Vatican II : la dynamique pré-conciliaire

Publié le par MICHEL


Il n'y avait rien à l'époque de Vatican II qui ressemblat de quelque manière aux grandes hérésies des premiers siècles où aux désordres qu'avait provoquée et/ou qui avaient provoqué la réforme protestante : bien au contraire, Vatican II s'est fait entre autres le chantre le l'oecuménisme !      
Vatican II s'inscrit dans la Tradition Vivante de l'Eglise car les Evêques réunis en Concile on su prendre acte d'un bouillonnement de la foi Catholique dans le monde et l'ont reconnu et renforcé par leur unanimité.
Pour rédiger cette page je me suis inspiré d'un article de la revue "les études":
Bordeyne P., Vatican II, un concile dans l’histoire,
Études 2005/6, Tome 403, p. 649-658.

Si Vatican II bouleverse l’histoire de l’Eglise, c’est aussi comme aboutissement d’une histoire faite par des théologiens, des pasteurs et des laïcs engagés dans le siècle.
En resituant le Concile dans son contexte, on découvre que le problème était
moins d’aller au monde que de réinterpréter l’expérience chrétienne dans l’histoire.



De quelles expériences, de quels progrès et de quelles "angoisses"
le Concile Vatican II a t il profité ?

L'Essor des Mission à partir du XIX° Siècle
L'essor des missions catholiques à partir des premières années du XIX° siècle est bien connu avec la multitude de fondations dordres et d'institutions missionnaires.
L'attitude de l'Eglise sera de respecter de plus en plus les cultures et les coutumes rencontrées et de créer le plus rapidement possible des Eglises locales avec des évêques et un clergé autochtone.
Ces évêques sont venus au Concile où ils ont apporté la vie de leurs pays et pesé de façon importante sur bon nombre de débats et de décisions.
La tonalité du Concile sera missionnaire, la foi est clairement affichée.
Mais les arguments tirés de la tradition croyante bénéficient
de la réflexion menée sur le statut de la religion dans une société devenue pluraliste.
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Le « dialogue » (GS 3,1) à instaurer avec tous les hommes devient « dialogue de salut », selon la belle expression de Paul VI. L’Eglise se déclare porteuse d’un « message de salut à proposer à tous » (GS 1), afin de « continuer l’oeuvre du Christ, venu pour sauver, non pour condamner » (GS 3,2).
Nulle opposition entre dialogue et mission, puisque la révélation porte à la fois « sur Dieu et le salut de l’homme » (DV 2).
Gaudium et Spes veut envisager l’homme « dans son unité et sa totalité » (GS 3,1) jusque dans sa « vocation divine » (GS 3,2).
Réceptive à la valeur de responsabilité, l’Eglise propose le salut en s’impliquant elle-même dans les problèmes éthiques les plus urgents. Face à l’emprise de l’espérance marxiste, un message qui ne déboucherait pas sur la transformation du monde serait suspect , surtout venant de la religion. Il s’agit d’annoncer un salut qui associe l’homme à son avènement.


L'action catholique et plus largement l'apostolat des laïcs
CARDJIN2.jpgDéjà au XIXe siècle, les théologiens de l’École de Tübingen, redécouvrant les Pères grecs, avaient promu l’Eglise comme un corps vivifié de charismes différenciés 6, tandis que Newman faisait admettre l’historicité de l’Eglise et de ses dogmes. Il en résultait
L’ecclésiologie de
Vatican II cherche à dire le mystère de l’Église qui unit Dieu et son peuple, l’évêque et son diocèse, les évêques entre eux, l’Eglise et l’humanité7. Les laïcs retrouvent consistance : les baptisés sont tous appelés à la sainteté, « chacun dans sa route 8 ». C'est une approche plus organique et plus sacramentelle de l’Église, envisagée comme le corps du Christ vivifié par l’Esprit, appelé par le Père et envoyé dans le monde. Avec des inflexions neuves, on renoue avec la veine pastorale qui avait suivi le concile de Trente 9.
Mais, cette fois, les évolutions pastorales
précèdent l’événement conciliaire.
A partir des années
1930, l’Action catholique avait relancé l’élan missionnaire et accentué la place des laïcs. Certains deviennent experts à Vatican II à l’instigation des évêques qui collaborent avec eux en Italie, en Belgique, en France, mais aussi en Australie ou en Amérique du Nord. Ces laïcs participent à l’élaboration de la constitution pastorale.
La démarche oecuméniqueAthenagorasIb.jpg
Déjà avant le Concile le mouvement oecuménique avait droit de cité : dans les paroisses existaient des groupes oecuméniques de lecture en commun de l'Ecriture ou de Prière ; dans les séminaires, des "ateliers" oecuméniques permettaient une meilleure connaissance des autres confessions Chrétiennes..
Avec le Père Michalon et d'autres pionniers on avait compris que le chemin de Unité Chrétienne n'était pas une quelconque "diplomatie" mais l'approfondisssement par chaque confession chrétienne de sa propre foi dans la rencontre avec les autres..

La libération de l'exégèse et le renouveau Biblique

Au XIXe siècle, la polémique antichrétienne et positiviste raillait les contradictions internes de l’Ecriture ou les écarts entre la Bible et le dogme. Le magistère de l’Eglise se raidit et ce fut la crise moderniste. Les ouvertures de Léon XIII en direction de l’exégèse biblique avaient certes adouci les effets du Syllabus de Pie IX (1864). Mais les coups de frein de Pie X en 1907 (décret Lamentabili et encyclique Pascendi) instaurèrent pour longtemps un climat de suspicion.
Vingt ans avant Vatican II, Pie XII pacifia le débat en recommandant la recherche historique, l’analyse des genres littéraires et les traductions à partir de l’hébreu et du grec
(Divino afflante spiritu, 1943).
texteliturgie.jpgProgressivement, les fidèles
catholiques purent se plonger dans la Bible. Au Concile, toutefois, évêques et théologiens ne voyaient pas tous encore comment l’unique révélation pouvait se dire dans la diversité des genres littéraires et des théologies que l’analyse historique met en lumière dans les Écritures. Les théologiens romains craignaient qu’on ouvre la porte au libre examen, grand principe des réformateurs du XVIe siècle, et qu’on aille vers l’éclatement doctrinal. Ils préparèrent un schéma sur les deux sources de la  révélation, où la tradition était conçue comme un corps de doctrines qui endiguait cette nouvelle fluidité de l’Écriture.Ceprojet fut rejeté par les Pères conciliaires.
La constitution
Dei verbum présente finalement la tradition comme un processus dynamique de transmission, qui enveloppe aussi bien l’Ecriture que le service du dépôt de la foi. Solidement ancrée dans la cohérence du dessein divin, la révélation peut épouser l’historicité humaine.
D’un côté, le Concile montrait donc sa disponibilité à exposer la Bible à la critique historique;mais, d’un autre côté, il préservait les Ecritures de la dissémination du sens en les plaçant sous l’approche croyante de l’histoire.


Le Renouveau liturgique

Nulle part mieux que dans la liturgie n’apparaissait l’interaction entre la rechercheCONCELEBRATION.jpg théologique et les pratiques ecclésiales.Dès le début du XXe siècle, la participation des fidèles fut encouragée, en Belgique surtout, mais aussi en Allemagne et en France : des traductions donnèrent accès aux textes de la messe, on tâcha d’initier au mystère de la liturgie 5.
Pendant ce
temps, on redécouvrait chez les Pères de l’Eglise la place de l’Ecriture et le rôle de l’assemblée chrétienne. Au Centre de pastorale liturgique fondé à Paris en 1943, les théologiens se confrontaient aux expériences menées dans les paroisses et les communautés religieuses.
Lorsque, à la surprise générale, le Concile décida que la liturgie pourrait être célébrée dans les langues vulgaires, puis esquissa la réforme liturgique à venir, il ne faisait que redéployer à l’échelle de toute l’Église un mouvement qui avait déjà montré sa vitalité. Pie XII avait d’ailleurs
réintroduit la vigile pascale dès 1951 et le triduum pascal peu après.

Un Renouveau de la recherche Théologique et Patristique
Portée par les militants d’Action catholique, en Belgique et en France notamment, l’espérance de « refaire chrétiens » les hommes n’était pas morte. Elle impliquait toutefois que l’Eglise consente à « se planter » dans un monde donné, « quels que soient ultérieurement les jugements à porter sur lui 1 ».
Avec
Congar, frère prêcheur lui aussi, Chenu fut l’instigateur du Message du concile à tous les hommes (20 octobre 1962). Il voulait renouer avec la consistance du monde pour le bien de la mission.
Un tel climat portait la théologie à mener de concert la recherche historique, l’engagement social et l’expérimentation missionnaire.
Davantage reconnue, l’historicité de la condition humaine permit l’affirmation de la liberté religieuse ainsi qu’une approche plus existentielle de la révélation et de la liturgie.

congar-chenu-copie-1.jpgVatican II hérite cette tension d’un siècle où la théologie assimile de nouveaux savoirs sans cesser d’approfondir le mystère de la foi chrétienne. Avec le recul de quarante ans, on perçoit mieux que la constitution Gaudium et Spes parvient à dépasser le dilemme. La foi n’est plus seulement un discours, mais un agir. Ce texte s’enracine dans l’expérience missionnaire de l’après-guerre, qui s’efforçait de concrétiser la foi en l’histoire du salut et d’envisager l’être humain, croyant ou non, comme un sujet de cette histoire-là.
Le Concile noue le dialogue au sujet de l’éthique
10.Rétrospectivement, cela explique le fort impact d’un texte où l’Eglise s’adresse à toute l’humanité, fait unique dans la tradition conciliaire.



Les traumatismes et "l'angoisse" liés à deux guerres mondiales,
la Shoah, la course aux armements, la guerre froide, l'athéisme, le marxisme..

 

Au lieu de la litanie de problèmes qui, dans le schéma préparatoire, stigmatisait une société déliquescente, le Concile évoque l’ambivalence du monde contemporain.
L’anxiété n’émane plus du spectacle d’un monde sans morale : le Concile fait sienne « l’inquiétude » des sujets contemporains qui, « entre espoir et angoisse », « s’interrogent sur le cours des choses » et sont « provoqués à répondre » (GS 4,5).
activit--3.jpgL’Eglise incorpore la belle inquiétude de la liberté responsable : « L’homme prend conscience que de lui dépend la bonne orientation des forces qu’il a mises en mouvement et qui peuvent l’écraser ou le servir. C’est pourquoi il s’interroge luimême» (GS 9,4).
Pour s’adresser à tous les hommes quand la loi naturelle ne passait plus et que beaucoup n’accordaient plus aucune autorité à la Bible, il valait mieux partir de l’expérience contemporaine de l’ambivalence 14, face à la « complexité » (GS 4,5) et aux « écartèlements dont souffre le monde » (GS 8,1).
En sollicitant l’angoisse de la justice, l’Église servirait simultanément l’éthique et l’évangélisation. L’angoisse était devenue la cible des idéologies.
Madeleine Delbrêl et bien d’autres chrétiens, engagés comme elle dans un apostolat de proximité en milieu populaire, dénonçaient la falsification communiste de l’avenir qui occultait jusqu’à l’angoisse de la mort
Avec plus d’honnêteté et de courage, on pourrait affronter le malaise causé par un monde sans justice. L’athéisme obligeait à enraciner l’annonce de la foi dans la rigueur éthique. Le Concile chercha à mobiliser les différents registres de l’éthique, du plus corporel au plus rationnel et du plus privé au plus institutionnel.
Chaque niveau, organiquement relié aux autres, pouvait contribuer à bannir lamichel-serres3.jpg menace de destruction totale (GS 82) et à construire la vérité, la justice et l’amour (GS 26) : la lutte contre les atteintes corporelles et psychiques à la dignité (GS 27) ; la juste autonomie de la responsabilité humaine dans «l’organisation » des réalités terrestres (GS 36) ; le droit à la famille, au travail, à la culture, que l’État garantit et oriente vers le bien commun; les institutions internationales qui servent la paix (GS 84) et réduisent les disparités économiques (GS 85). Le Concile sollicitait l’angoisse pour qu’elle devienne, en toute personne sensible à la détresse d’autrui, le tremplin d’un engagement social pour la justice.


Vatican II s'inscrit dans la Tradition Vivante de l'Eglise
car les Evêques réunis en Concile
ont su prendre acte
d'un bouillonnement de la foi Catholique
dans le monde
et l'ont reconnu et renforcé
par leur unanimité.

 

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Publié dans Tradition Trahison

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