Fractures épiscopales ? Collégialité ?

Publié le par MICHEL

Pour certains, la démarche du Pape Benoît XVI en direction des intégristes est celle du Bon Pasteur qui laisse les 99 brebis pour aller à la recherche de la 100°, la brebis perdue...
En montagne, quand une brebis perdue sent que son berger vient la chercher, elle se précipite dans ses bras ; il faut dire qu'elle ne sait pas, elle, poser ses conditions !

Pour d'autres, la démarche du Pape entrerait dans une stratégie de "restauration" méticuleusement mise au point et préparée entre autres par des nominations successives que ce soit dans la curie, que ce soit au sein de l'Episcopat sans compter les reconnaissances de toutes sortes attribuées à des instituts connus pour leurs positions très traditionnelles et se developpant en marge des Eglises locales..

Je me permets de verser au dossier la réaction de deux Evêques Français au geste "bienveillant " du Pape en notant par ailleurs, pour avoir fait la recherche que bien des Evêques, peut être pas très à l'aise avec cette affaire se contentent de répercuter la déclaration duconseil permanent de l'Episcopat..

A chacun de se faire son opinion !

Deux réactions Episcopales

à la décision de Benoît XVI

de lever l'excommunication des Evêques intégristes

Claude DAGENS

Evêque d'Angoulême

Marc AILLET

Evêque de bayonne

Un visage d'Eglise

Un autre regard





L’unité de l’Église exige une vi­gilance et un combat perma­nents. Pour la simple raison qu’à longueur de siècles, cette unité est menacée par des tensions qui peuvent aller jusqu’à des ruptures, à des schismes, surtout si ces ten­sions sont liées à des conceptions antagonistes du mystère de la foi. Face à ces tensions et à ces ruptu­res, le pape, en tant qu’évêque de Rome, a la responsabilité de garan­tir et de défendre cette unité fon­dée sur la foi catholique reçue des Apôtres. Benoît XVI vient d’exercer cette responsabilité en levant les excommunications concernant les quatre évêques ordonnés à Écône en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre. Pour ceux qui ont été témoins de cette rupture et qui en ont souffert, comme pour ceux qui sont aujourd’hui témoins de cette volonté de réconciliation de la part du pape, il doit être clair que ces événements ne peuvent pas être interprétés de façon superficielle, selon un simple jeu de rapports de forces ou d’idées. Il s’agit de la vérité de l’Église et de son unité réelle, qui font appel à ce qu’il y a d’essentiel dans l’identité catholique : la parti­cipation au mystère du Christ, qui désire inlassablement « réunir les enfants de Dieu dispersés » .

  Raison de plus pour comprendre que cet acte de réconciliation ouvre sur une épreuve de vérité, aussi bien pour ceux que l’on appelle des intégristes que pour les fidèles qui vivent de façon ordinaire dans la communion de l’Église.

  Le pape a voulu ouvrir une porte, tendre la main. Comment cette porte sera-t-elle franchie ? Com­ment la main tendue sera-t-elle accueillie? Au prix de quelles conversions intérieures le dialogue sera-t-il renoué ? Quand je parle de conversions intérieures, je pense à des personnes dont la mémoire est parfois encombrée par des ressen­timents ou des peurs qui ne seront pas facilement surmontés. Mais il faut aller au-delà de ces sentiments. Je pense aussi à certaines revendi­cations intégristes dans le domaine de la liturgie, du respect des rites et des règles. En deçà de ces reven­dications, on perçoit quelquefois d’autres insistances théologiques autour du mystère du mal et du sa­lut, avec une vision très négative du monde et de l’humanité, comme si le manichéisme avait raison et qu’il fallait opposer le camp des bons et le camp des méchants, dans le domaine politique comme dans le domaine religieux.

  Ce n’est plus la liturgie qui est alors en question, ni la théologie de l’Église, c’est la vérité même du Dieu Sauveur et son action à l’intérieur de notre humanité blessée. L’épreuve de vérité porte sur le cœur même du mystère de la foi. Un grand travail de compré­hension est dès lors nécessaire, qui exige une pédagogie d’approfondis­sement théologique et spirituel. Il faut souhaiter que ce travail soit possible.

 La décision prise par Benoît XVI est aussi une épreuve de vérité pour nous, évêques, prêtres, fidèles laïcs, qui adhérons sans hésiter à la Tra­dition catholique et estimons que Vatican II s’inscrit intégralement à l’intérieur de cette Tradition : il me semblerait difficile de distinguer ce qui, dans les constitutions et dé­crets du Concile, serait conforme à la Tradition et ce qui ne le serait pas. Comment ne pas reconnaître que ce Concile a été authenti­quement théologique, et non pas pastoral comme on l’a dit parfois pour le dévaluer, et que de grands théologiens français, nourris de la Tradition catholique, comme Henri de Lubac, Jean Daniélou et Yves Congar ont été intimement associés à son travail ?

  On comprendrait mal que, pour revenir à la Tradition, on renonce, fût-ce partiellement, au Concile, surtout si l’on laissait entendre que, depuis cinquante ans, l’Église catholique aurait plus ou moins fait fausse route. Mais si la main ten­due aux intégristes nous obligeait à un examen de conscience sur le chemin parcouru par l’Église, il ne faudrait pas le regretter. Nous ne pourrions pas nier que la mise en œuvre du Concile s’est par­fois référée, de façon naïve, à un principe d’ouverture au monde qui a pu provoquer chez certains comme un aplatissement de la foi. Et quand les renouveaux annon­cés se réduisaient à des réformes de structures, ils ne pouvaient pas répondre à ce qui était espéré.

  L’heure n’est plus à ces facilités et à ces illusions. Les difficultés de la mission chrétienne sont aujourd’hui trop évidentes. Qu’el­les proviennent des résistances de la culture ambiante ou de l’affai­blissement des institutions catholi­ques, elles nous conduisent à vivre le mystère de l’Église de l’intérieur de notre foi au Christ, elle-même inséparable du témoignage rendu à la charité du Christ.

  C’est pourquoi nous ne pouvons pas accepter les discours nous soupçonnant de pratiquer des stratégies de rupture, alors que nous avons de plus en plus ré­concilié, dans la vie ordinaire des communautés chrétiennes, la vie sacramentelle et la vie fraternelle, le culte et la mission. Ce sont les grandes affirmations de Vatican II qui nous ont encouragés à ces con­versions, surtout quand il s’agit de comprendre l’Église non comme un système que l’on façonnerait à sa guise ou selon ses préférences cultu­relles ou politiques, mais comme étant
«dans le Christ, comme le sacrement, c’est-à-dire le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » ( Lumen gentium n. 1).

  Pour les années qui viennent, l’important n’est pas d’infléchir ou de relativiser le Concile, mais de le comprendre et de le mettre en œuvre comme un appel à aller à la source, selon le désir du bienheu­reux Jean XXIII et selon ce principe de développement organique que Benoît XVI met si fortement en valeur. De Jean XXIII à Benoît XVI, l’unité de l’Église passe par ce dé­veloppement, qui n’exclut pas les tensions et les crises, mais permet de les assumer et de les dépasser sans ruptures. 

 Au prix de quelles conversions intérieures le dialogue sera-t-il renoué ?


C’est dans la confiance que j’appelle tous les fidèles du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron à accueillir le décret par lequel est levée l’excommunication des quatre évêques sacrés par Monseigneur Marcel Lefebvre sans mandat pontifical.



De manière significative, c’est au cours de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, que le 21 janvier 2009, le cardinal Re, préfet de la Congrégation des évêques, à la demande du pape Benoît XVI, a signé ce décret.


« Qu’ils soient un ! » priait le Christ à son Père.
A la suite du Seigneur, les chrétiens doivent chercher à faire cesser le scandale de la division et marcher d’un même pas sur le chemin qui conduit au bercail de l’Eglise, Une, Sainte, Catholique et Apostolique.

La décision de Benoît XVI survient après qu’au nom de ces mêmes évêques, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a écrit, le 15 décembre 2008, au cardinal Darío Castrillón Hoyos, président de la Commission pontificale « Ecclesia Dei », en lui demandant la levée de la sanction.

Dans sa lettre, indique le décret, Mgr Fellay déclarait : « Nous sommes toujours fermement déterminés dans notre volonté de rester catholiques et de mettre toutes nos forces au service de l’Eglise de Notre Seigneur Jésus Christ, qui est l’Eglise catholique romaine.
Nous acceptons son enseignement dans un esprit filial. Nous croyons fermement à la Primauté de Pierre et à ses prérogatives, et c’est pour cela même que nous souffrons tant de l’actuelle situation. »

Le Cardinal Re a souligné : « On espère que ce pas sera suivi de la réalisation rapide de la pleine communion avec l’Eglise de toute la Fraternité Saint Pie X, témoignant ainsi de la vraie fidélité et de la vraie reconnaissance du Magistère et de l’Autorité du Pape avec la preuve de l’unité visible ».

Loin des polémiques, il est urgent d’entrer avec un esprit filial dans ce que, par ce geste de bienveillance paternelle, le Saint-Père Benoît XVI désire pour l’Eglise à la suite du Christ : l’unité dans la charité.
















« J’ai décidé ce geste de paternelle miséricorde parce que ces évêques m’ont plusieurs fois manifesté leur vive souffrance de la situation dans laquelle ils se trouvaient. J’espère que mon geste sera suivi par leur ferme engagement d’accomplir le chemin encore nécessaire pour réaliser leur pleine communion dans l’Eglise, afin de témoigner d’une authentique fidélité et d’une véritable reconnaissance du magistère comme de l’autorité du Pape et du Concile Vatican II. »

Il a ajouté : « Que la Shoah soit pour tous, un avertissement contre l’oubli, contre la négation, ou contre le réductionnisme, parce que la violence perpétrée contre un seul être humain est une violence contre tous. »



Le même jour, le Conseil Permanent des évêques de France a rappelé que : « Benoît XVI ne cesse de signifier son attachement à une relation fructueuse entre juifs et chrétiens. Les évêques saluent la volonté du Saint-Père d’aller jusqu’au bout de ce qu’il pouvait faire comme invitation à une réconciliation. Ils sont en communion avec lui dans l’exercice de la vigilance épiscopale. »

La veille, le supérieur général de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Bernard Fellay avait demandé pardon au pape et à tous les hommes de bonne volonté :


«  Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent en aucun cas la position de notre société (…). Nous demandons pardon au Souverain Pontife, et à tous les hommes de bonne volonté, pour les conséquences dramatiques d’un tel acte. »

Il est opportun de rappeler que la signature du décret concernant la levée des excommunications est antérieure à la diffusion par les journalistes de l’interview de Mgr Williamson.

Ainsi de très nombreux médias, se servant des propos inacceptables prononcés par Mgr Williamson en 2008, les ont ressortis comme une arme contre le Saint-Père dans sa volonté de rassembler les chrétiens.

Aussi, j’assure les fidèles de la Fraternité Saint Pie X présents dans le diocèse de Bayonne de mon souci que le dialogue entre les supérieurs de la dite Fraternité et le Saint-Siège aboutisse dans les meilleurs délais.

Dans un second temps, je transmets à la communauté israélite de notre circonscription ecclésiastique l’assurance de mon amitié la plus sincère.

Enfin, au presbyterium et à tous les diocésains, je redis ma volonté de servir tous et chacun dans une communion sans cesse renouvelée au Christ et à l’Eglise dans l’affection collégiale envers le Saint-Père. Bayonne, le 29 janvier 2009



Commentaire

« l’Église n'est pas un système que l’on façonnerait à sa guise ou selon ses préférences cultu­relles ou politiques, mais elle est «dans le Christ, comme le sacrement, c’est-à-dire le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » ( Lumen gentium n. 1).


L'Unité autour du Concile Vatican II et de son « développement »

Il semble que Mgr Aillet n'ait pas lu toutes les déclarations de Mgr Fellay...



L'Unité doit se faire autour de l'autorité du Pape : on notera le silence abyssal à propos du Concile Vatican II

Les intégristes de la fraternité St Pie X semblent avoir de beaux jours devant eux dans le diocèse de Bayonne





Publicité

Publié dans Tradition Trahison

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article