CONVICTIONS : Pédagogie de Dieu ?
Une pédagogie de Dieu ?
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L'ambiance de mes jeunes années, la mentalité ambiante et mon éducation m'avaient rendu sensible aux valeurs de « stabilité » de « solidité » : le droit en fonction duquel il y a des actes légit
imes et d'autres qui ne le sont pas, la morale qui discerne entre le « permis et le défendu »: tout ceci en référence à des principes solides hérités d'une tradition ancienne, du dogme catholique et de l'omniprésence d'un clergé qui « régit » la vie personnelle et la vie sociale..
Évidemment dans cette perspective, il y a les bons et les méchants, les mauvais et les purs : tout est intégré dans des binômes.
Les termes du binômes peuvent s'inverser : si le méchant fait allégeance, reconnaît ses erreurs, il lui est pardonné et il revient dans le sérail des bons.
Ce jour-là, nous sommes quelques 80 séminariste
s dans la salle de cours du Père Maurice qui nous fait travailler sur le livre de « l'exode » et nous en sommes arrivés à l'examen de la « loi du talion » : « oeil pour oeil, dent pour dent » !
Nos jeunes sensibilités sont effarouchées qu'une loi aussi dure puisse venir de Dieu et le bon Père Maurice en rajoute tant qu'il peut par des exemples concrets qui génèrent dans la salle de cours un brouhaha de réprobation unanime et lorsqu'il sent que le tumulte va couvrir sa voix...il monte d'un cran et proclame : « Oui, Mais c'est déjà une sérieuse limitation des dégâts »...et de développer l'idée que la loi du talion est révolutionnaire dans un monde où les coutumes donnent droit à celui qui subit un préjudice de se venger 7 fois !
Il développe qu'entre ces coutumes-là et l'Evangile , la loi du talion est comme une « étape pédagogique » qui un jour lors de la pleine révélation de l'Amour deviendra inutile : « on vous a dit : oeil pour oeil, dent pour dent, moi je vous dis : Aimez vous les uns les autres.. »
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Dieu accepte donc que sur le chemin qui le conduit à la perfection de l'Amour, l'homme puisse passer par des étapes...
La qualification morale des actes peut elle ne résulter que de la confrontation dans l'instant avec une norme établie par une autorité normative ?
Faut il introduire l'idée que cette qualification est toujours à réinventer en fonction des cas (morale de situation) ?
Et si le sens de nos actes était à apprécier en fonction du fait qu'ils nous rapprochent ou pas de l'ideal de perfection vers lequel nous marchons (morale de l' « accomplissement »?)
Ce jour qui m'a profondément marqué me rend plus familières et porteuses de sens des expressions comme « pédagogie », « évolution », « histoire » « développement » même quand elles s'appliquent à la foi, la morale, au dogme..qui jusque là pour moi ne pouvaient se fonder que sur des solidités établies fermement et de façon irrévocable et universelle...
Ce constat fait il basculer vers le « relativisme » ou permet il de découvrir Dieu comme « pédagogue » ?
Mais si Dieu est « pédagogue », comment l'est il ?
A travers quels gestes, quelles attitudes fait il l' « éducation » de son peuple ?
A quoi et comment les hommes sont ils « éduqués » par Dieu ?
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imes et d'autres qui ne le sont pas, la morale qui discerne entre le « permis et le défendu »: tout ceci en référence à des principes solides hérités d'une tradition ancienne, du dogme catholique et de l'omniprésence d'un clergé qui « régit » la vie personnelle et la vie sociale..
s dans la salle de cours du Père Maurice qui nous fait travailler sur le livre de « l'exode » et nous en sommes arrivés à l'examen de la « loi du talion » : « oeil pour oeil, dent pour dent » !