Eucharistie (2)

Publié le par MICHEL

J'ai écrit cette phrase sans doute un peu forte et à ceux qui ont pu en être choqués, je demande sincèrement de bien vouloir m'excuser..

"Les Évêques semblent avoir été mis devant le fait accompli : partout on vend de l' »Eucharistie » et en l'assaisonnant d'un peu de latin et de Grégorien, on espère qu'elle attirera de nouveau le bon peuple chrétien dans les assemblées dominicales... Oui, Pourquoi pas !! ?"

Mais essayons d'aller un peu plus loin...
L'Eucharistie est sans nul doute le coeur des sacrements de l'Eglise et peut être le problème que pose la désaffection de la pratique religieuse de nos contemporains concerne t il tous les sacrements !
Le remède est il de faire du matracage médiatique, de provoquer des rassemblements où les gens ne se retrouvent que sur un dénominateur commun souvent inventé de l'extérieur...?

Le Père de Foucauld s'exprimait ainsi à propos de la Mission de Jésus : trente ans de Partage et d'Ecoute, trois ans de Parole, trois jours de Sacrement !
Oui, car la matière des sacrements de l'Eglise s'extrait de la vie, de l'existence personnelle et collective, du fruit du travail, des responsabilités partagées dans la cité et cette "extraction", cette prise de conscience qui prépare la rencontre avec la grâce de Dieu dans le sacrement demande du temps, de la patience, de l'écoute de la Foi...
Comprendre et accompagner les moments les actes ou les lieux où les hommes et les femmes de notre temps se retrouvent pour partager, construire, être responsable les uns des autres, s'accepter mutuellement, se pardonner, n'est ce pas "mettre à jour" la matière, le pain, le pardon, la capacité d'être responsable qui deviendront par la "Consécration" Eucharistie, Pénitence, Confirmation...
Pour l'Eglise, remplir cette mission, n'est ce pas d'être humble, d'écouter, de saisir dans la vie la dynamique qui venant du coeur de la Création (tout a été créé en lui, par lui et pour lui !), conduit au Christ en passant par sa "Sagesse", sa "Parole" et jusqu'à son Sacrifice...
Pour que les Sacrements signifient et opèrent la grâce de Dieu, il faut assurément qu'ils soient le plus lourds possible d'humanité !
A n'en pas douter, si la responsabilité de l'Eglise était ainsi davantage présentée et vécue, elle susciterait des vocations, des vocations de vrais "ministres,serviteurs" probablement consacrés "à plein temps et à plein coeur...

Un jour de doute, alors que j'étais écrasé par le travail de suivi de nombreuses équipes, par des responsabilités dans la catéchèse.et autres activités, je me souviens être allé passer une soirée devant la grotte de Lourdes me demandant : tout cela est il si nécessaire ? Comment apprécier ce qui est l'essentiel ?
Dans la société moderne, on appelle cela une évaluation...
Et ayant emporté l'encyclique de Paul VI recemment parue "Evangélii nuntiandi" la lumière a jailli quand j'ai lu sous la plume du Pape : "Comment juger discerner qu'une oeuvre, une action, une méthode sont réellement au service de la Mission ? C'est lorsque elles suscitent l'esprit et l'engagement missionnaire chez ceux qui en sont les bénéficiaires.." (tout ceci en substance et de mémoire)
A contrario, s'il y a pénurie de vocations missionnaires pour l'Evangélisation, c'est peut être que la responsabilité de la Mission et de l'Evangélisation qui sont rien moins que "constitutives" de l'Eglise, sa raison d'être, est tout simplement mal positionnée...

Est ce que l'Eglise n'a pas besoin de réfléchir d'abord aux exigences de la Mission, n'est ce pas pour Evangéliser qu'elle doit se mettre en ordre de bataille ?
Bien calée dans cette perspective, elle trouvera la lumière, elle saura comment  trouver, former encadrer et soutenir les hommes et les femmes qui seront plus acteurs qu'ils soient laïcs missionnaires au titre de leur Baptême et de leur Confirmation, qu'ils soient investis de ministères ordonnés et le cas échéant "consacrés"...

Voilà pourquoi je me suis  permis d'écrire un peu durement...car je crains que l'Eglise se renferme sur la simple répétition d'une doctrine qui risque la fossilisation si elle n'est pas nourrie de "tradition vivante", qu'elle appelle à des rassemblements factices où l'on joue sur le besoin de tout un chacun et notamment des jeunes de faire la fête, quelle que soit la musique choisie...qu'elle s'appuie sur des "communautés" où trop souvent on se contente de passer de l'"Ego" individuel à l"Ego" communautaire...ce qui n'avance à pas grand chose sinon à s'enfermer dans l'illusion..pour les uns, à vivre et faire grandir un pouvoir d'imposture pour d'autres...

Suggestions de lectures : Vatican II
Lumen Gentium : Constitution sur l'Eglise
Gaudium et
Spes  : Constitution pastorale pour le monde de ce temps
Ad Gentes : Décret sur la responsabilité missionnaire de l'Eglise.





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