Exil et Retour : deux psaumes
EXIL
| Psaume 137 [Carte] | Ce psaume est une lamentation des exilés pleine de lyrisme et d’images fortes. Malgré une rudesse qui peut surprendre, il s’agit d’un chef-d’œuvre poétique qui rappelle les tristesses du temps de la déportation à Babylone (587-539 avant J.-C.) et redit les sentiments qu’éprouvaient les exilés : sentiments d’attachement nostalgique à la ville sainte, Jérusalem, et sentiments de vengeance envers les persécuteurs arrogants. Quiconque a vécu une situation semblable comprendra la force des sentiments exprimés ! Le genre littéraire est, évidemment, une lamentation publique qui ressemble, par exemple, au Livre des Lamentations. Il y a toutefois un élément essentiel qui les distingue : dans le Ps 137, la prière est presque totalement absente ; il s’agit vraiment d’une élégie funèbre qui pleure la mort de Jérusalem et de la nation. Comme c’était naturel pour l’antiquité, les lamentations débouchent sur les imprécations. (H.Tremblay) | |
| 1. | Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion; | |
| 2. | aux peupliers d'alentour nous avions pendu nos harpes. | |
| 3. | Et c'est là qu'ils nous demandèrent, nos geôliers, des cantiques, nos ravisseurs, de la joie »Chantez-nous, disaient-ils, un cantique de Sion.» | |
| 4. | Comment chanterions-nous un cantique de Yahvé sur une terre étrangère? | |
| 5. | Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite se dessèche! | |
| 6. | Que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je ne mets Jérusalem au plus haut de ma joie! | |
| 7. | Souviens-toi, Yahvé, contre les fils d'Edom, du Jour de Jérusalem, quand ils disaient : «A bas! Rasez jusqu'aux assises!» | |
| 8. | Fille de Babel, qui dois périr, heureux qui te revaudra les maux que tu nous valus, | |
| 9. | heureux qui saisira et brisera tes petits contre le roc! |
RETOUR de DEPORTATION
Psaume 126 [Carte] | Dans ce psaume 126, nous trouvons, dans toute sa fraîcheur, l'expression de là joie d'Israël, à son retour de la captivité. L'auteur parle, dans la première strophe (versets 1/3), comme un homme qui a conservé le vivant souvenir de ses émotions d'autrefois. Dans la seconde, il pense à ses nombreux compatriotes encore dispersés et aux difficultés dans lesquelles se débat la poignée d'hommes réunis sur la terre de leurs ancêtres, mais il le fait dans la foi au triomphe à venir (versets 4/6). Ce psaume nous semble donc porter en lui-même sa date : sans être des premières années qui suivirent le retour de l'exil, il appartient pourtant encore à la génération qui revint de l'exil. |
| 1. | Cantique des montées. Quand Yahvé ramena les captifs de Sion, nous étions comme en rêve; |
| 2. | alors notre bouche s'emplit de rire et nos lèvres de chansons. Alors on disait chez les païens : Merveilles que fit pour eux Yahvé! |
| 3. | Merveilles que fit pour nous Yahvé, nous étions dans la joie. |
| 4. | Ramène, Yahvé, nos captifs comme torrents au Négeb! |
| 5. | Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant. |
| 6. | Il s'en va, il s'en va en pleurant, il porte la semence; il s'en vient, il s'en vient en chantant, il rapporte ses gerbes. |
Note Historique : le retour de l'Exil à Babylone
Cyrus II le Perse, conquiert la Babylonie, et permet le retour en Judée et la reconstruction du Temple, de nombreux hébreux restent à Babylone. Le retour est difficile, Jérusalem est ruinée, les Samaritains refusent la reconstruction du Temple. Zorobabel, petit-fils du roi Joachim est le gouverneur de Jérusalem. Vers - 516, le Temple, plus petit, est reconstruit. Au Vème siècle, Néhémie, haut fonctionnaire juif à la cour du Grand Roi, est autorisé à rentrer à Jérusalem pour relever les murailles. La Judée est une théocratie, dirigée par un Grand Prêtre, sous l'administration du gouverneur perse de la satrapie de Transeuphratène. A cette époque, une communauté de Judéens, est installée dans l'île d'Eléphantine en Egypte, comprenant des mercenaires. Les Hébreux subissent les occupations successives communes à la région : après les Perses, qui leur laissent une grande autonomie, Alexandre le Grand conquiert la région et leur manifeste beaucoup d'égards. Les Hébreux se soumettent sans difficulté, à l'inverse des Tyriens. A la mort du conquérant, c'est Séleucos 1er Nicator, le premier Séleucide, qui hérite de la Judée. Puis Ptolémée 1er Soter s'en empare et lui laisse une grande autonomie politique. Au IIème siècle, les Séleucides, en lutte contre l'Egypte et attentifs à la montée en puissance de Rome, ont décidé de conquérir la Palestine. En - 198, la victoire du Pannion par Antiochus III Megas, face à Ptolémée V, lui permet d'annexer la Judée. Soutenu militairement par certains juifs, Antiochus III autorise leur peuple "à vivre conformément aux lois de ses ancêtres" et les dispense de taxes. Appréciée par les Judéens, la culture grecque est adoptée par une partie d'entre eux. La Bible est traduite en grec, par 70 rabbins. Antiochus III, fonde des villes grecques en Palestine, mais vaincu par Rome à Magnésie en - 191, il perd de nombreux territoires, sa flotte et doit payer une forte indemnité de guerre. Il fait la paix avec ses ennemis Egyptiens. Son successeur Séleucos IV augmente les impôts et son trésorier tente de piller le Temple. Un parti pro égyptien se forme.
montrent bien comment la prière et la spiritualité d'Israël
font coeur avec son histoire :
"extraites"
de l'expérience humaine
qu'ils partagent
en tant que Peuple
et qui est le lieu de leur rencontre avec leur Dieu
