L'Eglise entre Peur et Espoir !

Publié le par MICHEL



"Et si Jésus revenait ?...

Le rêve de Jérusalem

  page 42
Carlo Maria MARTINI

S'il se mettait, comme autrefois, à enthousiasmer des jeunes et â en faire des apôtres, traiterait-il l'actuelle Église catholique de la même façon que, jadis, les pharisiens ?

Oui. Jésus a aimé les pharisiens. Ils étaient ses partenaires, ses collègues.
Avec eux, il s'est confronté et querellé. Je crois que, s'il revenait, il le ferait encore davantage. Il combattrait tous les responsables de l'Église, et il leur rappellerait que leur tâche concerne le monde entier. Il leur demanderait de ne pas observer leur nombril et de regarder par-delà les limites de leur propre institution. Jésus encouragerait bien entendu ceux qui le suivent, et cela en heurterait certainement plus d'un. Plutôt que de se borner à réprimander les responsables, il leur montrerait à quel point il faut encore travailler durement. Il insufflerait beaucoup de courage, car beaucoup de choses se font aujourd'hui par peur.

 




Humeur, humour et Compagnie

A propos d’une expression « N’ayez pas peur » Par Gilbert Adler


« N’ayez pas peur », cette expression rebondit de bouche papale en bouche papale  comme une balle de tennis. Après Jean- Paul II, Benoît XVI  maintenant et à plusieurs reprises dans les discours du récent voyage papal. L’auditeur, un moment absent de la ferveur émotionnelle  et légitime qui accompagne normalement ce type de rassemblement,  reste perplexe. Dans les diocèses, il arrive que cette expression vole de bouche épiscopale en bouche épiscopale parfois à court de réflexion critique.

Mais peur de quoi ?
Peur de qui ?
A qui s’adresse-t-elle 
?  
Qui est visé ? 


On peut normalement penser que cette expression est destinée au monde catholique en priorité et à ceux aux oreilles de qui elle parvient.  Si l’on veut que cette expression devienne autre chose qu’un slogan ou une incantation magique, il conviendrait de lui donner un contenu.

De quoi donc peut-on avoir peur, outre les peurs inhérentes au fait d’être homme ou femme (la maladie, la mort, le gangster au coin du bois ou de la rue le soir, le chômage…)?

Peur du monde contemporain ?
Il est vrai qu’il est bien souvent illisible. Pour la première fois de son histoire notre monde a le pouvoir de s’autodétruire   (atome, biotechnologies et autres joyeusetés concoctées par les savants de toute discipline) ?

Peur des financiers
qui sur un coup de téléphone portable mettent la planète de l’argent à l’envers et entraînent chômage, retour à l’esclavage pour des enfants, des hommes et des femmes à travers le monde, élimination des plus faibles, argent fou et son cortège de catastrophes ?

Peur de ces fléaux que le pape stigmatise, à savoir subjectivisme, sécularisme, relativisme ?
Ce dernier terme, semble-t-il, n’a pas été repris à Paris. Pourquoi ne pas utiliser un langage descriptif et factuel comme la sécularisation, la subjectivité. Pourquoi ces « ismes » qui transforment ces réalités, difficiles certes pour l’Eglise, en philosophie totalisante, qui appelle leur condamnation ?  N’est-ce pas là une opération subjective ? Réjouissons-nous au contraire de ces subjectivités multiples qui tissent l’humanité dans des différences qui suscitent rapprochements et/ou éloignements. L’Eglise et le Pape seraient-il au dessus de cette mêlée où chacun et chacune tente de tracer la route de son humanisation ?
Faut-il  avoir peur dans ce que cette subjectivité personnelle recèle d’obscurité ou se mettre à la gérer ?

Les hommes et les femmes ont-ils peur ? 
Quelle que soit leur religion ou leur non religion, leur ethnie ou leur culture, on les voit s’engager dans des associations diverses  pour tenter d’apporter leur modeste contribution à une amélioration de situations déplorables. Apparemment, ils n’ont pas peur puisqu’ils font et démontrent par leur action même qu’un autre monde est possible. En-a-t-on beaucoup parler lors du voyage papal et pourtant ils méritent un grand coup de chapeau papal ?


Et si la peur dont il est question visait les décisions romaines passées et à venir qui comme la langue de bois le dit bien, sont faites pour le bien de l’Eglise universelle, en fait surtout romaine ? 
Et si avec un brin de psychanalyse sauvage ce « n’ayez pas peur » était le reflet d’une subjectivité papale qui se manifeste dans les décisions concernant la liturgie, ou peut-être encore si cette expression reflétait un désir de protection à l’égard des catholiques à l’instar d’un chef d’état qui entourerait les victimes d’une bulle compassionnelle à défaut de justice.

En tout cas, en tant que disciple de l’homme de Nazareth que je tente de devenir, je commence à avoir peur de ne pas comprendre l’exhortation papale.
Peut-être, mais alors ce serait un scoop, si ce « n’ayez pas peur » était la manifestation d’un inconscient institutionnel où se mêlent le ça, le moi et le surmoi dans un pédalage dans la choucroute ?

En terminant ces lignes, m’est revenue la fameuse exclamation du commissaire Bourrel qui clôturait ses enquêtes policières « Mais, Bon Dieu, mais c’est bien sûr » :


Vivons et Aimons à l’image du Père de Jésus,
Père de toute tendresse

 


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Publié dans Vie de l'Eglise

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P
Bonjour Michel !Je commence à me demander ce que serait le christianisme de ce blog sans l'intégrisme et le pape comme têtes de turc. Personnellement, j'ai tendance à enfermer les religions dans un débat intellectuel (philosophique) mais je le reconnais. Quand ma réflexion est en cours, je ne lance pas des appels à la mission, à la charité universelle, à ce genre de choses...Mais ici, le mélange des genres est constamment cultivé. Tant et si bien que les appels à la mission (et les conseilleurs ne sont pas les payeurs) se confondent avec une sorte de fronde contre l'Eglise. Bref, la mission n'y est que le paravent à un règlement de compte catholico-catholique. Tu nous avais promis un exposé interactif des déclarations conciliaires, où est-il ? Nous voilà revenus aux polémiques habituelles sur Vatican II/Benoit XVI, quand elles ne sont pas d'un degré encore plus bas : j'ai excommunié Benoit XVI...Quitte à ne pas publier tous les jours quelque chose, je crois que tu devrais prendre le temps d'approfondir certains sujets, à commencer par Vatican II puisqu'il te fascine tant ! C'est aussi prendre le risque de confronter ta foi chrétienne aux "donnés de la foi" qui sont dans les Ecritures et les dogmes de l'Eglise. A mon avis, le "n'ayez pas peur" c'est aussi cela : c'est l'engagement dans la foi qui purifie de toutes les superstitions qui la corrompent ou l'entravent.Ainsi, une lecture attentive de Vatican II peut très bien faire peur à ceux qui ont en tiré des conclusions hâtives ; et une lecture tout aussi attentive des Ecritures aussi.Comme je l'ai dit plusieurs fois, il ne faut pas avoir peur de cette rencontre qui peut, à certains moments, nous faire frôler l'apostasie. N'oublions pas qu'à l'heure du supplice de Jésus, tous les apôtres sans exception* avaient déserté le lieu de l'horreur. Et ce n'est pas par la fuite en avant que nous éviterons cette heure-là. Bien au contraire, elle en aggrave les conséquences pour nous-mêmes.C'est d'ailleurs cet aveuglement systématique qui tue le christianisme à petit feu : les chrétiens deviennent semblables aux gens sans religion, mais avec une croyance qui leur permet parfois d'être humanistes, généreux, solidaires... là où d'autres le sont volontiers sans religion aucune. En effet, et à titre d'exemple, il n'y a pas besoin d'être chrétien pour "accueillir l'étranger", il suffit d'être un homme de gauche ou d'éviter le nationalisme.Entre cet écueil et celui de l'intégrisme, l'Eglise doit tenir le cap. Barrer à gauche ou à droite, selon les situations, et de façon judicieuse. Il faut faire un peu confiance au capitaine et ne pas lui hurler dessus à tout moment.A bon entendeur...* je dis bien "tous les apôtres" tant il apparaît de façon évidente que le "disciple que Jésus aimait" n'est autre que Lazare que les Ecriture ne retiennent pas au rang des apôtres. Par suite, l'identification de ce disciple à Jean l'apôtre-évangéliste justifie la distinction Ecriture/Tradition que tu as rappelée dans un article récent. Mais cette distinction suggère en même temps une certaine fiction dans la tradition, un syncrétisme. Ce type de problème est bien plus sérieux que tout le reste car il concentre à lui seul, depuis la diffusion massive des Ecritures et les études exégétiques, toutes les difficultés que l'Eglise a à connaître : anticléricalismes et intégrismes catholiques, entre lesquels on prend acte de l'hémorragie des vocations.Il est évident que ton blog se fait l'écho d'un anticléricalisme de type "goliesque" (critique systématique de la hiérarchie par instrumentalisation du Concile et de quelques prélats), et s'y enferme de plus en plus. Ce n'est pas comme ça que la foi chrétienne progressera, tu as même une lectrice qui en retient que, en définitive, la Nature vaut bien mieux que le christianisme comme religion... C'est tout dire !
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M
<br /> J'ai bien lu ce commentaire particulièrement dense..<br /> donc, comme d'autres fois j'en ai fait un article<br /> que tu trouveras sous le titre "La Mission, un paravent<br /> cache-misère"<br /> Cordialement<br /> Michel<br /> <br /> <br />