Concile : Liturgie
Contribution de "cblailly" à propos de la Constitution de Vatican II sur la Liturgie
pour communiquer avec l'auteur : cblailly@wanadoo.fr
Je repense aux motivations des partisans de la messe en latin et je retrouve les textes ci-après que j’avais réunis lors de la publication du fameux « Motu Proprio ».
À la suite de l’ordination de prêtres provenant du séminaire de Courtalain je m’étais inquiété sur Internet de ce que ces prêtres, évidemment formés dans des séminaires parfaitement intégristes, allaient bien pouvoir enseigner ; je m’étais attiré la réflexion suivante :
Ils vont enseigner ce qu’enseignent l’Église et le pape et non ce que vous-même souhaiteriez qu’ils enseignassent, et qui n’a rien (mais rien !) à voir avec l’enseignement de l’Église ! La parenthèse de « l’esprit du concile » se referme, nous revenons à la réception du concile Vatican II dans la fidélité à la Tradition (cf. Discours de Benoît XVI à la Curie du 22 Décembre 2005), qui est l’essence-même de l’Église.
En fait d’enseignement cette remarque oublie les écrits issus du Concile :
Extraits de la constitution de Vatican II sur la liturgie
1. Puisque le saint Concile se propose
- de faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles;
- de mieux adapter aux nécessités de notre époque celles des institutions qui sont sujettes à des changements;
- de favoriser tout ce qui peut contribuer à l'union de tous ceux qui croient au Christ,
- et de fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes dans le sein de l'Église,
il estime qu'il lui revient à un titre particulier,
de veiller aussi à la restauration et au progrès de la liturgie.
11. [Coopération nécessaire des fidèles]
Mais, pour obtenir cette pleine efficacité, il est nécessaire que les fidèles accèdent à la liturgie avec les dispositions d'une âme droite, qu'ils harmonisent leur âme avec leur voix, et qu'ils coopèrent à la grâce d'en haut pour ne pas recevoir celle-ci en vain (28). C'est pourquoi les pasteurs doivent être attentifs à ce que dans l'action liturgique, non seulement on observe les lois d'une célébration valide et licite, mais aussi à ce que les fidèles participent à celle-ci de façon consciente, active et fructueuse.
21. Pour que le peuple chrétien obtienne plus sûrement des grâces abondantes dans la liturgie, la sainte Mère Église veut travailler sérieusement à la restauration générale de la liturgie elle-même. Car celle-ci comporte une partie immuable, celle qui est d'institution divine, et des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent s'il s'y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées.
Cette restauration doit consister à organiser les textes et les rites de telle façon qu'ils expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu'ils signifient, et que le peuple chrétien, autant qu'il est possible puisse facilement les saisir et y participer par une célébration pleine, active et communautaire.
23. [Progresser en respectant la tradition]
……………
On veillera enfin, dans la mesure du possible, à ce qu'il n'y ait pas de notables différences rituelles entre des régions limitrophes.
43. Le zèle pour l'avancement et la restauration de la liturgie est tenu à juste titre pour un signe des dispositions providentielles de Dieu sur le temps présent, comme un passage du Saint-Esprit dans son Église; et il confère à la vie de celle-ci, et même à toute l'attitude religieuse d'aujourd'hui, une empreinte caractéristique.
48. [Participation des fidèles à l'action sacrée]
Aussi l'Église se soucie-t-elle d'obtenir que les fidèles n'assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers ou muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent consciemment, pieusement et activement à l'action sacrée
50. [Révision du rituel de la messe]
Le rituel de la messe sera révisé de telle sorte que se manifestent clairement le rôle propre ainsi que la connexion mutuelle de chacune de ses parties, et que soit facilitée la participation pieuse et active des fidèles.
En favorisant la liturgie tridentine, notre évêque (Mgr André Fort qui a organisé officiellement des messes en latin dans deux paroisses du diocèse) donne implicitement son approbation à la pensée des « traditionnalistes », qui déclare implicitement ou non la négation de ce qu’enseignait le Concile sans lequel on continuerait :
o à considérer la liberté religieuse et la tolérance, comme des produits néfastes de la modernité, donc à s’y opposer;
o à se soustraire au mouvement œcuménique entre les Églises chrétiennes ou du moins à s’en démarquer de façon polémique;
o à contrer les autres religions, en poursuivant des stratégies et des tactiques conquérantes, sous des apparences missionnaires;
o à assister à une liturgie de clercs, célébrée dans une langue latine inconnue;
o à négliger la théologie et la spiritualité bibliques en se réfugiant dans une prédication d’enseignement magistériel;
o à se représenter l’Église comme une institution hiérarchique, modelée sur l’ancien empire romain;
o à considérer le monde séculier, comme assiégeant constamment l’Église, se constituant en forteresse.Que les fidèles participent à la Liturgie
de façon consciente,
active et fructueuse.