"Lectionnaires" en jupe ?
L'article ci-dessous est un "commentaires" que je me suis permis de faire suite à la lettre ouverte envoyée par deux femmes théologiennes à Mgr Vingt-trois ; voir : lettre ouverte
Cette lettre est une réponse aux propos tenus par le Cardinal-Archevêque de Paris à propos de l'ouverture aux femmes de la fonction de lecteur de la Parole de Dieu ; voir : la jupe et la pourpre
A vrai dire je ne comprends pas trop le rôle de « lectionnaire » puisque, si mes souvenirs sont bons, il me semble que le lectionnaire est un « objet », un « livre » comme cela est bien remarqué ci-dessus...
Mais restons dans les souvenirs et, une fois n’est pas coutume, allons du côté de la tradition !
Avant le Concile, quand on recevait les ordres, il y avait les ordres majeurs dont le dernier reçu était le « Presbyterat » ; il y avait aussi les ordres mineurs qui étaient au nombre de 4 : portier, lecteur, exorciste, acolythe...
Dans les temps les plus anciens, ces ordres mineurs correspondaient à des fonctions, des « ministères » auxquels les candidats étaient appelés et pour les quels ils étaient ordonnés par l’Evêque au service de l’Eglise...
Puis ces ordres mineurs sont tombés en désuétude et n’ont plus constitué que des étapes pour les candidats au sacerdoce...
Lire la Parole de Dieu dans la liturgie, former les fidèles à la lecture de la Parole de Dieu, commenter la Parole de Dieu...toutes ces fonctions ne sont elles pas un « ministère » dans l’Eglise : pourquoi des laïcs, hommes ou femmes (car, n’en déplaise à Mgr Vingt-trois, il y en a de plus en plus qui sont formées et largement capables) ne pourraient ils/elles pas être appelés et ordonnés par l’Evêque pour le ministère de la Parole ?
Quand on voit le soin avec le quel dans certaines paroisses on organise l’accueil des personnes, pour les renseigner, les écouter, les assister et que cette fonction d’accueil est remplie par des laïcs hommes mais très souvent femmes, pourquoi ces personnes ne pourraient pas, si cela correspond pour elles à une vocation, être appelées par l’Evêque pour le service de l’Eglise ?
Bref pourquoi ne pas revenir à cette tradition fort ancienne de reconnaître certaines fonctions telles que l’accueil, le service de la Parole, le service de la Liturgie comme des « ministères » pour les quels des personnes pourraient être appelées et ordonnées par l’Evêque ?
Plutôt que des déclarations fracassantes, pour ou contre l’ordination des femmes, ce seraient là des gestes naturels et simples correspondant à une pratique réelle et qui ouvriraient la voie à une réflexion plus concrète sur l’accès des femmes aux ministères en général et pourquoi pas un jour au Diaconat et au Presbytérat
