"Lectionnaires" en jupe ?

Publié le par MICHEL

L'article ci-dessous est un "commentaires" que je me suis permis de faire suite à la lettre ouverte envoyée par deux femmes théologiennes à Mgr Vingt-trois ; voir : lettre ouverte

Cette lettre est une réponse aux propos tenus par le Cardinal-Archevêque de Paris à propos de l'ouverture aux femmes de la fonction de lecteur de la Parole de Dieu ; voir : la jupe et la pourpre


A vrai dire je ne comprends pas trop le rôle de « lectionnaire » puisque, si mes souvenirs sont bons, il me semble que le lectionnaire est un « objet », un « livre » comme cela est bien remarqué ci-dessus...

Mais restons dans les souvenirs et, une fois n’est pas coutume, allons du côté de la tradition !

Avant le Concile, quand on recevait les ordres, il y avait les ordres majeurs dont le dernier reçu était le « Presbyterat » ; il y avait aussi les ordres mineurs qui étaient au nombre de 4 : portier, lecteur, exorciste, acolythe...


Dans les temps les plus anciens, ces ordres mineurs correspondaient à des fonctions, des « ministères » auxquels les candidats étaient appelés et pour les quels ils étaient ordonnés par l’Evêque au service de l’Eglise...

Puis ces ordres mineurs sont tombés en désuétude et n’ont plus constitué que des étapes pour les candidats au sacerdoce...

Lire la Parole de Dieu dans la liturgie, former les fidèles à la lecture de la Parole de Dieu, commenter la Parole de Dieu...toutes ces fonctions ne sont elles pas un « ministère » dans l’Eglise : pourquoi des laïcs, hommes ou femmes (car, n’en déplaise à Mgr Vingt-trois, il y en a de plus en plus qui sont formées et largement capables) ne pourraient ils/elles pas être appelés et ordonnés par l’Evêque pour le ministère de la Parole ?

Quand on voit le soin avec le quel dans certaines paroisses on organise l’accueil des personnes, pour les renseigner, les écouter, les assister et que cette fonction d’accueil est remplie par des laïcs hommes mais très souvent femmes, pourquoi ces personnes ne pourraient pas, si cela correspond pour elles à une vocation, être appelées par l’Evêque pour le service de l’Eglise ?

Bref pourquoi ne pas revenir à cette tradition fort ancienne de reconnaître certaines fonctions telles que l’accueil, le service de la Parole, le service de la Liturgie comme des « ministères » pour les quels des personnes pourraient être appelées et ordonnées par l’Evêque ?

Plutôt que des déclarations fracassantes, pour ou contre l’ordination des femmes, ce seraient là des gestes naturels et simples correspondant à une pratique réelle et qui ouvriraient la voie à une réflexion plus concrète sur l’accès des femmes aux ministères en général et pourquoi pas un jour au Diaconat et au Presbytérat



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Publié dans Dialogues

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P
oh Michel !<br /> Je ne voudrais pas être importun mais... tu patauges en pleine hérésie là !<br /> Le Foi est une vertu théologale, elle s'enracine donc au Ciel et non dans la boue ou "le limon de la Création".<br /> En revanche, c'est bien dans la créature qu'elle doit croître et porter du fruit (paroles d'Evangile).<br /> Tu es donc dans l'inversion caractérisée.<br /> Ce serait comme dire que le Christianisme a ses racines dans le judaïsme. Non ! il a ses racines au Ciel (dans le Christ) et, ne pouvant croitre dans le judaïsme, il l'a fait éclaté (parabole des outres neuves).<br /> Autrement dit, ta façon de concevoir les symboles te met en dehors de l'Eglise (réelle). Elle devient ainsi nécessairement "introuvable".<br /> Ca ne m'étonne donc plus que tu conclues ta réponse par : "mais où donc est l'Eglise ?" C'est ta façon de voir qui engendre le problème.<br /> Il y aurait vraiment là matière à discussion. Mais le voudras-tu ?
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P
Re - Bonjour,<br /> Je n'avais jamais entendu parlé du "sous-diaconat". C'est une bonne information pour moi.<br /> J'observe que l'on peut trouver quantité de renseignements via Google, notamment sur la "sacramentalité" des ordres mineurs (et le sous-diaconat fut dégradé à ce rang lors du Concile Vatican I, avant d'être supprimé dans l'Eglise latine).<br /> La question est importante car seule la lecture de l'Evangile est interdite aux femmes pendant la messe (le débat ne porte pas sur autre chose) ; elle est réservée aux dépositaires des ordres majeurs sans exception - en l'occurrence des hommes !<br />  <br /> Enfin, je trouve regrettable que tu fasses de ton "indécrotabilité" une sorte de qualité ou une vertu.<br /> Car la foi chrétienne n'est pas n'importe quelle "Foi" (sic). Elle est la foi de l'Eglise, et non la tienne ou la mienne aussi respectables qu'elles soient.<br /> Et en Eglise, il faut chercher l'Unité - pas la polémique à laquelle incline naturellement notre ego.<br /> Bien à toi.
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M
<br /> <br /> Tu as sans doute raison<br /> <br /> <br /> mais je tiens assez à mon "indécrotabilité" car je ne peux oublier que la foi s'enracine dans le "limon" de la Création le lieu de toutes nos marches !<br /> <br /> <br /> Oui, tu as raison, ne laissons pas la foi se dénaturer dans nos "egos" : vivons la Foi de l'Eglise....mais où donc est l'Eglise ?<br /> <br /> <br /> <br />
P
Bonjour Michel,<br /> et merci pour cette réflexion.<br /> S'il y avait 4 ordres mineurs, je suppose qu'il y avait 3 ordres majeurs : Diaconat, Presbytérat et... Episcopat ? Auquel cas, c'est l'épiscopat qui serait au sommet de la hiérarchie des ordres (et non le presbytérat comme tu l'affirmes).<br /> Ensuite, les 3 ordres majeurs (diaconat, presbytérat et épiscopat) sont des "sacrements". Les ordres mineurs n'en sont pas.<br /> Il faut donc en conclure que la lecture de l'Evangéliaire (car c'est de cela dont il s'agit) est sacramentelle dans la liturgie de la messe - puisqu'elle est réservée aux évêques, prêtres et diacres.<br /> Par conséquent, tant que les ordres majeurs seront (tous) réfusés aux femmes, celles-là ne pourront lire l'évangile ni prêcher.<br /> De fait, il me semble que réhabiliter les ordres mineurs (dont le lectorat) ne changerait rien en ce qui concerne la pratique liturgique - puisque la masculinité est de règle dans les ordinations sacramentelles, et que la "lecture" doit participer du sacrement ordinal : celui qui lit doit aussi communiquer l'Esprit.<br /> C'est donc la possiblité de communiquer l'Esprit qui est interdite aux femmes. Mais n'en fut-il pas toujours ainsi dans l'Eglise ?
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M
<br /> <br /> D'abord et avant tout, je suis heuresux de te retrouver après la longue trève que j'ai observée sur ce blog et j'espère que tout va bien ...<br /> <br /> <br /> Quand je parle de trois ordres majeurs, je parle comme tu peux le savoir aussi bien que moi du presbytérat et du diaconat, certes, mais aussi du "sous-diaconat" qui a été supprimé..<br /> Quant à savoir si le sous diaconat "était" un sacrement, on peut discuter...<br /> Quant à savoir si masculinité et sacramentalité riment forcément ensemble ?<br /> Quant à savoir si la possibilité de communiquer l'Esprit est réservée aux hommes et donc interdite aux femmes ?<br /> ....Je crais que nous soyons dans des distinctions et des discriminations qui n'ont pas grand chose à voir avec la Foi..<br /> <br /> <br /> ..tu le vois, je suis encore plus "indécrotable" !<br /> <br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> <br /> Michel<br /> <br /> <br /> <br />