La Foi du P.Duval (Témoignage)

Publié le par MICHEL


Témoignage : aucoeur de la Foi du Père Duval : "Monsieur Jésus-Christ"


Qu’est-ce que j’ai dans ma petite tête à pleurer comme ça, ce soir?
Il nous avait pourtant prévenus de longue date:
Le Seigneur reviendra, il l’a promis.
Le ciel était au coin de sa rue: après avoir hésité longtemps, il vient de passer le carrefour, tout simplement. Il aspirait tant à cette ultime rencontre qu’elle ne pouvait plus être une surprise :
alors, tu es là, je te vois découvert, je vois ton visage et la table où tu mets deux couverts...

Aimé, ce soir, je voudrais te remercier de la part d’un grand gosse de 13 ans.
Avec tes petites chansons, tu lui as appris deux ou trois choses toutes simples :
que la foi, d’abord, n’est pas échafaudage de principes, mais rencontre.
Comme tant d’autres,
les principes patiemment ingurgités à l’ombre des pupitres ne me faisaient pas vivre.
Toi, tu me parlais des petites gens, de leurs tendresses et de leurs colères,
de
Monsieur Jésus-Christ, surtout.
Tu redonnais à l’Évangile son goût de pain frais:
le ciel est rouge, il fera beau.
J’ai joué de la flûte sur la place du marché et personne avec moi n’a voulu danser...

Et, du coup, j’ai pris en grippe toutes les idéologies qui font oublier les visages.
Tu chantais, et la foi n’avait plus cette odeur de vieille sacristie.
Elle ne récitait plus ses phrases par coeur,
elle choisissait son vocabulaire dans le dictionnaire de tout le monde.
La foi faisait de la poésie avec les mots de tous les jours.

Du coup, je ne supporte plus les chansons et les cantiques tarabiscotés, rabâcheurs, bien-pensants.

Tu m’as appris la foi au quotidien,
en quelques mots libres et amicaux,
et je me souviens du courant d’air frais qui traversa la classe ce jour-là,
soulevant la poussière, poussant à l’aventure.


Du coup, j’ai récupéré une vieille guitare,
j’en ai fait un pont au-dessus d’un fossé de timidité et de convenances.
J’ai inventé des mots passerelles,
des petits mots, des petites musiques,
des petits disques tournant en rond
et qui répètent inlassablement la même chose :


on ne peut rencontrer Dieu
autrement qu’à travers l’homme.

Gaëtan de Courrèges

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Publié dans Dialogues

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P
Bonjour Michel ! Et Bonne année 2009 !Une année au cours de laquelle, j'espère que tu parviendras à te "décrotter" un peu. Bon. Le témoignage du Père Duval est très intéressant. Les Jésuites en prennent pour leur grade... Et, chez Monsieur Gaëtan de Courrèges (qui confond foi et amour), ce sont des chansons et des cantiques "bien-pensants" (?) qu'il fallait absolument écorner... Cette anné commence plutôt bien ! Il est pourtant évident, à la lecture de tes deux articles, que la carence affective de l'abbé Duval - qui est la cause de tout - s'origine dans l'absence de son père ! Et "Monsieur Jésus-Christ" (un monsieur donc un homme accompli) était pour lui le modèle du fils en tout point ressemblant à son père, tandis que le Père Duval méconnaissait le sien. Mais à travers cet unique modèle, sa personnalité ne pouvait complètement se construire, il ne parvenait pas à "s'aimer lui-même" - bien au contraire : sa mystique l'éloignait de cette réalité.Sans doute que l'abbé Duval aurait mieux fait d'être "papa" plutôt que prêtre. Il y aurait découvert, en lui-même, le père inconnu ; il aurait rencontré ce "Dieu" à travers lui-même capable d'amour, "capax dei".On peut porter aux jésuites et à quiconque tous les griefs qu'on voudra, Lucien Duval n'a pas su trouver la voie qui lui convenait, il a erré dans les cimes d'une mystique* qui l'ont précipité dans l'alcool. Voilà l'histoire.Moralité : si Dieu nous appelle à être "papa", il ne faut pas être prêtre. Et si, par la suite, la grâce nous est donnée d'être parent... eh bien, il ne faut pas regarder en arrière. Prêtre je fus, père je suis. * et la "face cachée de la lune" n'était que la part de lui-même qu'il ignorait.
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M
<br /> Merci de tes voeux et très bonne année à toi aussi !<br /> <br /> Je continue d'être en admiration de la précision de tes analyses et même de tes "psychanalyses"....<br /> Le P Duval aurait donc mal vécu son histoire de fiston-papa et trainé cela toute sa vie ?<br /> Un peu trop simple à mon goût ! Mais je ne suis pas psychanalyste...<br /> Ce que je sais c'est que cet homme n'a pas eu que des appuis dans sa "compagnie", que derrière l'activité de ces religieux et moniales chanteurs il y a eu de sombres histoires de gros sous et de<br /> fisc...Qu'un homme qui a reçu la formation du P Duval n'est pas forcément armé pour vivre dans le milieu des artistes et ses griseries....que la vie du P. Duval qui souhaitait garder au maximum les<br /> exigences de son état religieux, était copieusement ereintante...<br /> Bref, beaucoup de raisons de craquer et de fait il a craqué !<br /> Je veux bien que son témoignage soit un champ d'ivraie et de bon grain..mais de grâce ne cherchons pas l'ivraie, nous perdrions la saveur du bon grain..bien indigeste pour certains :<br /> "Impossible de rencontrer Dieu autrement qu'à travers l'homme" !<br /> <br /> <br />