L'autre Voie du Cardinal Martini
entre le Cardinal Carlo Maria Martini
et le professeur Ignazio Marino
MARTINI
Cher professeur Marino,
j'ai lu avec beaucoup d'intérêt et de sympathie
votre livre « Credere et guarire [Croire et guérir] ».
J'ai été frappé d'abord
par votre amour pour la profession médicale
et par l'intérêt que vous manifestez en tout premier lieu pour le malade,
et ensuite
par votre jugement objectif,
votre équilibre concernant les problèmes - limites,
là où les exigences médicales rencontrent
et parfois semblent entrer en conflit avec les exigences éthiques.
J'ai vu comment vous tentez de ne renoncer
ni à votre objectivité professionnelle de médecin
ni à votre conscience d'homme et aussi de croyant.
Tout cela me paraît très important pour ce « dialogue sur la vie »
Tout cela rend nécessaire et urgent un « dialogue sur la vie »
qui à juste titre intéresse tellement nos contemporains,
surtout pour ces cas-limites
où les audaces de la science et de la technique suscitent
d'un côté étonnement et gratitude
et de l'autre préoccupation pour l'espèce humaine et sa dignité.
qui ne parte pas de préjugés ou de positions préconçues,
mais qui soit ouvert et libre
et en même temps respectueux et responsable.
MARINO
Moi aussi je vois beaucoup de raisons pour un dialogue objectif, approfondi et sincère sur le thème de la vie humaine.
Nous vivons en effet un moment historique particulier où le progrès scientifique a révolutionné la position de l'être humain vis-à-vis de la vie, de la maladie et de la mort.
Aujourd'hui, à la différence d'hier,
on peut naître de maintes manières différentes,
on peut être soigné avec des thérapies extraordinaires
et maintenu longtemps, en service de réanimation,
dans un état qu'on peut appeler « vie»
simplement du point de vue des fonctions physiologiques.
La mort est de plus en plus considérée comme un événement exceptionnel à éviter
et pas comme l'aboutissement naturel et inévitable de toute vie humaine.
Ces changements influencent non seulement le cours de notre existence
mais aussi la manière de concevoir la vie, la maladie et la mort.
Pour ces raisons il n'est pas possible d'ignorer les innombrables questions éthiques
qui émergent des changements continus liés aux nouvelles technologies
et aux possibilités que la science met à la disposition des hommes.
Le dialogue sur ces thèmes
et la confrontation
entre hommes de formations différentes
et qui ont des rôles différents à l'intérieur de la société,
peut contribuer à la circulation d'idées et de positions
visant à la découverte de points de rencontre et non de division.
Sur des thèmes aussi délicats, en effet,
il y a le risque de tomber dans des oppositions faciles
qui n'apportent aucun résultat sinon celui de créer des fractures dans la société.
Au contraire,
si le raisonnement est développé honnêtement et avec esprit sincère d'ouverture,
il est possible de repérer des parcours communs ou du moins pas trop divergents.
MARTINI
Je suis tout à fait d'accord avec vos prémisses :
Là où par le progrès de la science et de la technique
on crée des zones-limites ou des zones grises
où il n'apparaît pas immédiatement quel serait le bien véritable
de l'homme et de la femme,
de l'individu et de toute l'humanité,
il est de bonne règle
d'abord d'éviter un jugement hâtif
et puis de discuter avec sérénité,
pour ne pas créer des divisions inutiles,
Les Thèmes du Dialogue :
- Le début de la Vie. (lien)
- La fécondation hétérologue.(lien)
- La recherche sur les cellules souches embryonnaires(lien)
- Les embryons congelés existants.(lien)
- Les adoptions par les personnes seules.
- La question de l'avortement.
- Des compensations pour les dons d'organes.
- La pandémie du Sida.
- La fin de la vie.
- Acharnement thérapeutique et interruption des thérapies.
- La science et le sens de la limite.
- La tâche de l'Eglise : former les consciences, donner des motivations spirituelles.

