Apôtres, Prophètes et Politique
La necessité d'une nouvelle génération d'hommes politiques
L’Eglise a besoin de chrétiens laïcs investis dans la société. Mais là « où ils sont plus que tout nécessaires», c’est en politique a expliqué Benoît XVI ce week-end devant le conseil pontifical pour les laïcs. Ce n’est pas la première fois. « Le rôle des laïcs dans l'ordre temporel, et spécialement en politique est un rôle « clé » pour l'évangélisation de la société », avait dit le pape devant les évêques du Paraguay. Ou encore, en Sardaigne, il soulignait combien « la politique a besoin d’une nouvelle génération de chrétiens laïcs, capables de rechercher des solutions de développement avec compétence et rigueur morale ».
(voir : Blog de "La Croix" : "Vu de Rome")
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Par hasard sur ce blog ce matin, je suis interpellé par sa richesse...
Le Pape se soucie de la politique : il voudrait que des catholiques blindés, sans peur et sans reproche s'y rendent visibles et efficaces...
Pourtant je me permettrais deux remarques :
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la responsabilité de l'Eglise par rapport à la cité et à la politique est une responsabilité
de tous : la faire reposer uniquement sur les "laïcs chrétiens" c'est un peu botter en touche et cela pourrait présenter pour le pape deux avantages : d'abord silence sur le poids politique que représente l'Eglise en tant que structure cléricale à travers sa hiérarchie, sa diplomatie, la gestion de ses finances et sa pratique du pouvoir, ensuite mise à l'écart des laïcs dans la gestion de la vie interne de l'Eglise réservée à un clergé de plus en plus calibré..
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les propos du Pape posent aussi la question de l'Evangélisation et de la formation des
laïcs à l'Evangélisation comme à la Politique, comme à la pratique chrétienne de la Vie sociale : il faudrait alors se mettre en rupture avec une pastorale de la jeunesse dont le fer de lance est les JMJ et tout ce qui y conduit ou y ressemble...
Quelqu'un a rappelé avec pertinence** que si l'on a vu des catholiques actifs et responsables dans les mouvements politiques et dans les organisations syndicales, c'est qu'ils avaient été formés par l'Action Catholique...Formés à quoi ? à regarder les choses en face, à les comprendre à la lumière de leur foi, à faire de leur vie un véritable engagement au quotidien d'abord et jusque dans les structures politiques.On ne devrait plus pouvoir aller « fêter la Foi » aux JMJ ou ailleurs et , pour ne citer qu'un exemple, se faire le champion de l'arnaque aux produits « dérivés » et leurs profits dans un système bancaire rendu opaque...
Tout cela est bien loin des querelles de chapelles et de sacristie dans lesquelles semble tout de même se complaire le même Pape qui appelle à juste titre à une prise de responsabilité politique.
** "L'Eglise a besoin que les chrétiens s'engagent dans la politique...
Oui bien sûr, mais... ?
...cela ne s'improvise pas ... servons nous du passé pour nous éclairer et ne nous contentons pas des effets d'annonce.
Nous avons connu au milieu du siècle dernier un engagement réel des chrétiens dans le domaine politique, nous avons tous des noms en tête : venant de la droite et du centre, peu à gauche ... mais quel avait été leur formation ?... Ils venaient les 3/4 des mouvements d'Action catholique (JAC, JOC, ACI, Scoutisme ), où de courants de pensée sociale, tel le Sillon....le tout, dans l'euphorie de la reconstruction de la Maison France ... Puis certains clivages sont apparus, notamment dans le domaine social où l'on a pris conscience des injustices du système économique en vigueur. Grèves dures, avec une certaine fraternisation avec des mouvements dit "gauchistes" à l'époque, dans les revendications. Crainte de la hiérarchie catholique d'un "dérapage "* de certains militants, voir de prêtres, d'où rappel à l'ordre... "affaire dramatique des prêtres-ouvriers".... puis apparu, la théologie de la libéralisation, (...je résume à grand trait ). Nous avons vu alors un certain nombre de militants chrétiens s'engager dans des mouvements politiques où syndicaux classés à gauche en France (je pourrai parler aussi de l'Italie, de l'Espagne...). Nous avons alors senti un "frein", non avoué, mais réel de la hiérarchie par rapport à l'A.C., aidé il faut le reconnaitre, par une diminution du nombre de prêtres et aussi de militants laïques. Mais le fond du problème était une certaine peur de l'Eglise, par rapport à certaines idées en cours dans les sphères politiques, ( il serait trop long d'en faire l'énumération).
Engagement politique : oui, mais avec quelles structures de formation, les mouvements d'A.C étant malheureusement à la marge dans notre pays et dans beaucoup d'autres, sauf peut être en Amérique du Sud et en Afrique ?... Honnêtement je n'ai pas la réponse ... souffler sur les braises restantes des mouvements d'AC... où inventer d'autres cercles de pensée ?...
Vaste débat d'un nouveau blog, peut être ...???...
*Relire le livre " FRANCE, PAYS DE MISSION " des abbés Y.Daniel et Godin, sur cette période, "avant coureur " de l'Esprit de Vatican II, qui est toujours remis en question périodiquement , par qq. membres de la hiérarchie vaticane.!! ."... guidée par une juste herméneutique !!! et... de renoncement à la solidarité trop euphorique qui a suivi le concile ..." ? !!!"