"Seul, vous n'êtes rien"...Petit précis Rugbistique...

Publié le par MICHEL

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Le Rugby expliqué ...aux filles.... ( et aux autres ? )

(Repris du « Figaro Madame » Gaelle Rolin le 8.10.2007)

Samedi soir, comme des millions de téléspectateurs, vous avez ardemment acclamé les bleus… Sans très bien comprendre pourquoi ni comment la France s’est qualifiée en demi-finale. Pas de panique ! Avec l’aide précieuse d’Estelle Sartini, la capitaine de l’équipe de France de rugby féminin, nous avons percé pour vous les secrets de l’ovalie.

coupe-monde-rugby-coupe-162x250-copie-4.jpgAvant toute chose, ne vous découragez pas devant votre télé au bout d’un quart d’heure de jeu, en conspuant tout ce qui est ovale. Rappelez vous plutôt cette phrase d’Estelle Sartini : « Au rugby, ne cherchez pas à tout comprendre tout de suite. Les règles de base suffisent pour prendre du plaisir en suivant les différents rebondissements d’une phase de jeu. » Ouf !

Quinze joueurs par équipe, deux mi-temps de quarante minutes. Le but, c’est de marquer le maximum de points. Pour cela, les joueurs disposent de l’essai, de la pénalité et du drop. Jusqu’ici, tout va bien. Attention, ça se complique vite. L’essence du jeu réside dans un paradoxe : les joueurs doivent avancer vers l’en-but, là où ils doivent aller poser le ballon, tout en se faisant des passes vers l’arrière. Ils doivent donc avoir la ligne d’en-but face à eux, mais passer le ballon à leur coéquipiers à l’arrière. Sinon, ça s’appelle un en-avant et c’est sanctionné par une mêlée. .

En ce qui concerne la composition de l’équipe, on trouve, aux postes 1 à 8, les avants. Les postes 9 et 10 sont respectivement demi de mêlée et demi d’ouverture. Ils ouvrent et orientent le jeu. Les 12 et 13 sont les centres, les 11 et 14, les ailiers, et le 15 assure l’arrière. Le reste, on vous l’explique après.

Les mots du rugby

Au football, vous avez mis un peu de temps à comprendre le pourquoi-comment des corners, penaltys et autres hors-jeu. Comme au rugby, c’est un peu plus compliqué, Estelle Sartini vous a mâché le travail.

En-but : c’est la partie du terrain qui se trouve derrière la ligne de but adverse.

Essai : le joueur réussit l’essai lorsqu’il pose le ballon derrière la ligne d’en-but adverse. Pour que l’essai soit retenu, il doit l’aplatir au sol. Un essai rapporte 5 points.

Transformation : dès qu’il marque un essai, le joueur a la possibilité de le transformer. C’est-à-dire, de faire passer le ballon entre les poteaux (ou perches) adverses, au-dessus de la barre transversale. Pour cela, soit le joueur place le ballon sur un tee, une coupelle qui le surélève, et le frappe au pied. Soit il effectue un drop en lâchant le ballon au sol et en le frappant au rebond. Une transformation rapporte 2 points de plus.

rugby-filles-mel-copie-1.jpgDrop : il est utilisé pour transformer une pénalité, mais aussi en cours de jeu. C’est également le geste qui permet d’engager le match.

En-avant : le joueur passe le ballon à un équipier qui se trouve devant lui, par rapport à la ligne d’en-but et non pas derrière. C’est une faute, sanctionnée par une mêlée.

Mêlée : les huit avants de chaque équipe se regroupent les uns contre les autres, en pack. Le ballon est engagé dans la mêlée par le demi de mêlée. Le talonneur de chaque équipe va chercher à ramener le ballon vers l’arrière. Tant que le ballon est dans les pieds du troisième ligne, la mêlée n’est pas terminée.

Maul : les équipiers protègent le porteur du ballon en formant un bouclier humain.

Pénalité : c’est la conséquence d’une faute commise au cours du jeu. L’avantage revient à l’équipe adverse, qui récupère le ballon et le place sur un tee, comme pour transformer un essai, tente de le faire passer entre les poteaux, au-dessus de la barre transversale. Une pénalité réussie rapporte 3 points.

Plaquage : le joueur tente de déstabiliser le porteur du ballon dans sa course. Il doit le plaquer sous la ligne des épaules. Dès qu’il est au sol, le joueur doit lâcher le ballon. Sinon, on dit que le ballon est mort. Se dit aussi quand le ballon est sorti en touche.

Touche : comme au foot, il y a touche dès que la balle sort des limites latérales du terrain. Et donc, remise en jeu. Les joueurs de chaque équipe doivent former deux lignes, face à face, à 5 mètres de la ligne de touche. C’est l’équipe qui joue le ballon qui décide du nombre de joueurs. Celui qui remet en jeu lance le ballon dans le couloir qui sépare les deux lignes.

Les expressions du rugby

Non, ce ne sont pas des noms de code utilisés par l’espionnage, mais ça y ressemble. Vous les entendrez dans la bouche des pros du ballon ovale. Pratique, sinon, pour briller dans les dîners.

La cabane est tombée sur le chien : c’est la bérézina, la débâcle (le match est mal parti).

Le cochon est dans le maïs (proche de l’expression précédente) : se dit quand un joueur déstabilise l’équipe adverse, engrange des points et est en train de faire basculer la partie.

rugby-filles-av-copie-1.jpgIl faut faire chanter le cuir : se dit quand il faut jouer rythmé, rapide, en multipliant les passes. Le beau jeu, en somme.

Les mouches ont changé d’âne : la partie est en train de se renverser. L’équipe qui menait perd son avantage.

La boîte à gifles est ouverte : se dit des règlements de comptes dans la mêlée ou les regroupements.

Les gros : synonyme affectueux des avants.

Un caramel : un plaquage violent. Se dit aussi « tampon » ou « bouchon ».

Un arrêt-buffet : un plaquage violent qui neutralise immédiatement l’adversaire.

Un saucisson : une passe de mauvaise qualité.

L’éponge magique : C’est l’intervention du soigneur. Il y a quelques années, il intervenait pour toutes blessures avec une grosse éponge pleine d’eau et les joueurs se relevaient comme par miracle.

L’esprit du rugby

Il tient en trois mots.

Respect : au rugby, vous verrez peu de Marco Materazzi ou de joueurs qui se jettent en avant pour simuler une faute. La triche est lourdement sanctionnée et donne l’avantage à l’équipe adverse. « Si après qu’il ait sifflé une pénalité, un joueur râle et s’oppose à la décision de l’arbitre, l’équipe adverse gagne 10 mètres pour tirer sa pénalité », explique Estelle Sartini. De la même façon, quand un carton jaune est sifflé, la sanction est immédiate, et le joueur exclu dix minutes du terrain. Enfin, plus que tout, le rugby est un vrai sport d’équipe : « Seul, vous n’êtes rien. Chaque poste a son importance et c’est chaque équipier qui contribue à la victoire. C’est vraiment ça, l’esprit du rugby. »

Convivialité : concrétisée par la célèbre et inévitable troisième mi-temps. « C’est le moment où les joueurs, qui ont vécu deux mi-temps en tant qu’adversaires, se retrouvent autour d’un verre pour échanger, détaille Estelle. C’est un vrai moment à part entière du rugby, que l’on va retrouver après chaque match. Mais plus le niveau monte, moins c’est excessif, représentation oblige. »

Préparation : les joueurs ont différentes façons de se concentrer avant un match. Mais le moment de communion est incontournable pour souder l’équipe. Si les All Blacks ont recours à leur célèbre haka, les Français ne vont pas hésiter à se serrer dans les bras, à s’embrasser avant le match. « Les joueurs ont besoin de se toucher, de sentir qu’ils vont pouvoir compter pendant le match sur les quatorze autres, explique Estelle. Chez les filles, il nous arrive aussi de pleurer, pour évacuer l’émotion. »

Et les femmes dans tout ça ?

Saviez-vous que l’équipe de France féminine de rugby, menée par Estelle Sartini, a terminé sur la troisième marche du podium de la dernière Coupe du monde, il y a un an au Canada ? Eh oui ! Malgré un tel palmarès, le rugby féminin reste confidentiel. Rien à voir avec les joueuses anglaises ou néo-zélandaises , qui sont très soutenues dans leur pays. « Les chaînes de télévision retransmettent même les matchs », raconte Estelle, rêveuse.

rugby-filles-percee.jpgAvec six mille licenciées, c’est pourtant l’effectif qui grimpe le plus au sein de la Fédération française de rugby au cours de ces deux dernières années. « J’espère qu’il y aura un effet Coupe du monde, confie Estelle. Déjà, dans les écoles, de plus en plus d’instituteurs adhèrent au côté fédérateur du rugby. C’est aussi aux parents d’aller au-delà des apparences, du cliché du sport violent et d’inscrire leurs enfants, garçons ou filles, dans les clubs, s’ils le souhaitent. »

Chez les femmes, mêmes règles, même combat, même troisième mi-temps. Seules les forces en présence changent. Et n’en déplaise à certains hommes, elles ne se crêpent pas le chignon sur le terrain. « Au contraire, quand on sort d’un match, on est bien contentes de voir que l’on n’a pas de marques au visage », explique Estelle, habituée à ceux pour qui le rugby, c’est forcément du sang et des larmes. « On a beaucoup à lutter contre cette image de filles masculines, parce qu’on pratique un sport de combat. On doit en faire plus hors des terrains, toujours être maquillées, être sur notre trente-et-un, pour prouver que l’on reste avant tout des femmes. »

Et sans aller jusqu’à mettre toutes les Françaises dans le pré, comment expliquer l’engouement des spectatrices pour le rugby ? « Pour moi, c’est l’évolution des joueurs qui veut ça. Ils sont devenus de véritables athlètes, ce sont les gladiateurs de notre époque. Esthétiquement parlant, ça ne peut que plaire. » Son pronostic pour la finale ? « Aucun ! Je n’ai qu’une envie, c’est que la France gagne ! » Quel que soit le résultat, les filles seront sur la brèche en 2010 pour la prochaine Coupe du monde de rugby féminin.


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Qu'avez-vous retenu ?

Allez sur la page "Petit Test Rugbistique" (lien)
et vérifiez que vous méritez vous aussi la coupe du monde !

 

 « Seul, vous n’êtes rien.
Chaque poste a son importance
et c’est chaque équipier qui contribue à la victoire.
C’est vraiment ça, l’esprit du rugby. »

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Publié dans Moments de Vie

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