. Ellacu, ces deux choses ont été oubliées et il est urgent d’y revenir. Mais maintenant, même brièvement, je veux mentionner deux informations accablantes au sujet des pauvres et des riches.

__________________


On vient de nous dire qu’aujourd’hui 923 millions d’êtres humains souffrent de la faim et de dénutrition dans le monde entier. Ils sont 75 millions de plus que l’année dernière, bien que le monde soit plus riche que jamais et que les récoltes de 2007 aient battu des records. ….
Et à cette tragédie se joint ce que José Saramago appelle « crime (financier) contre l’humanité » : le cataclysme financier, produit de l’égoïsme avec une impunité totale. Ce sont les pauvres qui le payent.

Et une dernière chose. Jésus nous a dit que le royaume de Dieu appartient à ceux qui sont comme des enfants, et qu’il ne faut pas suivre l’exemple de ceux qui gouvernent ce monde, les grands. Dans l’Église il faut aussi être petits et serviteurs, mais cela est toujours un problème majeur. Pour le dire simplement, l’Église a du mal à ne plus être en haut et elle s’accroche toujours à sa dimension hiérarchique. C’est ce que disent nos amis jésuites de Christianisme et Justice à Barcelone. Ils viennent de publier un cahier sur l’état de l’Église, et rappelant Rosmini, ils mentionnent « les cinq nouvelles plaies de l’Église ». La première, la principale, est de ne pas être Église des pauvres et de les oublier, mais ils mentionnent aussi l’excès de hiérarchie, de pouvoir institutionnel et de centralisme romain. Et ils font remarquer que, devant les critiques, l’Église réagit par la défensive, « sans s’arrêter une minute pour se demander si elle a pu faire quelque chose de mal ». C’est là un sérieux problème ecclésial. Il rend difficile la solidarité à l’intérieur de l’Église : être « peuple de Dieu », tous avec la même dignité.


« Tout est relatif sauf Dieu et la faim »

Par MICHEL - Publié dans : Evangélisation de toujours - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 00:42

Je ne suis pas le premier à m’interroger sur cette réalité qu’est la « réconciliation ». La seule évocation du mot fait aussitôt surgir tous ces différents qui rendent les relations humaines non seulement difficiles, mais souvent vides et sans vie. Inutile de chercher le coupable puisque déjà la « raison », cette fidèle alliée qui sait toujours trouver la bonne explication, a procédé au jugement sans appel : l’autre, cet autre qui ne pense qu’à lui, qui trouve les astuces les plus diaboliques pour tricher ou tromper, qui n’a de cesse de noircir la réputation de sa victime, voilà le vrai coupable. Il est égoïste, fin manipulateur et habile joueur. Tout en lui n’est que calcul.


Je pense que nous avons tous assez de vécu pour avoir expérimenté ce type de cheminement, mais aussi assez de maturité pour en avoir fait une certaine autocritique. Parfois, pour un rien, des relations sont coupées entre des personnes que le destin avait pourtant voulues très proches. Parfois aussi, les choses sont beaucoup plus sérieuses, les blessures beaucoup plus profondes, les responsabilités beaucoup plus démarquées. Dans ce dernier cas, il n’est pas facile de faire renaître des relations porteuses de vérité, de vie et de grande amitié. La « raison », cette avocate que nous portons tous en chacun de nous, ne manquera pas d’arguments pour que les positions se durcissent et les exigences unilatérales de « mea culpa » deviennent une condition à tout pardon. Même dans ce dernier cas, il n’est pas évident que le pardon conduise nécessairement aux grandes retrouvailles escomptées.


À ce vécu que nous portons tous et toutes à des degrés divers s’ajoutent les con naissances que nous apporte la science de la psychologie, de la psychanalyse et de la psychiatrie. Ainsi, nous découvrons que la volonté des personnes doit parfois composer avec les interférences chimiques qui affectent directement le cerveau, rendant ainsi le niveau de responsabilité sur certains comportements beaucoup plus complexes. Que dire maintenant de tous ces conditionnements héréditaires qui échappent à la conscience tout en conditionnant les attitudes et comportements des personnes qui peuvent à leur tour blesser. Enfin, qui n’a pas expérimenté l’emprise qu’ont les préjugés, les « qu’en dira-t-on », les ressentiments, les suppositions qui déforment les perceptions et la juste appréciation des autres ? À tout cela, il faut évidemment ajouter l’image que nous nous faisons de notre « moi », ce moi dont les qualités le placent quelque peu au dessus des autres.  En bout de ligne, une fois l’inventaire fait de tous ces conditionnements, la bonne volonté des personnes est rarement mise en cause dans tous ces différents qui rendent bien des relations humaines impossibles à vivre.


À y regarder de près, personne n’échappe à cette situation du conflit. Chacun et chacune seront  tantôt les grands coupables, à l’origine de tous les malheurs des autres, un autre tantôt, ils seront les victimes de l’acharnement des autres. Nous sommes tous et toutes enfermés dans une bulle où nous devons partager d’être à la fois des coupables et des victimes. Je ne sais pas si c’est ce à quoi pensait l’apôtre Paul lorsqu’il écrivait aux romains: « Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde » Rm 11,32.  Nous pourrions tout aussi bien remplacer le mot « désobéissance », dont parle l’apôtre Paul, par celui d’ « incompréhension » qui rend si difficile les relations humaines. Les anciens diraient, sans doute, que c’est une sorte de péché originel que personne n’a vraiment commis, mais que tous assument et doivent vivre d’une façon ou d’une autre.


Comment alors s’en sortir?


Déjà nous savons que confier pareil mandat à notre petite « avocate » qu’est la raison ne ferait qu’accentuer les divisions et les incompréhensions. Par contre, le confier au cœur seul, porté par des sentiments momentanés de générosité et de compassion, risquerait de n’être qu’un feu de paille, laissant bien en place tous les ressentiments, mis en veilleuse le temps d’une rencontre chaleureuse.


Je pense que la véritable porte de sortie de cette bulle d’incompréhension se trouve d’abord et avant tout du côté d’une véritable réconciliation avec soi-même, non pas avec l’image qu’on se fait de soi-même, mais avec le « moi » qui émerge de la conscience et ne craint plus le regard de l’autre du simple fait qu’il accepte dorénavant de se voir lui-même comme il est. Si nous parvenions à nous pardonner à  nous-mêmes toutes les blessures que nous avons causées à d’autres, nous retrouverions le chemin qui permet de pardonner également à tous les autres les blessures qu’ils nous ont faites. Dans notre propre pardon surgit le pardon pour les autres. N’est-ce pas là l’expression par excellence de ce commandement « aime les autres comme tu t’aimes toi-même ». Il s’agit d’une réconciliation inconditionnelle et libératrice qui naît de l’intérieur. Une réconciliation qui change notre attitude dans les relations avec les autres. Une manière nouvelle d’être.


Vue sous cet angle, la réconciliation n’est plus conditionnelle à l’attitude de l’autre, mais à sa propre attitude à son endroit et à l’endroit de l’autre. Les croyants chrétiens diront que c’est ainsi que le Christ s’est réconciliée l’humanité, en se réconciliant lui-même avec cette humanité blessée qu’il a entièrement assumée. N’a-t-il pas pris sur lui toutes nos misères pour en faire des semences de vie? « Car Dieu n’a pas envoyé son fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » Jean, 3,17.


Pensée du jour

 : « La vérité nous sera d’autant plus attachante que le guide nous y conduisant sera l’humilité. »


Oscar Fortin

Québec, 6 mars 2009

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Par MICHEL - Publié dans : Prière...Culte... - Communauté : Causes à défendre
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