Encore du chemin pour Vatican II ?

Publié le par MICHEL



Ce Blog a proposé des textes et reflexions parfois un peu tranchantes sur "l'Intégrisme" surtout à partir des expressions qui sont nées de la discussion des textes concernant la Liturgie.

Plus profondément que ces circonstances qui sont largement accompagnées de toutes sortes de crispations, il convient  de noter des tendances qui viennent de plus loin et voudraient peut être aller plus loin encore et qui montrent davantage les vraies clivages à surmonter...
 

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On a pu lire ici ou trouver les références de déclarations ou reflexions des cardinaux Martini, Ricard et de ce cardinal "mystérieux" qui pourrait être le Cardinal Silvestrini.

Ci dessous voici quelques notes à propos d'un livre récent du Cardinal Biffi ancien archevêque de Bologne que l'on trouvera plus détaillées en ouvrant le lien suivant : Un cardinal qui intervient à temps et à contre temps
 

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Dans la préface, le cardinal Biffi reprend ces mots de saint Ambroise, grand évêque de Milan au IVe siècle, son "père et maître" bien aimé:

"Pour un évêque, il n’y a rien de plus risqué devant Dieu et de plus honteux devant les hommes que de ne pas proclamer librement sa propre pensée".

le cardinal Biffi explique clairement que l’époque glorieuse des grands évêques de Milan du XXe siècle – véritables héritiers de saint Ambroise et de saint Charles Borromée – s’est bel et bien achevée avec le prédécesseur du cardinal Martini, le cardinal Giovanni Colombo.

Un autre silence – celui qui entoure le cardinal Dionigi Tettamanzi, successeur du cardinal Martini – laisse deviner que l’ère des grands pasteurs "ambroisiens" et "borroméens" ne reprendra pas non plus avec l’actuel évêque de Milan.
 

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Et d’expliquer pourquoi: selon lui, un évêque est grand lorsqu’il gouverne l’Eglise par la chaleur et la certitude de la foi, par des initiatives et des œuvres concrètes, par la capacité de répondre aux attentes de l’époque non par des concessions et du conformisme mais en puisant dans le patrimoine inaliénable de la vérité.

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La lecture des mémoires du cardinal Biffi est incontournable pour qui veut étudier l’évolution actuelle de l’Eglise.
Elle en donne une vision qui fait autorité et reste loin des idées reçues.
Mais c’est aussi une lecture captivante et l’on est saisi dès les premières pages par une écriture brillante, toujours sobre et allant à l’essentiel.


Très sceptique sur bien des attitudes de Jean XXIII jugées comme trop instinctives : la distinction entre l'erreur et celui qui se trompe, la prééminence de ce qui nous réunit sur ce qui nous divise en matière d'oecuménisme..
Il souline l'ambiguité voir la légèreté des expressions "aggiornamento" ou "pastoralité" deux mots "Roncalliens" qui ont coloré toute l'approche du Concile..
On lira aussi le regret du Cardinal que le Concile n'ait pas condamné fermement le communisme et quelques reproches adressés aussi à Jean-Paul II à propos de la "repentance" risque de scandale pour les petits..
Devant les cardinaux rassemblés à quelques heures du Conclave qui élira Benoît XVI, le Cardinal Biffi affirme avec force ses convictions :
"Je voudrais dire au futur pape de faire attention à tous les problèmes. Mais avant cela, et plus encore, de se rendre compte de l’état de confusion, de désorientation, d’égarement qui afflige actuellement le peuple de Dieu, et surtout les "petits".
A propos de la déclaration "Dominus Jesus" :
"Jamais, en 2000 ans – depuis le discours de Pierre après la Pentecôte – on n’avait ressenti la nécessité de rappeler cette vérité: Jésus est l’unique et indispensable Sauveur de tous. Cette vérité est, pour ainsi dire, le degré minimum de la foi. C’est la certitude primordiale, c’est pour les croyants la donnée la plus simple et la plus essentielle. Jamais, en 2000 ans, elle n’a été remise en doute, pas même pendant la crise de l’arianisne ni à l’occasion du déraillement de la Réforme protestante. Qu’il ait fallu rappeler cette vérité à notre époque montre à quel point la situation est grave aujourd’hui."

Si le cardinal Biffi ne semble pas apprécier les derniers Archevêques de Milan, il est également bien sceptique à propos de Giuseppe Dossetti qui a le plus influencé les orientations de l’élite intellectuelle de l’Eglise italienne dans la seconde moitié du XXe siècle : à l’origine de l’"école de Bologne" il interprète le Concile comme une rupture avec le passé et un nouveau départ

A son propos, il écrit qu'il  a eu jusqu’à la fin "une obsession très forte et permanente pour la politique, qui perturbait sa vision d’ensemble". En outre, il lui reproche "des bases théologiques insuffisantes".

Pour le cardinal Biffi, en revanche, le leader spirituel italien qui a perçu le plus clairement laBarsotti.jpg mission et les dangers de l’Eglise dans le monde actuel est le père Divo Barsotti, évoqué plusieurs fois dans le livre avec admiration.

"La vérité est le destin pour lequel nous sommes faits".

C’est justement sur le primat de la vérité que le père Barsotti a fondé toute sa vie et son enseignement, en parfaite harmonie avec les lignes directrices de l’actuel pontificat. Une raison supplémentaire pour redécouvrir son héritage et le mettre en valeur.

 

C’était un autodidacte, qui n’avait jamais obtenu de diplôme en théologie. Il a beaucoup écrit: 160 livres et d’innombrables articles et textes divers, mais il n’a pas achevé une œuvre systématique. Pourtant, sa production écrite et orale témoigne d’une profondeur, d’une cohérence, d’une prévoyance, d’un sens aigu de la critique, d’une liberté d’esprit qui se révèlent aujourd’hui absolument hors du commun.

 

"l’Eglise a un pouvoir coercitif parce que Dieu le lui a confié et elle doit donc l’utiliser. En effet, pendant ces années (les années post conciliaires), l’anarchie se répandait au sein de l’Eglise et l’on se moquait du pape dans les Eglises d’Europe du Nord".

 

Par "pouvoir coercitif", Barsotti entend l’affirmation de la vérité et la condamnation de l’erreur. Exactement ce que le Concile Vatican II et, après le Concile, une grande partie de la hiérarchie catholique avaient renoncé à faire, comme il l’a dit et expliqué à plusieurs reprises: une renonciation "qui en clair niait l’essence même de l’Eglise".

 

Dans deux lettres, le père Barsotti a écrit à Jean-Paul II que son magistère de pape était "plus important ou au moins aussi important que le magistère du dernier Concile". Ce dernier ayant "seulement introduit des virgules dans le discours ininterrompu de la tradition", il ne comprenait pas "pourquoi l’on cite presque exclusivement ce dernier Concile".

 

Divo Barsotti et Benoît XVI ont en commun leur manière de lire les Ecritures Saintes et de s’imprégner de leur sens profond. Non pas en s’appuyant seulement sur l’histoire ou la philologie mais à la lumière de leur Auteur premier, l’Esprit Saint, reconnaissable dans la tradition de l’Eglise.

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Chez les deux hommes, on trouve cette conscience que l’Eglise vit sur la base de la vérité et que c’est seulement de la "veritas" que jaillit la "caritas", comme l’Esprit Saint procède "ex Patre Filioque": du Père et du Fils qui est le Logos, le Verbe de Dieu.

 
"Je vois le progrès de l’Eglise à partir d’ici, du retour de la sainte Vérité comme fondement de chaque acte. La paix promise par le Christ, la liberté, l’amour sont pour chaque homme l’objectif à atteindre, mais il faut l’atteindre uniquement après avoir construit le fondement de la vérité et les colonnes de la foi".

Voir également : - Divo Barsotti : un prophète pour l'Eglise d'aujourd'hui
                         - Divo Barsotti : Dieu est Dieu
                    

Certaines des affirmations et suggestions ci-dessus ne peuvent certainement pas rester sans commentaires : ne sont elles pas bien représentatives des questions et troubles de la période ?

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Publié dans Vie de l'Eglise

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