Marie Etoile de l'espérance

Publié le par MICHEL


La vie humaine est un chemin.
Vers quelle fin?
Comment en trouvons-nous la route?


icone-etoile-de-la-mer.jpg La vie est comme un voyage sur la mer de l'histoire,
souvent obscur et dans l'orage,
un voyage dans lequel nous scrutons les astres
qui nous indiquent la route.
Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes
qui ont su vivre dans la droiture.
Elles sont des lumières d'espérance. 
Quelle personne pourrait plus que Marie
être pour nous l'étoile de l'espérance –
elle qui par son « oui »
ouvrit à Dieu lui-même la porte de notre monde;
elle qui devint la vivante Arche de l'Alliance,
dans laquelle Dieu se fit chair,
devint l'un de nous,
planta sa tente au milieu de nous (cf. Jn 1, 14)?

 
 
Sainte Marie,
tu appartenais aux âmes humbles et grandes en Israël
qui, comme Syméon, attendaient « la consolation d'Israël » (Lc 2, 25)
et qui, comme Anne attendaient « la délivrance de Jérusalem » (Lc 2, 38).
Tu vivais en contact intime
avec les Saintes Écritures d'Israël,
qui parlaient de l'espérance
de la promesse faite à Abraham et à sa descendance (cf. Lc 1, 55).

LAVIE-annonciation.jpg Ainsi nous comprenons
la sainte crainte qui t'assaillit,
quand l'ange du Seigneur
entra dans ta maison et te dit
que tu mettrais au jour
Celui qui était l'espérance d'Israël
et l'attente du monde.
Par toi,
par ton « oui »,
l'espérance des millénaires
devait devenir réalité,
entrer dans ce monde et dans son histoire.
Toi tu t'es inclinée
devant la grandeur de cette mission
et tu as dit « oui »:
« Voici la servante du Seigneur;
que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38).

Quand remplie d'une sainte joie
tu as traversé en hâte les monts de Judée
pour rejoindre ta parente Élisabeth,
tu devins l'image de l'Église à venir
qui, dans son sein,
porte l'espérance du monde
à travers les monts de l'histoire.

Mais à côté de la joie que,
dans ton Magnificat,
par les paroles et par le chant
tu as répandu dans les siècles,
tu connaissais également
les affirmations obscures des prophètes
sur la souffrance du serviteur de Dieu en ce monde.

Sur la naissance dans l'étable de Bethléem
brilla la splendeur des anges
qui portaient la bonne nouvelle aux bergers,
mais en même temps
on a par trop fait en ce monde
l'expérience de la pauvreté de Dieu.

Le vieillard Syméon te parla de l'épée
qui transpercerait ton cœur (cf. Lc 2, 35),
du signe de contradiction que ton Fils serait dans ce monde.

Quand ensuite commença l'activité publique de Jésus,
tu as dû te mettre à l'écart,
afin que puisse grandir la nouvelle famille,
pour la constitution de laquelle
Il était venu
et qui devrait se développer
avec l'apport de ceux qui écouteraient
et observeraient
sa parole (cf. Lc 11, 27s.).
Malgré toute la grandeur et la joie
des tout débuts de l'activité de Jésus,
toi, tu as dû faire,
déjà dans la synagogue de Nazareth,
l'expérience de la vérité de la parole
sur le « signe de contradiction » (cf. Lc 4, 28ss).

Ainsi tu as vu le pouvoir grandissant
de l'hostilité et du refus
qui progressivement allait s'affirmant autour de Jésus
jusqu'à l'heure de la croix,
où tu devais voir le Sauveur du monde,
l'héritier de David,
le Fils de Dieu
mourir comme quelqu'un qui a échoué,
exposé à la risée, parmi les délinquants.

Tu as alors accueilli la parole:
« Femme, voici ton fils! » (Jn 19, 26).
De la croix tu reçus une nouvelle mission.
À partir de la croix tu es devenue mère
d'une manière nouvelle:
mère de tous ceux qui veulent croire en ton Fils Jésus
et le suivre.

L'épée de douleur transperça ton cœur.
L'espérance était-elle morte?
Le monde était-il resté définitivement sans lumière,
la vie sans but?

À cette heure, probablement,
au plus intime de toi-même,
tu auras écouté de nouveau la parole de l'ange,
par laquelle il avait répondu à ta crainte
au moment de l'Annonciation:
« Sois sans crainte, Marie! » (Lc 1, 30).

Que de fois le Seigneur, ton fils,
avait dit la même chose à ses disciples:
N'ayez pas peur!
Dans la nuit du Golgotha,
tu as entendu de nouveau cette parole.
À ses disciples,
avant l'heure de la trahison, il avait dit:
« Ayez confiance: moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 33).
« Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés » (Jn 14, 27).
« Sois sans crainte, Marie! »

À l'heure de Nazareth
l'ange t'avait dit aussi:
« Son règne n'aura pas de fin » (Lc 1, 33).
Il était peut-être fini avant de commencer ?

Non, près de la croix,
sur la base de la parole même de Jésus,
tu étais devenue la mère des croyants.

Dans cette foi,
qui était aussi, dans l'obscurité du Samedi Saint,
certitude de l'espérance,
tu es allée à la rencontre du matin de Pâques.
La joie de la résurrection a touché ton cœur
et t'a unie de manière nouvelle aux disciples,
appelés à devenir la famille de Jésus par la foi.

ic--ne-pentecote.jpg Ainsi, tu fus au milieu de la communauté des croyants
qui, les jours après l'Ascension,
priaient d'un seul cœur pour le don du Saint-Esprit (cf. Ac 1, 14)
et qui le reçurent au jour de la Pentecôte.
Le « règne » de Jésus était différent
de ce que les hommes avaient pu imaginer.
Ce « règne » commençait à cette heure
et n'aurait jamais de fin.

Ainsi tu demeures au milieu des disciples
comme leur Mère,
comme Mère de l'espérance.

Sainte Marie, Mère de Dieu,
notre Mère,
enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer
avec toi.
Indique-nous le chemin vers son règne!
Étoile de la mer,
brille sur nous
et conduis-nous sur notre route!
BENEDICTUS PP. XVI
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Publié dans Actualité religieuse

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