Mission en dentelles ou en lambeaux ?

Publié le par MICHEL


          Les articles liés au "motu proprio" de Benoît XVI  suscitent des commentaires..

La liberté d'expression et l'esprit de dialogue de la "blogosphère" me conduisent  à en souligner davantage  certains à cause de leur franchise et parfois de leur pertinence.
 Mes réponses personnelles sont en bleu et en italique

 

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       Dialogue avec Philippe
           

Michel, restons calmes ! Benoît XVI n'est pas le diable assis sur le trône de St Pierre et sa décision est digne d'intérêt. Beaucoup de chrétiens sont heureux de la mesure prise et l'intelligence de beaucoup d'autres sera stimulée par la concomitance de deux rites "ordinaire" et "extraordinaire" pratiqués dans l'Eglise. Alors où est donc la raison de se plaindre ? La brutalité de la réforme conciliaire (Vatican II - quel nom affreux !) a fait un mal fou à l'Eglise. C'est une évidence historique. Pourquoi ne pas le reconnaître ?
Mon ami, l'Eglise romaine, pour être "catholique", n'est que l'Eglise romaine. Vatican II fut un acte d'orgueil. Rappelle-toi que celui dont le rang l'égalait à Dieu s'est fait supplicié juif et n'a pas cherché la gloire auprès des païens - et c'est ainsi qu'elle s'est manifestée.
A bientôt. Philippe

 

Je suis très calme ! et encore plus déterminé..
Je suis d'acord pour dire que le Pape n'est pas le diable assis sur le trône de Saint Pierre...
Mais c'est bien mon seul point d'accord avec toi et je regrette vraiment les propos que je lis à propos du Concile et que la décision d'aujourd'hui risque de multiplier : c'est donc bien cela, la vraie quesion n'est pas dans les rites, ce qui est en cause c'est le Concile à propos duquel je ne peux accepter, tu le comprendras, tes propos...
Cordialement
Michel

 

OK. En quoi mes propos sont-ils inacceptables selon toi ? Pour mémoire, je n'ai parlé que de la "brutalité" du concile et non du concile lui-même.

Quant à la nouvelle liturgie... Franchement, qu'a-t-elle produit de bon depuis 40 ans ?

Si tu veux me faire reconnaître qu'ici ou là des comportements criticables aient pu avoir lieu dans l'euphorie du Concile, tu n'auras aucune peine : il a pu m'arriver d'avoir de tels comportements ou de souffrir de ceux des autres...Il en est toujours ainsi quand il s'agit de remises en question et c'est le signe de la Vie qui travaille !
Quant aux fruits du Concile et plus particulièrement de la "nouvelle liturgie" il n'y a vraiment que ceux qui ne veulent pas voir qui sont devenus aveugles !
Cordialement
Michel




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Commentaire de Loïc

Je suis en accord avec Philippe.

La coexistence de " lex orandi " ne crée pas division de la " lex credendi ".

Je suis heureux de pouvoir vous répondre sur votre blog, car manifestement, j'ai été censuré par Golias ( ce qui ne m'étonne guère, mais j'en dirai pas plus à leur sujet).

Je suis personnellement fidèle du rite Saint Pie V, que je considère comme le plus digne du Saint Sacrifice de la Messe.

La Messe, le "Saint Sacrifice de la Messe" comme vous dites ou l"Eucharistie" comme diraient d'autres est certainement le lieu majeur de notre Foi Catholique, l'actualité permanente de l'Evenement fondateur.. et face à cette vérité, quel poids représente l'attachement à un Rite ? L'Eglise catholique connaît et a connu un grand nombre de rites et, je l'espère, en connaîtra encore..
Ce qui me choque beaucoup plus c'est l'ambiguité enretenue par les uns et les autres autour d'une autre Vérité de notre Foi Catholique à savoir "la Tradition"..
La Tradition n'est pas un temps de l'histoire qui serait en quelque sorte figé et sacralisé...
La Tradition, c'est le mouvement incessant de la Foi Catholique vécue et partagée en Eglise et qui dans notre religion constitue avec l'Ecriture l'un des deux piliers de la "Révélation"..
Pour notre temps, la meilleure expression de cette "Tradition" est évidemment le "Concile Vatican II" qui a pris de façon niverselle (catholique) acte des acquis de la Foi de son temps, des besoins de la Mission pour notre époque et que nous avons l'ardente obligation de mettre en oeuvre en regardant courageusement "devant"....
Dans le desert, les hébreux fatigués et las de leur marche pouvaient regretter le temps de leur sécurité-captivité en Egypte...Leur libérateur, Moïse, était là pour leur rappeler la promesse, leur montrer le chemin et les faire avancer...Lui, jamais, n'a été tenté de les faire revenir 40 ans en arrière..!
Cordialement
Michel

 

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 De Michel Prêtre en région lyonnaise

Il semble certain que l'Institution tente de récupérer des hommes et des femmes influants dans la société et bien placés dans les finances. Les propos que j'entends sur la " vrai tradition" me semblent dérisoires tellement ils s'éloignent de l'unique Tradition : Christ et son amour pour les plus pauvres, preuves de la vérité de l'annonce évangélique.
Mais, n'y a-t-il pas plus graves encore ? Le fait que l'on ne s'apperçoive pas que des jeunes vont s'éloigner encore plus de l'Eglise.
Quand,  dans les années 60,  je mes suis activement engagé dans l'Eglise, c'était par admiration de son ouverture, de son désir de connaître le monde contemporain dans un soucis de fidélité au Christ. Que dire quand nous le voyons aujourd'hui revêtu de dentelles XVIIe siècle !

 

Merci pour ton commentaire de "Pasteur" envoyé vers les pauvres et les plus jeunes...
Même éloigné de l'Eglise, comme tout un chacun, je suis témoin que la Vie continue d'appeler chacun à la Charité et spécialement la Charité envers les pauvres, les fragiles, les isolés, les emmurés..qui ne sont pas que les pauvres "économiques"...
Comment sont Evangélisés aujourd'hui "les hommes et les femmes influants dans la société et bien placés dans les finances"...comme tu dis et que l'on préfère récupérer avec leur avoir, leur savoir et leur pouvoir ?
Parmi ceux qui sont sensibles et qui s'engagent parfois très courageusement, beaucoup se sont éloignés de l'Eglise qu'ils pourraient pourtant contribuer à rendre davantage "missionnaire"...
Ce ne sont evidemment pas les dentelles et autres fanfreluches d'autres siècles qui vont leur permettre d'accéder à la Plénitude de ce qu'ils vivent en Christ et en Eglise !
Plus qu'une remarque, ton commentaire est une question, peut être même une invitation et un appel à une réaction en actes et pas seulement en paroles ou écrits..
Voilà pour quoi, je te remercie fraternellement de ton commentaire.


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Publié dans Délires Salutaires

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J
Je retiens du message de Philippe l'appel à "tous les fidèles" (au-delà de la hiérarchie ? c'est sous-entendu) et le rôle des minorités actives (les "Romains" qui sont entrés en dissidence et qui, aujourd'hui, retrouvent Rome, sous-entendu "libérée"). Comme quoi une bonne cure d'opposition fait changer le vocabulaire ; on deviendrait linguistiquement parlant un peu plus "révolutionnaire" et moins godillot vis-à-vis des hiérarchies. J'ai noté aussi que Philippe préférait que l'évêque de Rome commande à l'intérieur de tous les autres diocèses du monde entier. Déjà nos pauvres évêques de France et de Navarre qui ont le pape sur le dos (du moins qui les surveille), l'auraient aussi à l'intérieur de leur diocèse ! Le pasteur ou le loup dans la bergerie ? Jean-Claude
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P
Tournés vers qui ? (in Golias, Hebdo du 2 mars 2007)Le 5 mars, par Philippe FayaudLa réforme liturgique a placé les fidèles dans la situation des apôtres au moment de la sainte Cène, l’ancienne liturgie renvoyait plutôt à l’épisode de la multiplication des pains. Le fond du problème est que la célébration de la messe fait explicitement référence à un évènement qui s’est déroulé à huis clos et dans un lieu tenu secret, rassemblant un petit groupe de 12 « institués » par le Christ. A cet égard, beaucoup ont dénoncé une transposition liturgique des cérémonies rituelles maçonniques : dans les loges, les frères sont fréquemment tournés vers l’Orient où le Vénérable Maître trône dans la chaire du roi Salomon. La ressemblance est frappante et explique la sympathie de nombreux traditionalistes pour l’extrême droite antimaçonnique. Que faut-il en penser ? sinon que cette ouverture de la messe est d’abord la traduction liturgique de la philosophie d’ouverture du Concile, que toutes deux sont intimement liées : c’est la reconnaissance de l’apostolat des laïcs, dans la tradition d’ouverture de l’Eglise aux païens voulue par Paul, principalement. Et dans ce même esprit, c’est la séparation distinctive des clercs et des laïcs qui se voit réformée par un positionnement du Christ (ou du saint Mystère) au centre de la communauté célébrante. Le prêtre y devient, en effet, le « représentant du Christ » au cours d’une cérémonie qui ressemble étrangement à une « représentation » théâtrale de la sainte Cène, et où tout est symbole sauf la « présence réelle » du Seigneur. De ce point de vue, la rupture paraît totale avec la tradition liturgique du peuple de baptisés venant à la Parole et réconforté par le pain de la multiplication. La brutalité d’un tel changement de perspective ne pouvait que générer malaises, discordes et schismes. Le justifier par un retour nécessaire aux « sources », comme le veut également l’esprit de la Réforme protestante, est quelque peu aventureux au regard de la complexité des Ecritures. Car l’eucharistie était bien un banquet fermé, réservé aux seuls disciples que Jésus avait choisis de sa seule autorité. Rien à voir avec la messe d’aujourd’hui. Il y a de quoi être perplexe… Philippe FAYAUD
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P
Merci Michel pour l'interactivité de ton blog. Peut-être devrais-tu créer une catégorie spécifique (autre que "délires salutaires") au thème que nous abordons.J'apprécie beaucoup tes réponses, surtout lorsqu'elles déminent politiquement le vrai fond religieux des débats. D'ailleurs, avec ce Motu proprio, Benoit XVI ne fait-il pas de même ? et tout particulièrement à l'endroit des évêques qui voulaient faire "la pluie ou le beau temps" dans leur diocèse ?Quant à la Tradition, il me paraît évident que le concile ne saurait l'absorber ni la fixer de sa seule autorité et que les fidèles (tous les fidèles) avaient leur mot à dire. D'ailleurs, comme un retournement de l'histoire, les plus fidèles à la doctrine romaine ne sont-ils pas aujourd'hui ceux (ou les enfants de ceux) qui jadis entrèrent en séparation ? Autre évidence historique.A cet égard, la définition du rite eucharistqiue se montre beaucoup plus importante que tu le juges : ce sont les scènes de "multiplication des pains", destinés aux foules innombrables venues entendre la Parole, qui témoignent de l'universalité et de l'Eglise et c'est cela que "l'ancienne messe" perpétuait. En voulant reproduire le repas du Cénacle (dont St Jean ne dit rien) dans une liturgie nouvelle et quasi-exclusive de toute autre, le Concile a commis une dramatique erreur. C'est en réalité le rite rénové de 1962 qui devrait être "ordinaire" et non l'inverse !C'est ce que les "pauvres en esprit", attachés la liturgie "traditionnelle", avaient recueilli dans l'humilité. Après 40 ans d'exode, ils voient leurs persécutions porter du fruit : Rome est de retour dans Rome.Bien à toi. Philippe
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