Commentaires "acharnés" (suite 1)!
Plus précisément sur la selette, Odette Mainville, exégète catholique.
Pour les références à ces différents textes et aux commentaires précédents,
voir les derniers articles par les liens suivants :
"En mémoire de moi.."
Commentaires "acharnés" !
De Philippe
Bonjour !
A Claude Bouret :
J'ai parfaitement lu ce qui m'était donné à lire de Odette Mainville sur ce blog.Et, entre autres choses, si Jésus n'a pas institué un "rite nouveau" (sic), je me demande de quelle religion nous parlons.Jésus a demandé aux Douze qu'ils fassent mémoire de lui (et non de la délivrance des juifs), scellant une "alliance nouvelle et éternelle" par son corps et son sang.
Il a donc institué un rite, et le groupe chargé de le conserver.C'est la fondation d'une religion nouvelle - n'en déplaise à ceux qui entendent nous faire croire que Jésus n'a jamais voulu fonder de religion.
Par suite, on lit très bien que Mme Mainville essaie d'actualiser un Jésus historique révolté contre le judaïsme institutionnel en un Jésus de la foi capable de nous soulever contre tout christianisme officiel (tradition, loi, etc.)De fait, quand je dis que cette théologienne canadienne nous offre là une autre "saloperie spirituelle", mon jugement est fort mais il n'empêche que son étude est imprégnée de matérialisme historique (par opposition au symbolisme) et porte les germes d'un libéralisme religieux de type protestant.
Le commentaire de Michel en montre leurs redoutables efficacités.
Donc merci de ne pas me faire passer pour un aveugle.
Quant au reste, ce que vous appelez mon "acharnement" ne fait que répondre à l'acharnement de Michel que je n'ai point jugé mais tenté d'expliquer par quelques considérations analytiques dont chacun appréciera la pertinence. Nulle diatribe en cela.
A Michel, donc :
Simplement pour te dire que je n'ai point compris ta "réaction" qui se perd en généralités (je trouve).Tu parles de positions qui se durcissent...
Mais lesquelles et de qui ? C'est flou.Tu refuses les arguments "ad hominem" quand ils sont explicatifs ? Eh bien c'est ton choix, pas une justice.
Mais, de la même façon, je ne crois pas que tu rendes justice au père Duval en repoussant les aspects analytiques qui le concernent.
Faire le choix du procès des "autres" (des jésuites aux profiteurs de toutes sortes) semble répondre à ton besoin de désigner des usurpateurs et des fautifs tirés de ton vécu personnel. Ce n'est point un signe de sérénité pour un homme qui se dit "particulièrement en paix".
Le reste de ta réponse m'est impossible à commenter. Puisque tu es soit dans une diabolisation gratuite (volonté d'enfermer, obscurantiste...) où je ne me reconnais pas - à moins que tout discours raisonné soit d'essence carcérale ; soit dans l'envolée lyrico-mystique dont je ne suis pas coutumier.
Oui, l'Esprit saint remplit tout l'univers (pour résumer ta longue phrase) et sa présence nous invite à le rencontrer avant d'agir !!! Cet esprit prophétique criait dans le désert (où nous sommes) pour nous conduire vers les "eaux profondes" qui sont celles du baptème et pas autre chose.
Ce baptême est une récapitulation de l'histoire (du déluge, de la sortie d'Egypte....) accomplie et rachetée par le Christ.
Il est donc bien plus qu'un "appel à la mission" ; le salut ne se communique pas par un activisme missionnaire.
Mes observations que tu juges "pseudo-analytiques" sont également de l'ordre de la récapitulation. Aussi nulles soient-ellles, aucune pseudo-théologie (ou christologie) ne feront mieux.
Le travail de Mme Mainville c'est de la jésulogie ou de la pseudo-christologie - comme on voudra.
Et pour toutes précisions, je renvoie à ma réponse faite à M. Claude Bouret, et à mes commentaires précédents que tu as eu le courage de publier.
Bien cordialement.
Philippe
De Claude Bouret
Quelques petites choses en provenance du Canada, et qui ne plairaient sans doute pas à Philippe ; moi, j’aime !
Ça vient d’un autre bibliste, André Myre :
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Il y a une seule vraie et grande affaire, une seule vraie et grande façon de prier et de rencontrer Dieu, dans le christianisme, et c’est l’eucharistie. Je pense que l’eucharistie, c’est une chose : c’est le mémorial de l’engagement de Jésus, qui est mort à cause de sa façon de vivre, et nous nous réunissons parce que nous voulons vivre et mourir en mémoire de lui. Mais est-ce le meilleur lieu, ça, pour, mettons, rencontrer la transcendance ? Il y a peut-être des façons de prier et de rencontrer Dieu qui sont autre chose que ce qu’on fait dans l’eucharistie. Pourquoi tout vouloir concentrer là-dedans ? Et peut-être que ça pourrait permettre à l’eucharistie de garder sa coloration d’être le lieu de l’engagement, où la vie est orientée. Quand Jésus dit : faites ceci en mémoire de moi, il ne dit pas de partager le pain et de boire la coupe. Il dit : faites ce que j’ai fait avec ma vie. Je vais prendre un autre exemple. Dans l’évangile de Jean, le fameux geste, le lavement des pieds… Je pense que dans l’évangile de Jean, il n’y a pas de récit d’eucharistie parce que Jean était capable d’aller au cœur des choses, et qu’il était en guerre contre le fait qu’on avait pris cela comme un rite. Il s’est dit : je vais leur montrer quel est le sens de l’eucharistie, c’est quoi « faire ceci en mémoire de moi ». Et là il raconte le geste de Jésus qui lave les pieds des uns et des autres. Voilà ce que veut dire faire ceci en mémoire de lui. Et nous, bêtes comme on est, on a réussi à faire un autre rite de ces paroles. Allons-nous sortir des rites ?
Autrement dit, Jésus ne nous demande pas de partager le pain et de boire la coupe,
il nous demande de vivre comme lui.
Donc, l’eucharistie, c’est la célébration de la vie qui a été vécue comme lui.
Mais pour cela, il faut bien que j’aie la chance de dire :
« Voici ce que je fais dans la vie, et voici ce que l’autre fait. »
Si tout le monde se ferme la trappe et qu’on ne fait rien,
qu’est-ce que ça veut dire, vivre comme lui, en mémoire de lui aujourd’hui ?
2) Une petite réflexion à partir d’une parole de l’Évangile, « Vous êtes le sel de la terre ». À mon niveau, je dis toujours : « Vous êtes le sel de la soupe ». Dans la soupe, ça prend un petit peu de sel, pas trop. Si je demande à quelqu’un qui vient chez moi : « As-tu aimé ma soupe? » et qu’il me répond : « Ton sel était bon », j’ai raté ma soupe. La soupe est bonne quand on ne voit pas qu’il y a du sel, mais ça en prend pour qu’elle soit bonne. Je trouve raisonnable de vouloir parler au sel. C’est-à-dire que la communauté chrétienne est chargée de jouer son rôle dans le monde, dans l’existence, pour que la société dans laquelle nous vivons trouve que la vie est belle. Ça prend du monde pour parler au sel, et du monde pour faire la soupe. Mais le sel doit savoir que, s’il veut devenir soupe, il se met un doigt dans l’œil jusqu’au coude. Il ne faut pas que le sel devienne soupe. Il ne faut pas que l’Église devienne grosse. Il faut que l’Église soit toute petite, parce que l’important, ce n’est pas elle. L’Évangile ne dit pas : « J’ai tellement aimé l’Église que je lui ai donné Jésus », mais : « J’ai tellement aimé le monde ». C’est le monde qui est important. Il faut que l’Église soit à sa place, toute petite.
À plus ! CLAUDE
De Michel à Philippe
Peut-être m'arrive t il de désigner à tort des fautifs...
En matière de Foi Catholique, point n'est besoin de chercher des usurpateurs, ils crèvent l'écran tous les jours...
Quant à faire le choix du procès des autres, avoue qu'à te lire, tu n'as pas grand chose à apprendre en la matière..
Laisse moi donc sur le chemin que j'essaie de partager avec tant d'autres : celui de la Mission qui n'a rien à voir avec l'activisme que tu dénonces, mission en eaux profondes, vers le large ; c'est sur ce chemin que nous avons le plus de chance de rencontrer l'Esprit....
"Pseudo-Christologues" ou "jésulogues" ..choisis tes mots (c'est te faire bien honneur que de parler ici de "mots") et peut être gardons un peu plus de respect pour tous ceux qui réfléchissent et approfondissent leur foi ouvrant parfois des voies nouvelles !
Il nous faut bien respecter ceux qui nous imposent le rabachage répétitif de formules dogmatiques artificiellement sacralisées qu'ils ne savent pas toujours expliquer...
De Michel à Claude
J'apprécie beaucoup la reflexion et les textes que vous nous proposez à propos de l'Eucharistie :
Le Jeudi Saint, Jeudi de la Cène, Mémorial du Seigneur nous est rendu par les témoins comme le moment décisif de la vie de Jésus, un moment plein d'humanité et de lâcheté et en même temps d'une communion intense et décisive...
C'est le moment de la Prière Sacerdotale de Jésus, où il se révèle pleinement donné à l'Amour du Père et celui de ses frères et entraîne avec lui ses disciples.
C'est le moment du partage du pain et du vin de la terre transfigurés corps et sang du Christ
la Création toute entière appelée à être transfigurée
Faites ceci en mémoire de moi
C'est le lavement des pieds : le serviteur "souffrant" est à l'oeuvre
Chacun est appelé à servir ses frères
Faites ceci en mémoire de moi...
Faites ceci en mémoire de moi,
Faites ce que j’ai fait avec ma vie.