Où donc est l'Eglise ?

Publié le par MICHEL


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Dans les années  70,  alors que l'air ambiant  était  à la reflexion sur  la vie politique comme engagement  chrétien, que les premières vagues charismatiques du  renouveau  pentecôtiste catholique commençait  de faire des dégâts et que des technocrates post conciliaires pressés pensaient pouvoir faire la pluie et le beau temps de l'Eglise de France,  un  mouvement de Jeunes Filles , la JICF, dans une lettre adressée à l'Episcopat  français, posait certainement  la vraie question  : 
"Où est l'Eglise ?"

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Sur le mont Sinaï, après avoir reçu les "tables de la Loi", Moïse demande à celui qui l'a envoyé vers le Peuple d'Israël :
Qui es tu ?

Voici laa réponse telle qu'on la trouve dans le texte hébreu :
אהיה אשׁר אהיה "èhiè asher èhiè"
Longtemps, cette réponse fut traduite : "Je suis celui qui suis" et appelée à la rescousse comme preuve scripturaire pour asseoir les affirmations de la Théologie sur Dieu : Dieu "être, maître et pouvoir absolus...stable  et immuable en qui tout Droit et toute Justice permanentes trouvent leur fondement...etc.."


Dans le numero 11 de la revue "Concilium" publié me semble t il en décembre 1967, le Père Congar s'interroge sur la traduction du אהיה אשׁר אהיה  "èhiè asher èhiè" et à partir d'une reflexion grammaticale sur le  texte propose  d'autres traductions parmi les quelles "Je suis qui je serai.." traduction qui semble être reprise par nombreuses  Bibles modernes dont la TOB.
La généralisation de la traduction "Je suis celui qui suis" viendrait elle d'une interprétation du texte par la  Philosophie grecque dans la traduction dite des "Septantes" ?
Voir à ce sujet :
traduction de Exode 3,14

Qu'implique le retour au texte hébreu et à la traduction "Je suis qui je serai" ?
Dieu répondrait en quelque sorte à Moïse : "Tu ne peux comprendre aujourd'hui qui je suis mais retourne vers le peuple et guide le : à ce que je serai (je ferai) pour vous, vous découvrirez qui je suis..
De fait, c'est bien dans l'histoire qu'il vit et qui est sans cesse "relue" par les prophètes que le Peuple d'Israêl  va découvrir  peu à peu qui est   son Dieu   qui sera  révélé en plénitude dans la  personne de Jésus...

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"Où est  l'Eglise" ?
l'Eglise "subsiste" en l'Eglise catholique apostolique et Romaine et en elle seule !
 La réponse est sans ambiguité comme était sans ambiguté le "Je suis celui qui suis" ! (Voir le texte récent publié par le Vatican)

Un nouveau texte de portée œcuménique vient d’être publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi, de quoi s’agit-il ?
Ce texte porte essentiellement sur le sens de l’affirmation conciliaire selon laquelle l’Eglise du Christ « subsiste dans l’Eglise catholique » ..... Il s’agit d’un document technique .... Il s’adresse à des théologiens, capable de reconnaître son genre littéraire particulier. Il n’a pas de souci pastoral immédiat, et doit donc être bien compris par ceux qui sont peu familiers d’un tel langage

Un tel texte ne donne-t-il pas une image arrogante de l’Eglise catholique ?
C’est la limite d’un texte de ce genre qui n’est peut-être pas très adapté aux modes de communication actuels. Il faut se souvenir qu’il a un objectif limité et que ses affirmations doivent donc être équilibrées par des convictions complémentaires exprimées dans d’autres documents du Concile Vatican II et du magistère ultérieur.

Fr M. Mallèvre, Directeur du Service National pour l’unité des chrétiens


C'est vrai, le texte auquel l'on se réfère ici est un texte à "caractère technique" qui doit être resitué dans la continuité d'une reflexion jalonnée d'autres mots (mais alors pourquoi ne pas avoir réservé cette reflexion à  des  médias spécialisées dont les lecteurs saisissent toutes les subtilités d'un genre littéraire si particulier ?)
Il reste que publié "en catimini" au début de l'été quelques jours à peine après le "motu proprio" cadeau aux intégristes, ce texte se situe dans une démarche globale bien suspecte en regard du Concile et de sa reflexion sur l'Eglise..

Comme le "je suis celui qui suis" a été explicité sinon corrigé par le "je suis qui je serai,
le "subsiste" de l'Eglise "subsiste" ne pourrait il pas être relu et qui sait retraduit  ?

« Chaque Église est l’Église catholique, et pas seulement l’une de ses parties. Chaque Église est l’Église catholique, mais pas son tout. Chaque Église réalise sa catholicité quand elle est en communion avec les autres Églises. »
(Conseil oecuménique des Eglises)

« Il faudrait que l'ensemble des Chrétiens, toutes étiquettes confondues, puissent un jour reconnaître que l'Eglise du Christ est un mystère qui dépasse chacune de leurs familles particulières, et qui les appelle tous à ne faire plus qu'un »
(Michel Kubler La Croix 11/07/07)

 

Comme Moïse sur le sinaï, plein de sa responsabilité est inquiet de savoir qui l'envoie ,Benoît XVI est soucieux de la définition exacte de l'Eglise.......
Et si la réponse était de la même veine ?

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Va avec ton Peuple, va en eaux profondes avec tous les catholiques et tous les autres Chrétiens.
Engagés dans la Mission ,  marchez ensemble vers la terre promise et à ce que je ferai avec vous, vous comprendrez qui je suis, qui vous êtes et  "où est votre Eglise" Une, Sainte, Catholique et Apostolique...!

Quand elles posaient la question "Où est l'Eglise" , comme relaté plus haut, les filles de la JICF étaient en pleine reflexion et en plein engagement dans la Mission !
Pourquoi n'ont elles pas été entendues ?

 

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Publié dans Vie de l'Eglise

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P
Je ne connais ton blog que depuis quelques jours... Je le trouve remarquablement interessant. Il sait se situer au niveau des grandes questions, chose que notre Eglise ratzingerisee a de plus en plus de mal à faire. Merci pour cette bouffée d'air, tellement nécessaire. Pour moi qui étais jeune responsable fédéral et régional  jociste dans les année 70 et 80, c'est très appréciable. Merci Michel.
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M
Merci beaucoup pour ce témoignage qui me touche beaucoup venant d'un Jociste des années que tu dis...Mais comment le Jociste de cette époque vit il l'Eglise aujourd'hui ?CordialementMichel
P
Cher Michel,Quelque chose me chagrine aussi.Tu es prêtre de l'Eglise catholique, tu as rendu l'habit et fondé une famille. (Si j'ai bien compris)Et des années plus tard, tu créés un blog pour publier des réflexions de type pastoral à l'endroit desquelles tu invites au commentaire.Une chose est sure : ici tu n'es pas prêtre mais un simple blogueur qui témoigne de sa foi et expose ses pensées aux internautes. La prêtrise, les sermonts, tout cela c'est du passé. Tu joues désormais à "égalité" avec des interlocuteurs qui se manifestent librement.Dans ce contexte nouveau et très précis, je trouve que tu manques sérieusement d'écoute. Que les commentaires proposés te paraissent un tissu de banalités ou contraires à tes aspirations théologiques, tu y réponds toujours avec la célérité du pasteur qui sert son catéchisme ( et avec parfois un certain mépris). C'est vraiment dommage. Car ton blog n'est pas une paroisse catholique et aucune foi n'oblige à le consulter. S'il n'est pas un lieu de convivialité où l'on se donne le temps du partage, alors pourquoi y publier ?Mais enfin, et pour être complet la-dessus, j'ai surtout l'impression que tu as rompu avec le sacerdoce et que la déchirure est toujours douloureuse autant... qu'irréversible. Pour preuve, les difficultés que tu rencontres à vouloir reconstituer la trame de ta propre histoire avec l'Eglise : tu commences puis tu zappes, et ainsi de suite... Il y a un gros travail à faire de ce coté-là et, très sincèrement, je pense que tes affinités avec des groupuscules tels que Golias, les Unitariens où je ne sais quoi, ne te mèneront nulle part. Pour un chrétien, être catholique est un privilège qui ne se brade pas pour des médiocrités jalouses. Je suis sûr que tu le sais parfaitement et en connais aussi toutes les exigences. C'est donc ta foi qui est l'enjeu de tous ces débats alors laisse un peu la charité de coté ! Descends en "eaux profondes", jusqu'à l'apostasie si nécessaire, pour en remonter avec Dieu et sa charité qui t'habitera. Car, dans ton état d'isolement chrétien et spirituel, vouloir "construire la charité" restera une entreprise stérile - qui n'apparaît même pas sur ton blog où le sujet majeure demeure la FOI. Prends donc le temps de regarder les réalités en face, car il n'y a de réconciliation qu'au travers de celles-ci.Bien cordialement. Philippe
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M
Merci pour ton commentaire.Tu te fais critique de la façon d'échanger sur ce blog : bien sûr j'accepte tes questions.Les questions que tu poses sont des questions de fond : je me permets d'en faire un article avec les réponses que je ressens devoir faire.Je compte tout demême sur toi pour ne pas déraper dans une polémique stérile.CordialementMichel
P
Hum ! Ne fais-tu une confusion inappropriée entre "être catholique" et "faire du catholicisme" ?
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M
Pour moi, dans la Foi Catholique c'est dans le "faire" que se trouve et se façonne l'"être" : la religion catholique est d'abord une pratique : "la Charité"La Foi passera, l'espérance n'aura plus d'objet, la Charité restera comme "faire" et comme "être"...Je reconnais que bien des distinctions sont necessaires à la reflexion de notre esprit humain aux capacités de synhèse limitées, mais ces distinctions ne sont que des échaffaudages pour les constructeurs : la Vie partagée à laquelle nous participons ne peut se couper en rondelles (pardon pour l'expression)...Dieu reconnu dans ses oeuvres en lesquelles se révèle son Etre...
P
Article intéressant. Et qui me semble accompagner mes commentaires précédents.Quand j'écrivais la nécessité que "Rome retrourne dans Rome", j'indiquais par là la condition sine qua non d'une ouverture féconde aux communautés chrétiennes séparées et au monde.En somme, L'Eglise de Rome ne saurait rencontrer l'Eglise du Christ qui "subsiste" en elle qu'en revenant  (toujours) vers les siens, les fidèles romains, qui avec le Pape constituent son identité. C'est ainsi que l'histoire de l'Eglise catholique doit être comprise dans le sens d'une fidélité "traditionnelle" (fidélité qu'on ne saurait confondre avec le traditionnalisme et qui n'empêche nullement la charité oecuménique).L'emploi du verbe "subsister" est, me semble-t-il, une inovation lexicale du Concile Vatican II qu'on aura parfois par l'invocation d'un soi-disant "esprit du concile" corrompue. Ce qu'il faut entendre c'est que l'Eglise catholique est (ou demeure) l'Eglise du Christ pour notre temps - leçon avec laquelle un catholique ne peut être en désaccord.La morale de ce commentaire est qu'il faut se méfier des subtilités linguistiques. De la traduction "je suis qui je serai", d'aucuns ont même soutenu une identité évolutive de la nature divine (!) alors qu'il est impossible, à partir de ladite expression hébraïque, de se fixer sur une concordance des temps. Comme le rapelle Benoît XVI, en ce domaine, toute évolution n'est concevable que comme approfondissement (= descente en eaux profondes ?) de ce qui demeure permanent et  "subsiste" dans l'Eglise catholique.Bien cordialement. Philippe
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M
Certes on peut  se noyer en eaux plus profondes ou aller toujours plus loin vers les eaux du large !Quand à la concordance des temps en hébreu, pour l'ntégrer il convient d'oublier le peu de grec et de latin qu'on a pu étudier...Je pense que l'Eglise de Rome ne peut rencontrer l'Eglise du Christ qui "subsiste" en elle qu'en conduisant résolument et toujours tous les siens, y compris les fidèles Romains, sur les chemins de toute l'humanité, dans le monde entier : c'est sa vocation "catholique" !