Yom kippour....Pardonne nous...comme nous pardonnons

Publié le par MICHEL

Nos frères Juifs ont célébré avant-hier l'une de leur plus grandes fêtes : le "Yom Kippour" jour du Grand Pardon
Au coeur de leur méditation : le livre de Jonas. Repentir et pardon du pêcheur ,Pardon de Dieu.

Yom Kippour : reflexion sur Jonas , le repentir et le pardon...
(d'après
Rav Chlomo AVlNER)
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Nos frères Juifs méditent le livre de Jonas au cours de l'office de l'après-midi de Yom Kippour.
En effet, ce livre est intégralement consacré à la
Techouva, au repentir : ce texte a ceci de particulier qu'il nous relate le succès rencontré par le prophète Jonas dans son projet de remettre la ville dépravée de Ninive dans le droit chemin, et ce, après seulement trois jours d'appels et d'invectives à travers cette capitale.

Pourtant, dans un premier temps et après un premier ordre de Yahvé Jonas décide de se dérober et de fuir vers une autre contrée : c'est pleinement conscient qu'il se refuse à accomplir la mission de prophétie dont il est chargé.

Comment un prophète peut-il refuser d'accomplir un devoir sacré, et surtout comment, lui qui reçoit ses "ordres de missions" directement de Yahvé, peut-il envisager sérieusement la possibilité de fuir ? Ne sait-il donc pas que la présence divine emplit tout l'univers ?

Les prophètes n'en demeurent pas moins des hommes, dotés de qualités et de défauts. L'une des fautes spécifiques aux prophètes, consiste précisément en ce qu'ils peuvent décider de "refouler leur prophétie"

Après que la population de Ninive se soit bel et bien repentie, Jonas plonge dans l'amertume et le désespoir en disant: "Hélas ! Seigneur, n'est-ce pas là ce que je disais étant encore dans mon pays ? Aussi m'étais je empressé de fuir à Tarchich. Car je savais que tu étais un Dieu clément et miséricordieux, plein de longanimité et de bienveillance, prompt à revenir sur les menaces" (Jonas, IV, 2).

Jonas savait donc à l'avance que Yahvé accepterait de pardonner aux habitants de Ninive, alors que lui-même n'était pas prêt à le faire. Son refus et sa colère étaient motivés par le fait que Yahvé est un Dieu de pardon, et dans ce cas, le pardon lui était insupportable !

Dieu est généreux. Il ouvre une porte rendant possible la purification et permet au pécheur de se repentir. Or cette pensée est insupportable pour Jonas. Pour lui, les gens de Ninive sont de tels pécheurs, ils ont tellement opprimé la veuve et l'orphelin, qu'il est impossible, en un tour de main, de leur pardonner ! Ce serait trop injuste, estime Jonas, leurs fautes sont trop graves et elles doivent donc etre punies!

Pour Jonas, il était en effet trop facile de faire le mal, pour ensuite l'effacer d'un seul mouvement de l'âme.

Il savait assurément que la Torah acceptait le repentir
et promettait aux pécheurs le pardon. Il n'ignorait pas qu'Abraham, notre ancêtre, avait même prié pour la sauvegarde de Sodome, la ville de la débauche par excellence. Néanmoins, il considérait que dans le cas de Ninive, le pardon était illégitime : il désirait ardemment que justice soit faite dans toute sa rigueur !

Dans le Talmud de Jérusalem, on rapporte ainsi une question :
"Quel est le châtiment du pécheur ?"
La Sagesse répond
: "Les pécheurs seront poursuivis par le mal".
La Prophétie, répond
"La personne pécheresse mourra".
Dieu répond : "
Qu'il se repente, et il sera pardonné"
(Talmud de Jérusalem,
Makot II, 6).

Mais la pensée du Créateur n'est pas celle du prophète :
"Mes pensées ne sont pas vos pensées,
et mes voies ne sont pas vos voies
!" (Isaïe, 53).

Jonas a refusé d'aller prophétiser à Ninive pour une seule raison :
des 'Gentils' (païens) se sont montrés plus aptes et plus réceptifs au repentir que le peuple élu lui-même...
...Le pardon entre frères
préalable au pardon de Dieu ?...

"Il est nécessaire – pendant les jours de jeûne public – d'inclure nos frères éloignés du respect de la Torah et de ses lois, dans notre requêteà Dieu pour obtenir son pardon. Par conséquent, le jour de Yom Kippour – qui est le jour le plus saint de l'année où nous jeûnons tous et où nous prions Dieu pour qu'Il expie nos péchés – nous admettons et incluons “les transgresseurs” pour qu'ils se joignent à nous dans notre jeûne et nos prières.
Les fautes entre les hommes ne sont pas expiées lors de Yom Kippour, tant que celui qui a fauté n'a pas calmé son prochain.
Si une personne cherche à le faire mais qu'il échoue, il doit essayer une deuxième fois et même une troisième fois; à chaque fois, il doit amener avec lui trois de ses amis...nous devons, avant tout, nous réconcilier avec nos frères et nous repentir ensuite de nos péchés commis envers Dieu.

Par exemple: voler constitue une violation contre la Torah et contre la personne qui a été volée.
Ainsi, pour réparer cette faute, il faut:
1) retourner à son propriétaire l'objet qui a été volé;
2) se réconcilier avec celui que l'on a volé
3) se repentir du péché qui a été commis contre Yahvé qui nous a ordonné de ne pas voler.
(d'après
Rabbi Eléazar ben Azaria )
...Le repentir par les "actions"...
A la fin de l'histoire de Ninive Dieu vit leurs actions, selon lesquelles ils s'étaient repentis de leur mauvaise attitude; et Dieu renonça à la calamité qu'Il devait leur infliger.
Hazal relève qu'il n'est pas dit que Yahvé vit leurs “cilices et leur jeûne”. Il est seulement dit que Dieu vit leurs actions.
Ce n'est pas le jeûne qui permit d'obtenir la clémence de Yahvé et de voir le décret annulé; ce sont leurs actions qui permirent le pardon de Dieu.
La lecture de cette histoire à Yom Kippour donne la même leçon à ceux qui jeûnent à Yom Kippour : en fin de compte,
notre sort dépend de la façon dont nous améliorons notre repentir,
de notre volonté d'amender notre conduite
et de notre désir de suivre Yahvé.


Psaume de Jonas

jonas-copie-1.jpegQuand j'étais dans la détresse j'ai crié vers toi, Seigneur,
et tu m'as répondu ;
du gouffre de la mort j'ai appelé au secours
et tu m'as entendu.
Tu m'avais jeté dans la mer, au plus profond de l'eau.
Les flots m'encerclaient,
tu faisais déferler sur moi vagues après vagues.
Déjà, je me disais :
« Me voilà chassé loin de toi, Seigneur,
pourtant j'aimerais revoir ton saint temple. »

L'eau m'arrivait à la gorge. La mer me submergeait,
des algues s'enroulaient autour de ma tête.
J'étais descendu à la base des montagnes,
le monde des morts
fermait pour toujours ses verrous sur moi,
mais toi, Seigneur mon Dieu,
tu m'as fait remonter vivant du gouffre.

Au moment où la vie me quittait,
j'ai pensé à toi, Seigneur,
et ma prière est parvenue jusqu'à toi,
à ton saint temple.

Ceux qui rendent un culte aux faux dieux
perdent toute chance de salut
Mais moi, je chanterai ma reconnaissance,
je t'offrirai un sacrifice,

je tiendrai les promesses que je t'ai faites.
Oui, c'est toi, Seigneur, qui me sauves !


....prémisses de la révélation du Pardon par Jésus :


"Pardonne nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé"

"Lorsque tu approches de l'autel
et que tu te rappelles que ton frère a quelquechose contre toi
laisse là tes offrances
va te réconcilier avec ton frère
et reviens ensuite offrir ton sacrifice"
 
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Publié dans Incursions Bibliques

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A
mais le fils ne vient pas abolir mais accomplir et ne change pas un iota à la Parole (Mt il me semble) : il ne donne pas d'autre nom au père que Père ou papa, jamais il ne prononce le tétragramme. Donc évidemmment, Jésus est le fils de dieu, dieu fait homme, il a donc un prénom comme vous et moi. Mais laissons le tétragramme (que les juifs ne pronnoncent pas, ils disent "le nom" ou "le lieu") YHWH tel quel, cela ne retire rien à la foi en Jésus.CordialementRosine
Répondre
M
Si vous respectez à ce point la Foi en Jésus fils de Dieu, Dieu fait homme je ne peux que respecter l'attitude des Juifs qui ne prononcent pas le tétragramme : je me souviens d'ailleurs d'un vieux professeur exégète, prêtre catholique qui amusait beaucoup les élèves turbulents que nous étions en ne prononçant jamais le tétragramme par respect pour la foi des Juifs...Quant à moi, j'avoue être resté très porté sur l'Ancien Testament que nous partageons avec les Juifs, et il y a peu j'ai relu passionnément Ezechiel 36,23-38 qui m'a ouvert des horizons sur cette Prière chrétienne de tous les jours : "que ton nom soit sanctifié"CordialementMichel
A
Bien cet article sur Kippour, les fêtes juives sont tellement ignorées par les chrétiens ...Une remarque : pas Yahvé SVP ! Si Dieu lui-même ne se nomme pas, il est celui qui est, donne un nom imprononçable avec le tétragramme YHWH, de quel droit l'homme peut-il donner un nom à Dieu, surtout pas Yavhé !
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M
Je suis très touché par votre commentaireJ'avais appris à connaître et aprécier la Bible ; grâce à Internet je découvre de façon plus concrète la richesse du Talmud...J'ai beaucoup de respect pour l'histoire et la foi du peuple Juifs dont nous chrétiens sommes incontestablement les héritiers...mais ma foi est la foi Chrétienne et en Jésus Christ qui nous révèle qui est Dieu, je me permets de le nommer non pas à cause d'un droit que j'aurais mais à cause de Jésus Christ son fils....CordialementMichel