Mettre la communion à genoux !
Ci et là, on a cru discerner une volonté Pontificale de "restaurer" la communion "à genoux"... et la tentative d'en faire le geste qui s'impose par référence à la tradition la plus ancienne...
L'article de Jean Rigal reproduit ci-dessous** dit bien ce qu'il faut penser d'un tel retour en arrière.
Mais finalement, qu'importe !
La vérité est beaucoup plus grave :
on ne supporte plus l'idée que le Peuple de Dieu soit debout
Ce que l'on veut,
c'est mettre la Communion de l'Eglise à genoux !
Ce matin, je suis sous le choc de la lecture que j'ai faite hier : le livre de Caroline Fourest et Fiammetta Venner :
"Les Nouveaux Soldats du Pape"...*
(Editions Panama 2008)
Je me permettrai de présenter ici quelques analyses du contenu de ce livre me contentant pour aujourd'hui de soumettre à la reflexion de mes lecteurs quelques points de la conclusion de cette étude fort documentée et finalement très courageuse :
En commençant cette enquête, nous pensions raconter l'histoire des réseaux catholiques les plus intégristes, leur ascension comme "nouveaux soldats du Pape". Nous étions loin de nous douter que les concessions faites aux intransigeants étaient d'une telle ampleur.
L'immense majorité des catholiques attachés à l'Eglise et à la figure du pape par habitude est loin de se douter de la réaction en cours. La plupart tiennent à la réforme initiée par le concile et même à son esprit "moderniste".....
....Les "nouveaux soldats du Pape" ambitionnent de convaincre les masses grâce à une vision simpliste, acculturée et sectaire du catholicisme, tournée vers l'obeissance et le culte du chef...
...ils recrutent essentiellement parmi les catholiques de milieux plutôt favorisés mais rien ne dit que leur prosélytisme na va pas s'amplifier à la faveur du retour en force de l'intégrisme..
..les chrétiens d'ouverture, n'ont plus les mêmes forces qu'auparavant pour "déguéttoïser " les classes populaires en les initiant à la culture et les ouvrant sur le monde
..les "nouveaux soldats du Pape" oeuvrent en sens contraire en utilisant le cultuel et le social pour enfermer les esprits dans une vision passséiste et liberticide de l'identité catholique..
Le Saint Siège s'attache à garantir la fidélité de ces mouvements et à assoir son autorité mais il n'a jamais désapprouvé leur caractère bêtifiant réactionnaire et liberticide..
L'Eglise d'aujourd'hui ne réfléchit ni à s'adapter aux besoins des croyants, ni à favoriser l'éducation populaire pour plus de justice et d'égalité...
...elle n'a jamais renoncé à son pouvoir politique ni à défaire le compromis tissé par la sécularisation et la laïcité : elle préfère lutter contre la théologie de la libération ou contre toute interprétation jugée progrssiste plutôt que de s'attacher en priorité à favoriser l'éducation et l'émancipation des classes les plus pauvres..
Voilà donc une Eglise recroquevillée sur sa vérité, qui fait semblant de dialoguer avec les autres religions mais ne rêve que de les convertir.
"Ce n'est plus Vatican II ni tout à fait Vatican moins II mais Vatican moins I"
Une réforme réformée où l'on conserve l'esprit missionnaire et laïque encouragé par le concile...pour le mettre au service d'une réaction à rebours de la modernité.
Il y aura bien quelques catholiques pour résister à cette regression,
mais contrairementn à l'époque du Concile,
le Saint-Siège n'est plus de leur côté.
Vatican moins II est donc bel et bien enclenché !
**Jean RIGAL – professeur émérite d'ecclésiologie. La Communion "à genoux"
1) Selon le quotidien Il Giornale, le cardinal Hoyos, président de la commission Ecclesia Dei, chargée à Rome des relations avec le monde intégriste, aurait envoyé des propositions à Mgr Fellay, d'Ecône, qui porte toutes sur sur la soumission au pape et à son magistère. Aucune allusion n'est faite à Vatican II. Dans le but de rallier Ecône, on entretient l'ambiguité.
2) La communion à genoux et à la bouche sera désormais la pratique habituelle pour les cérémonies pontificales. Mgr Guido Marini, maître des cérémonies pontificales, prétend que cette pratique est en continuité "avec celle qui a caractérisé dans le passé la vie de l'Église" (Osservatore Romano)
Le dignitaire romain est-il bien informé ?
Sait-il que l'ancienne tradition demande "qu'on adresse les prières au Seigneur en restant debout" (Concile de Nicée, Année 325 )
Sait-il qu'en Orient et en Afrique du Nord au temps de St Augustin (5ème siècle) les fidèles venaient au "Chancel" *( entrée dans le sanctuaire ) et communiaient debout?
Connaît-il la recommandation de Cyrille de Jérusalem : "Lorsque tu t'avances, ne marche pas les mains grandes ouvertes devant toi, les doigts écartés, mais fais de ta main gauche un trône pour la droite qui doit recevoir le Roi; puis recourbe en creux la paume de celle-ci et prends possession du Corps du Christ en disant Amen. Alors avec le plus grand soin, sanctifie tes yeux par le contact de corps sacré et consomme–le" (4ème siècle)
En réalité, la communion à genoux et à la bouche est apparue au cours du moyen-âge.
D'autre part, que devient le respect de la collégialité épiscopale, si le pape, venant en France, ne tient pas compte de la décision de la Conférence épiscopale française? En effet, celle-ci, ainsi que d'autres conférences a demandé,- au titre d'une adaptation locale-que les fidèles aient la possibilité de communier dans la main?
Que penser de l'importance donnée à ces considérations liturgiques, au moment où se posent à l'humanité des questions graves et angoissantes d'ordre social, économique, éthique, écologique, politique?
Jean Rigal
* Pour les auteur du livre cité, qui sont les "nouveaux soldats du pape" ?
Il s'agit :
- de l'Opus Dei (pour résister au relativisme)
- des légionnaires du Christ (pour purifier le siècle)
- des "traditionnalistes" (pour résister à l'esprit "moderniste")