Mûrir dans la souffrance....
"Le petit grain,
mûri dans la souffrance,
a porté beaucoup de fruits...."
Ce soir, Samedi 22 Septembre, après avoir vu au journal télévisé le reportage sur l'ordination "Saint Pie V" à Bordeaux, je me suis laissé aller à écrire l'article précédent celui -ci : "Samedi Noir pour l'Eglise"(lien)
C'est ma conviction et aussi ma souffrance et celle de beaucoup d'autres ; cela n'etonnera aucun des lecteurs de ce blog...
Tout en écrivant cet article, je pensais à une personne qui m'est chère et qui est aussi à Bordeaux.
Dans un foyer, animé par "les soeurs franciscaines missionnaires de Marie" vit en effet une de mes tantes qui ces jours ci doit fêter ses cinquante années de Voeux perpetuels...
Issue d'un milieu très traditionnel elle a traversé toute la période des années du Concile et comme toutes les personnes, dont je suis aussi pour les mêmes raisons qu'elle, qui par leur naissance et leur environnement humain ont le sens des traditions, elle a certainement eu des moments difficiles.
J'étais encore gosse quand au rythme de son entrée progressive dans la vie religieuse, nous participions en famille aux cérémonies de prise d'habit, puis de voeux temporaires et de voeux perpetuels...
Nous n'avions le droit de passer quelques heures avec elle que si elle était accompagnée d'une autre soeur...en fait nous ne pouvions jamais être seuls avec elle...
Elle a toujours de l'humour et nous racontait malicieusement les petites contraintes du noviciat..comment on apprenait à marcher..comment on apprenait à ramasser de l'herbe etc...
Dans ces temps là les religieuses ne revenaient pratiquement jamais chez elles et cela ajoutait encore à la peine de son vieux Père de sa soeur et de sa famille mais son humour et le lien qu'elle cultivait avec tous faisait entrer chacun dans sa démarche religieuse..
Un jour, alors qu'elle était en séjour dans l'une des maisons de la Congrégation à Rome, elle m'invita à participer à une eucharistie : les soeurs très volontaires dans leur reflexion sur le Concile essyaient de trouver les voies d'une liturgie plus vivante et avaient imaginé la célébration d'une eucharistie au cours de leur repas habituel...
C'était le signe qu'elles restaient totalement disponibles et ouvertes pour une recherche dans l'Eglise..et qu'elles étaient capables de s'étonner elles-mêmes..
Elle a été toujours missionnaire que ce soit dans le cadre diocésain et paroissial spécialementdans la catéchèse, au cours plusieurs années au Viet Nam, dans l'exercice de responsabilités importantes dans sa congrégation, puis de responsabilités moins importantes mais pleinement vécues auprès des soeurs plus âgées ...
La vie des soeurs a beaucoup changé au cours de ces années et cela n'a pas du être de tout repos..
Certes, elles ont quitté leur habit traditonnel pour des vêtements plus sobres et plus "séculiers" ; plus important, les structures de leur communauté ont évolué vers plus de dialogue de reflexion et de participation aux décisions sans que cela ne facilite forcément la pratique du voeu d'obéissance...
L'âge venant, elle a aujourd'hui des responsabilités moins lourdes mais se donne autant à l'acceuil et l'écoute des jeunes filles que leur foyer reçoit, elle vient partager du temps avec sa soeur âgée et visite sa famille...
Cinquante ans de fidélité à une Vocation Missionnaire dont le concret des jours a tellement changé, tellement varié mais avec la conscience aigüe que la vie donnée est donnée à celui qui "vient" qui "vient encore" pour que le monde croie..
Combien de Religieuses Franciscaines missionnaires de Marie et de tant d'autres congrégations, combien de Prêtres et de Religieux, de militants et militantes chrétiens ont traversé ces années difficiles sans que la force du don fait d'eux mêmes ne faiblisse....bien au contraire..
D'autres sont restés sur la route, blessés ou meurtris, ce qui ne veut pas dire que dans la souffrance de leur coeur ils n'aient pas trouvé d'autres énergies pour d'autres façons de se donner...
Il est plus regrettable encore que certains se soient aigris et peut être quelque peu enfermés..
Finalement, de ce Samedi que j'ai appelé noir, retenons la force de cette Eglise qui traverse toutes les crises et ne cesse de renaître même de façon inattendue quand elle s'ouvre à l'Esprit de Jésus Réssuscité...
Bravo et merci pour ces cinquante ans...et la Vie qui nous tourne toujours vers demain !
VOIR : Franciscaines missionnaires de Marie dans le monde (lien)
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dans la catéchèse, au cours plusieurs années au Viet Nam, dans l'exercice de responsabilités importantes dans sa congrégation, puis de responsabilités moins importantes mais pleinement vécues auprès des soeurs plus âgées ...