Eglise Universelle : Vatican II
En lisant ce texte, je n'ai pu m'empêcher d'avoir une "pieuse" pensée pour tous ceux qui contestent encore et non sans succès jusque dans les hautes sphéres de l'Eglise des textes qui ont un autre souffle que leurs eructations idéologiques d'un autre âge.
Afin de n'influencer personne dans sa propre lecture, je ne livrerai quelques commentaires personnels qu'à la fin du texte.
Le texte complet de Lumen Gentium est accessible par le lien : Lumen Gentium
« En toutes les nations de la terre subsiste l'unique Peuple de Dieu,
puisque c'est de toutes les nations qu'il tire ses membres,
citoyens d'un Royaume dont le caractère n'est pas terrestre, mais bien céleste.
Car tous les fidèles épars à travers le monde sont en communion les uns avec les autres
dans l'Esprit-Saint, et ainsi "celui qui habite à Rome sait que les Indiens sont ses membres" (9).
Mais comme le Royaume du Christ n'est pas de ce monde (cf. Jn 18, 36),
l'Eglise, Peuple de Dieu, en introduisant ce Royaume,
n'enlève rien au bien temporel des peuples, quels qu'ils soient;
au contraire, elle favorise et assume,
dans la mesure où ces choses sont bonnes,
les talents, les richesses, les coutumes des peuples et,
en les assumant,
les purifie, les renforce et les élève.
Elle sait, en effet, qu'il lui faut resserrer ses rangs autour de ce Roi,
car c'est à lui que les nations ont été données en héritage (cf. Ps. 2, 8),
vers son royaume qu'afflueront richesses et présents (cf. Ps. 71/72, 10; Is. 60, 4-7; Apoc. 21, 24).
Ce caractère d'universalité qui distingue le Peuple de Dieu
est un don du Seigneur lui-même
qui porte l'Eglise catholique
à s'employer efficacement et sans arrêt
à rassembler toute l'humanité et la totalité de ses biens
sous le Christ Chef,
en l'unité de son Esprit (10).
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Toutes leurs actions [des laïcs] ,
leurs prières,
leurs initiatives apostoliques,
leur vie conjugale et familiale,
leur travail journalier,
leurs loisirs et leurs divertissements,
s'ils sont vécus dans l'Esprit,
et même les épreuves de la vie supportées avec patience
deviennent "des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ" (I Petr. 2, 5);
et ces sacrifices sont pieusement offerts au Père
dans la célébration eucharistique
avec l'oblation du Corps du Seigneur.
De cette manière, les laïcs,
en une sainte et universelle adoration,
consacrent à Dieu le monde même.
Il est donc clair pour tous
que chacun des fidèles,
peu importe son état ou son rang,
est appelé à la plénitude de la vie chrétienne
et à la perfection de la charité (4).
Au reste, par une telle sainteté
il contribue à rendre plus humaine
la manière de vivre dans la société terrestre elle-même.
A l'acquisition de cette perfection
les fidèles emploieront leurs forces,
salon la mesure du don du Christ;
si bien que, suivant ses traces,
devenus conformes à son image
et soumis en tout à la volonté du Père,
ils se consacreront de tout coeur à la gloire de Dieu
et au service du prochain.
Ainsi la sainteté du Peuple de Dieu donnera des fruits abondants,
comme la vie de tant de saints
le manifeste excellemment dans l'histoire de l'Eglise.
En divers genres de vie
et parmi des occupations différentes,
c'est une unique sainteté
que cultivent ceux qui sont mus par l'Esprit de Dieu;
obéissant à la voix du Père
et adorant le Père en esprit et en vérité,
ils suivent le Christ pauvre,
humble et chargé de la croix,
pour mériter de participer à sa gloire.
Chacun doit,
selon ses capacités et sans aucune hésitation,
s'engager dans la voie de la foi vive
qui éveille l'espérance
et opère par la charité. »
Elle veut prendre en compte les cultures, les habitudes, peut être même les "idéologies" (même si ce n'est pas écrit) qui naissent du milieu de la vie des hommes..
Ce qu'elle appelle la "sainteté" n'est réservée à personne : elle est accessible à tous..quels que soient leurs appartenances, leurs fonctions, leur responsabilité..
Qu'il soit religieux, qu'il soit marié, qu'il soit ouvrier ou directeur de banque, soldat curé ou éboueur, l'homme est digne et appelé à ce que le texte appelle la Sainteté..
La "Sainteté", l'accomplissement de la Vie n'est pas affaire individuelle .... la Vie se joue en "Peuple" et ce "Peuple" est engerme dans toutes les solidarités qui relient les hommes : la famille, l'école, la commune, l'entreprise, les clubs, les pays, les milieux sociaux, les métiers....
Dans ce texte fondateur - une constitution apostolique votée par la quasi unanimité des Evêques réunis en Concile oecuménique et promulguée par l'Evêque de Rome - je n'ai pas trouvé trace du "célibat" des Prêtres ; j'ai plutôt trouvé que ceux qui sont appelés à des ministères et des fonctions dans l'Eglise sont appelés aussi à un témoignage de vie particulièrement fort et percutant : oui, ce peut être le cas de personnes engagées totalement par une consécration personnelle, mais le Concile dit explicitement que la vie Chrétienne vécue par les laïques dans le monde peut être aussi le lieu d'un témoignage hautement lisible et particulièrement entraînant...
Que tout cela donne encore à réfléchir (après 40 ans) !!
