Nicolas, Carla , Feux d'artifices !
Le Président ne cesse d'ouvrir des fronts médiatiques où un épisode est toujours là pour cacher l'autre si necessaire: les images sont fortes, les réalités bien instrumentalisées, mais dans ce grand manège où est l'homme Sarkozy et où sont ces valeurs sont il nous a rabattu les oreilles pendant la campagne électorale ?
Quelle espérance ? quelle solidité ? quelle fidélité ? ....
A propos de fidélité, on lira ci-dessous quelques mots de Carla Bruni
RESTONS AVEC "SUD-OUEST"......
ÉDITORIAL BRUNO DIVE
Le président et la top-modèle
Il aurait pu choisir le Vatican où il se rend dans deux jours ;
il a préféré le lieu un rien plus ludique et profane d'Eurodisney.
Notre président,
qui sera intronisé après-demain
chanoine de Saint-Jean-de-Latran,
est un drôle de paroissien.
Divorcé depuis deux mois tout juste,
il éprouve le besoin de s'afficher
avec sa nouvelle conquête,
laissant ainsi entendre
que sous l'ancien top-modèle
pourrait sommeiller
une future première dame de France.
Car voilà bien ce qui nous intéresse.
Le fait que Nicolas Sarkozy ne veuille pas vivre seul ou cherche à se consoler est humain, terriblement humain.
Le constat qu'il aime séduire et cherche à se rassurer sur son pouvoir de séduction est politique, terriblement politique.
Mais le tout relève de la vie privée et ne devrait pas nous regarder.
Il y a pourtant cette tentation récurrente chez Nicolas Sarkozy
de montrer et de faire savoir.
Voilà beau temps qu'il a fait voler en éclats la frontière déjà ténue entre vie publique et sphère privée.
D'épreuves en déconvenues, il a juré, mais un peu tard,
qu'on ne l'y reprendrait plus.
La présence d'une quinzaine de photographes un samedi à Eurodisney
ne pouvant pas relever du hasard,
il faut bien admettre qu'il avait un message à faire passer :
la grand roue de sa vie sentimentale continue de tourner.
Au fond, la véritable nouveauté n'est pas là.
Nicolas Sarkozy aurait pu refaire sa vie
avec une secrétaire, une boulangère? ou une journaliste.
Mais non, sa nouvelle « fiancée » est top-modèle et chanteuse,
égérie du Tout-Paris artistique et branché.
Le président de la République inscrit modestement son nom
à la suite d'acteurs, de chanteurs, d'écrivains?
Ce faisant, il se vit plus que jamais comme une rock star,
une personnalité apte aussi bien
à la couverture des journaux dits « sérieux »
qu'à la une des magazines people.
Carla Bruni n'aurait pas déparé au Fouquet's ou sur le yacht de Bolloré.
Elle s'inscrit parfaitement dans l'histoire d'un personnage
qui se veut mi-homme politique
- pour résoudre les problèmes des gens -
mi-vedette de la jet-set
- pour les faire rêver.
La suite dira si les Français,
qui semblent accepter pour l'heure cette double personnalité,
voudront longtemps jouer le jeu.
Mais après tout, Mme Bruni n'est peut-être que de passage.
Il n'y a pas de bon vedettariat sans perturbations sentimentales.
Et les affaires de coeur présidentielles permettent,
elles aussi,
d'occuper le terrain,
de faire oublier les sujets qui fâchent.
Le divorce avec Cécilia avait occulté les grèves.
L'affichage avec Carla éclipse le souvenir de Kadhafi.
Qui dit mieux ?
La tentation récurrente de montrer et de faire savoir
Mais quelle femme est donc Carla ?
Voir une interview donnée au Figaro Madame en Février dernier
Lien : Carla Bruni : "Vivre Vivre Vivre"
Quelques extraits :« Je suis une amadoueuse, une chatte, une Italienne. J’aime projeter la féminité la plus classique : la douceur, le “charmage”, la “charmitude”, comme pourrait dire Ségolène (elle rit). Mais je ne suis pas née comme ça : ce sont des vides que j’ai remplis.
« Je suis fidele… à moi-même ! (Elle rit.) Je m’ennuie follement dans la monogamie, Je suis monogame de temps en temps mais je préfère la polygamie et la polyandrie. L’amour dure longtemps, mais le désir brûlant, deux à trois semaines.
« J’ai besoin de promesses même si ce sont des mensonges. J’aime les illusions et les rêveries. Qu’on me mente ne me déplaît pas, la franchise est trop fondamentalement brutale à mes yeux.
« Je préfère qu’on me traite de prédatrice plutôt que de vieux sac à puces ! (Elle rit.) Prédatrice, ce n’est pas si mal pour une fille : ça déplace le jeu ; normalement, une fille est une proie. Je ne suis pas habituée à ce qu’on vienne à moi.
Je ne fais jamais de choses folles, je frôle les précipices mais je n’y vais pas. C’est le pragmatisme qui m’arrête : l’hygiène du corps ; je veux le contrôler, je refuse qu’il parte en vrille. Je commande mon corps, même si aucune femme ne peut vraiment dire ça !
Mon corps est mon allié, il m’est utile, je l’écoute. »
Mon problème ? Le rapport à l’autre. Le manque de confiance. Pas en moi… en l’autre (elle rit). Je ne fais pas confiance, je ne délègue jamais. C’est pour ça que je ne me sens jamais à l’aise en couple. Je ne me laisse pas composer par les autres, j’arrive à entrer dans leur puzzle mais le mien est fermé.
Pour moi, les gens sont une attirante menace. Il y a trop de gens à qui je plais et qui me plaisent… »
« J’aime le succès. Mais le succès s’échoue : il conduit inévitablement à l’échec. On s’y attache, on en jouit, on en redemande, on est tenté de faire du surplace pour ne pas le perdre. Et puis, il s’en va et c’est la désolation.
« La société commande désormais de ne plus fumer, ne plus manger, ne plus faire l’amour. Je trouve dommage que personne ne pense à avoir un jugement moral sur la saloperie, le mépris, l’indifférence, l’injustice. Ça, on ne l’interdit pas. On réglemente la volupté, ou du moins son caractère libre. Peut-être pour des raisons justes ? Peut-être qu’on légifère parce que les gens n’arrivent pas à contrôler les dosages ? Moi, je ne me sens pas vraiment concernée. Parce que je sais que l’austérité donne plus de saveur à la gourmandise. Et puis, je pense aussi à Épicure qui, contrairement à la croyance générale, ne préconise les plaisirs qu’au compte gouttes. Sinon, il ne s’agit que de vice ou de pathologie… »

