Rencontre avec l'humour : Michel Iturria

Publié le par MICHEL

Rencontre avec Michel Iturria ; voir Texte Intégral


iturria2.jpgCe qui m'intéresse dans le dessin, c'est de faire passer des choses régionales. L'endroit où l'on dessine n'est pas indifférent.
En Aquitaine, politiquement on a toujours été girondin opposé au jacobinisme parisien, et moi comme Basque, ayant épousé une Corse, pour aggraver mon cas, ces idées "girondines", j'aime bien les faire passer dans le dessin.

 

Comme vous le remarquez je ne suis pas encore très sensibilisé au monde Internet , j'éprouve une jouissance certaine à faire crisser des plumes sur le papier et je me dis qu'un jour il faudra bien en passer par là...
C'est vrai que depuis 1994, j'ai bien appris à me servir d'un ordinateur pour mettre les dessins en couleur. Je reconnais que je vais tous les jours sur le Net voir les dessins de types pour qui j'ai une grande admiration, des dessinateurs espagnols ou anglais, mais je dois dire aussi pour être honnête que je vois aussi quantité de choses "merdiques" qui me laissent un peu dubitatif.

 

Je suis un peu inquiet du sort du dessin dans la presse. J'ai parfois l'impression que les dessinateurs politiques sont une espèce en voie de disparition. Quantité de journaux s'en passent. Qui arrive dans les nouvelles générations? J'aime beaucoup un garçon comme Tignous, mais c'est plus du tout un jeune homme. Dans les tout nouveaux, beaucoup de jeunes gens se tournent vers la BD ou la vidéo.

Il faut dire que quand j'étais gamin, Sud Ouest, le dimanche, publiait deux grandes pages de dessins. Il y avait tout une école du dessin d'humour français avec les Chaval, Sempé (ces deux étaient Bordelais). Peu à peu les journaux ont demandé aux dessinateurs d'humour de faire de l'humour appliqué, c'est-à-dire de commenter l'actualité, de devenir journalistes.

Les gens de ma génération, Plantu, Cabu, qui est un peu plus âgé, ont fait ça avec bonheur parce que nous sommes une génération très politisée. Aujourd'hui à part Jul, Riss, de Charlie Hebdo, je ne vois pas beaucoup de jeunes aller vers ce métier.

Peut-être que le futur sera le Net.

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J'entendais l'autre jour un monsieur qui s'occupait d'art conceptuel sur France Culture. On lui demandait ce que c'était que l'art, il a répondu que c'était ce que produisait un artiste. On lui a demandé ce qu'était un artiste , il a répondu que c'était quelqu'un qui produisait de l'art. Mon boulot c'est la contemplation des différentes incongruités, stupidités, billevesées de la vie et l'expression artistique qui en découle. Les dessinateurs -déjà en France on ne sait pas comment les appeler- on ne sait pas si ce sont des caricaturistes, des dessinateurs d'humour, satiriques, il n'y a pas de mot.

Les Anglos-Saxons sont beaucoup plus pragmatiques, que vous fassiez de la BD, du dessin animé ou du dessin politique, ils vont vous appeler cartoonist. J'aime bien, je me ressens assez comme un cartoonist. En fait je crois que je suis un journaliste qui dessine.

Avec l'humilité du journaliste vis-à-vis de la chose artistique.

Quant à la recherche de l'idée, c'est un travail curieux qui se fait à partir de feuilles blanches, de propositions qu'il faut faire s'entrechoquer, d'un travail de mémorisation, et l'idéal étant d'arriver à se surprendre soi-même. C'est ça le plus long dans mon boulot. Le dessin lui-même c'est du dessert. Quand je dessine, c'est un vrai plaisir, encore que je regarde toujours la montre.

.... Dans ces années 70-80 je menais de front dessin humoristique et cette BD hebdomadaire;itu-bonaparte-copie-1.jpg C'était assez lourd. Aujourd'hui ce ne serait plus possible. Depuis la chute du mur de Berlin un foisonnement d'actualité se déverse sur le pauvre dessinateur et sur tout le reste du monde d'ailleurs. C'est impressionnant. J'imagine que dans les rédactions le nombre de dépêches a dû être multiplié par dix. Le dessinateur par contre est généralement chez lui et ses moyens d'information sont ceux du citoyen de base. De nos jours ça c'est décuplé.

Entre les multiples chaînes de télé et Internet, effectivement je crois que l'essentiel de mon information vient d'Internet. Ceci étant dit, les dessinateurs ont besoin d'une banque de données iconographique large parce que avant-hier je dessinais un bateau de pêche, il faut que je dessine la grotte de Lourdes, Internet permet de trouver des choses intéressantes. J'ai moi-même un système d'archives que m'avait conseillé de constituer un vieux dessinateur de BD quand j'étais gamin qui consistait de ne jamais jeter un magazine sans y avoir découpé des photos. L'autre jour un copain est venu me voir pour une photo d'un pou.

J'ai été ravi de passer un moment à répondre à ces questions, mais je me livre de temps en temps à des séances de dédicaces et j'aime bien le contact avec le lecteur. Pour les journalistes, le lecteur est un personnage mythique et dans ces séances de dédicaces j'en affronte des quantités avec parfois des rencontres très amusantes, touchantes. Ils m'amènent un vieux dessin qui les a fait rire et ils me demandent de le dédicacer. Je suis souvent surpris de voir que tel dessin avait pu toucher quelqu'un. Moi je les oublie parce que j'en ai fait bientôt 12 000. Peut-être que j'arriverai à en faire encore quelques milliers...

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Quand on veut communiquer, a t-on une véritable raison de le faire ?
A t-on quelque chose de réellement bon à transmettre ?
Je pense que la vraie question à se poser est : faut-il évangéliser ?
Et si nous sommes capable d'y répondre en toute sincérité
– je veux dire en ayant sondé les profondeur de notre âme
sans être influencé par un quelconque prédicateur –
Alors il nous sera impossible de garder pour nous ce que nous avons découvert !
Alors nous aurons la plus belle énergie qui soit
et notre communication (évangélisation) déplacera des montagnes.
 Pour bien communiquer, il faut d'abord être congruent, aligné,
c'est-à-dire que notre corps, notre esprit, notre cœur et notre âme
soient tous dans le même sens, des récepteurs de l'amour.
Adaptons la communication à la dynamique actuelle,
et pourquoi pas même, soyons d'avant garde !


Rions de nous mêmes
au lieu de prendre la mouche dès que quelqu'un le fait.
Je pense que tout le monde a à y gagner.

 

                                                    Christophe Delvalle
                                                    www.delvalle.fr

 

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