Foi, Engagement et Raison !

Publié le par MICHEL


             A propos de "La Foi qui chagrine"
           
        Dialogue avec Philippe
         
           
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              Philippe :

"Mes "études de séminariste" n'ont guère été au-delà d'une année propédeutique en 1998. Au plan intellectuel, et depuis, j'ai surtout donné dans l'étude comparée des doctrines catholique et maçonnique. Tu comprendras par conséquent qu'il est certaines notions dont la mesure m'échappe : telles la Foi, l'Espérance et la Charité entre lesquelles je ne puis établir définitivement une relation de causalité.

Il me semble néanmoins - et c'est une divergence de nos philosophies - que la Foi est première et que c'est elle qui nous introduit dans ce "Dessein plus global" dont tu parles fort justement. Cette initiation suscite l'Espérance, de laquelle (et seulement de laquelle) procède la Charité ou amour fraternel.

Car, la vérité, je ne vois pas comment une "vie en Eglise" est possible sans la foi préalable en Jésus-Christ et l'espérance de son retour. De la même façon que tout engagement de cette nature me parait inconcevable en dehors de la foi.

Tout homme peut nourrir un idéal de la charité, c'est-à-dire une forme imaginée de perfection de celle-ci. Mais l'idéal de la foi, l'idéal de l'espérance sont des concepts morts-nés qui ne peuvent donc nous tromper. A mon avis, quiconque aspire à la "vie en Eglise" en vue de la charité prétend à la fin sans considération des moyens - et parce qu'un idéal de charité l'abuse.

Cela dit, la discussion est ouverte et peut s'avérer fort utile aux visiteurs et à nous-mêmes. Surtout si l'on parvient à sortir d'une théologie logomachique ou trop aride. Ainsi l'expression "dessein plus global" est intéressante mais ce dessein, quel est-il pour justifier une espérance chrétienne ? Que dis-tu à ce sujet ?"


Michel :

Il est manifeste que depuis le début de nos échanges, nous ne sommes pas vraiment sur la même longueur d'onde ! J'aimerais bien pourtant !
Avoir l'idée de comparer la doctrine catholique et les doctrines maçonniques me pose déjà un problème : si je suis maçon, je réfléchis et partage ma reflexion en cercle fermé pour fortifier mon groupe et le rendre plus fort...Si je suis catholique, je réfléchis et partage ma reflexion de la façon la plus large possible pour être en mesure de partager ce que je découvre avec le plus grand nombre..
Il y a déjà problème !

Quel lien de causalité veux tu donc trouver entre Foi, Espérance et Charité ?
Je pense qu'il s'agit de la même "vertu" de l'être croyant que l'on diversifie selon qu'elle s'applique à la pensée, à l'ensemble des réalités affectives ou à la liberté et la capacité d'action...
Et je me permets de penser (avec Saint Paul par exemple) que la Charité est première pour la bonne raison que comme le dit Maurice Blondel :"Au commencement est l'Action"...
L'Action du commencement c'est ce dessein qui englobe toute la création et lui donne tout son sens : c'est un dessein dans le quel les créatures sont plongées de par leur existence : c'est la Charité de Dieu en action !
Ce n'est que dans un second temps que réfléchissant sur sa condition et sur sa psychologie, la créature découvre tant la Foi que l'Espérance..
Sans doute faudrait il creuser ton expression : un idéal de Charité ne peut abuser : en revanche la Foi, quand elle s'affranchit de la Charité peut largement dérailler !

Le dessein susceptible de combler l'espérance Chrétienne c'est celui qui veut mener la création toute entière à son "achèvement "(mieux, à son "accomplissement")
Ce Dessein, se laisse découvrir au fur et à mesure de la vie et de la reflexion sur la vie...

Pour moi, la Foi (comme l'Amour ou l'espérance) ne sont jamais le fruit d'une recherche intellectuelle ou la conclusion d'un syllogisme : La Foi comme l'Amour comme l'Espérance sont des dons ; nous en faisons l'expérience et dans un second temps notre raison essaie d'en comprendre la rationnalité...

Je t'écris cela ce soir même succintement, non pour clore un dialogue commencé depuis longtemps mais parce que les articles divers que tu trouveras ici sur la "Pédagogie de Dieu" peuvent éclairer et développer mes propos !


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A l'instant même,
il exulta sous l'action de l'Esprit Saint et dit:
«Je te loue, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents
et de l'avoir révélé aux tout petits.
Oui, Père,
c'est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance.
                                                                                   Luc 10,21
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Publié dans Dialogues

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P
Cher Michel,Les maçons ont une divinité qu'ils appellent "Grand Architecte de l'Univers" et leur livre sacré est la bible chrétienne. - Leur espérance se borne, me semble-t-il, à la connaissance pleine et entière de la vérité. N'oublions jamais, cependant, que derrière tout idéal doctrinal peut se cacher une ambition qui l'est moins.- Leur charité prend le doux nom de "bienfaisance" qui n'est généralement qu'une façade - comme leur déclaration civile au titre de "cercle philosophique".- Leur foi, qui est réelle, est d'une toute autre nature que la foi chrétienne. La Rédemption n'est pas comprise dans l'esprit maçonnique.Voilà quelques précisions qui t'attristeront sans doute.Plus grave, le succès de la franc-maçonnerie peut très bien s'expliquer par un christianisme qui déconcerte : le mystère de la Résurrection, la genèse du monde et de l'homme selon la Torah laissent sceptiques nos contemporains en quête d'une spiritualité plus évidente. Les exhortations papales (puissantes au XIXe siècle) n'y ont rien fait.C'est dans ce contexte (que tu sembles néanmoins ne pas voir) que j'entends ton désir de "Charité", fer de lance d'un nouvel apostolat - et parce que l'Eglise serait déjà battue sur le plan de la "Foi" par toutes sortes de doctrines étrangères ( théosophismes divers, bouddhisme, etc.)Or, la charité - tu le vois bien - ne saurait s'abstraire d'un "dessein plus global" (sic) dont la résurrection de Jésus est le signe chrétien. Comme ce mystère est inaudible sans la foi, nous ne pouvons que reconnaître la primauté de la foi en vue de la charité. Raison pour laquelle l'évangélisation (en parole et sacrement) est la mission première de l'Eglise, comme le salut est une condition nécessaire de la charité. La nécessité et la possibilité du salut sont une originalité chrétienne : par "le sacrifice de la Croix", la théologie chrétienne fait sortir "la faute originelle" du simple statut métaphysique qu'elle gardait dans le judaïsme. Désormais ce "péché" peut être remis, péché dont seule la Loi (d'amour) du Christ nous donne la vraie connaissance. C'est cette connaissance que les "modernes" refusent précisément - au premier rang desquels figurent les maçons.En conclusion je te dirai simplement ceci : cette Loi du Christ est évidemment la charité. Mais pour être de bons citoyens de la "République chrétienne", une pédagogie de la foi est absolument nécessaire pour que sa Loi fondamentale pénètre en nos cœurs et nous transforme. Parce que seule la foi, par anticipation, nous y introduit ; et parce qu'elle est l'Excellence de l'initiation dont l'homme, depuis l'origine, est naturellement capable.Pour un homme, tout commence par l'amour de sa propre foi.A toi de poursuivre...Philippe(anderson.consult@wanadoo.fr)
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G
Bonjour...L'Eglise agit comme un organisme politique au service du pontife en place. L'Esprit saint n'influence même plus les pères conciliaires, relégué dans les combles du Vatican avec les pigeons, il règne, mais ne gouverne plus les pensées, c'est la fonction des souverains actuels.Cordialement, Guy ROGER.
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M
Bien des actes et des prises de position peuvent aller ou paraître aller dans le sens que vous dites...Il m'arrive moi aussi de l'exprimer parfois de façon un peu ennervée dans ces pages...Mais je ne crois pas que l'Esprit soit impuissant ou en vacances...Il a sa façon d'être présent et il ne cesse de nous surprendre !....Restons optimistes et disponibles !CordialementMichel
G
Bonjour,Si vous êtes catholique, vous n'avez ni le droit de réfléchir, ni celui de partager avec le plus grand nombre ce que vous avez découvert. Les sentiers très étroits de l'Eglise ne permettent pas l'ouverture d'esprit préconisée par Jésus.Cordialement, Guy ROGER.
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M
Je fais partie de ceux qui ont p souffrir de ce que vous dites et qui n'ont pas su emprunter les sentiers trsè étroits que l'Eglise trace de temps en temps !Ceci dit, je reste catholique, ce qui veut dire "universel" et je pense que même si ponctuellement l'Eglise ferme un peu le champ de la reflexion, elle est depuis 20 siècles un véritable bouillon de culture où l'on réfléchit et partage à tours de bras ... de thèses en antithèses, d'hérésies en Conciles, de dogmes en disputes théologiques etc...CordialementMichel
P
Bon ! C'est une mouche très amoureuse alors...Merci d'avoir repris ce thème de discussion ("la foi qui chagrine"), bien que manière inattendue et quelque peu agaçée.Tu insistes sur la primauté de la Charité mais rejettes tout lien de causalité entre ce qu'il est convenu d'appeler "les 3 vertus théologales". Or, si quelque chose est "premier" dans un ordre quelconque, tout ce qui relève de cet ordre en découle nécessairement.Pour ma part, j'insiste sur la primauté de la foi et découvre que mon postulat est admirablement servi par l'Ecriture :- ainsi la vocation d'Abraham commence par un acte de foi nourri d'espérance, sa charité devant Sodome se manifestera ensuite ;- la vocation de Jésus commence par son baptême nourri de la prédication de Jean Baptiste (cf. Matthieu), sa charité envers les pauvres s'exercera ensuite...C'est donc bien ce qui est reçu (la foi, l'espérance) qui doit demeurer premier, et nos oeuvres (de charité) n'en sont que l'attestation (cf. Jean, dans son "témoignage rendu à la lumière").Ton discours d'aujourd'hui me paraît donc gravement entaché d'erreurs et de contradictions :- Les vertus théologales n'ont pas (par définition) à être rapportées à un anatomisme humain (ex. : pensée, sentiment, action).- Eléments de théologie, le travail intellectuel est absolument nécessaire pour les comprendre. Ton blog est d'ailleurs le fruit de ce travail personnel, et non une oeuvre de charité !Enfin, pour le petit problème que tu as évoqué, je ne trouve pas sympathique de venir critiquer mon propre travail : il est parfaitement dans mon droit d'étudier une comparaison des pensées maçonnique et chrétienne. A l'heure où l'on compte d'avantage d'initiés que de catéchumènes, ce travail très chrétien ne me semble pas totalement idiot.Mais ceci est bien secondaire....Bien à toi. Et merci pour ton histoire du salut reconstituée.Philippe
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M
Merci de ta nouvelle intervention....je ne suis nullement agacé mais j'essaie d'être logique et ferme avec mes convictions ; je n'ai aucun  droit sur les convictions des autres et en particulier sur les tiennes qui ont l'avantage de me pousser un peu dans mes retranchements !Nous voyons bien où sont les clivages entre nos approches ! Il n'y a aucun mal à continuer de chercher et d'exprimer ce en quoi l'on croit (tu vois, j'en reviens à la foi !)Tu me dis qu'il y a plus "d'initiés" que de "catéchumènes" ; mon premier reflexe est de le regretter profondément, mais dans un second temps et fidèle aux convictions que j'essaie de partager j'accepte bien volontier qu'il y ait aussi dans la "sagesse" maçonnique des chemins de Foi et de Charité...En tous cas, c'est mon Espérance !!CordialementMichel
P
Quelle mouche t'a piqué ce soir ?
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M
La même que d'habitude !!CordialementMichel